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Archive de la catégorie Ecologie

Disparition des plages du Maroc… prends ta pelle et laisse ton “sot”

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Ne vous étonnez pas si, en vous rendant un jour sur une plage avec vos enfants, vous ne trouviez plus que de l’eau. Vous pourriez bientôt abandonner la pelle et le seau du petit lors de ce déplacement. 

Les “sots” travaillent désormais à la pelleteuse mécanique, pas vraiment pour battre le record de château de sable, mais plutôt le record des logements sociaux, plus en arrière des plages. Le sable marocain est volé aux Marocains sur les plages, afin de le leur revendre sous diverses formes bétonnées. 

Autre sottise aussi que vous remarquerez plus tard, au moment où vos murs relâcheront le sel, plus ou moins présent dans le mélange de ciment, le lavage du sable n’étant pas à ce niveau inclus dans la prestation illégale. 

50% du sable utilisé dans la construction serait concerné au Maroc. Interrogez vos murs, s’ils blanchissent devant vous, vous le saurez vite… 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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http://www.aufaitmaroc.com/actualites/science–environnement/2011/5/4/le-conseil-de-gouvernement-adopte-un-projet-de-loi-incriminant 

Pillage et vol de sables de mer et des dunes du littoral

Le Conseil de gouvernement adopte un projet de loi incriminant

Le projet de loi 10-11 a été adopté, hier, mardi, par le Conseil de gouvernement pour modifier et compléter l’article 517 du Code de procédure pénale, afin de pallier les dysfonctionnements et le vide législatif dans le pillage et de vol de sables de mer et des dunes du littoral. Le texte envisage d’aggraver également les sanctions pécuniaires.

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Annuellement 3,5 millions m3 du sable et 1,5 million de m3 viennent des oueds et des falaises du Maroc./DR

20 millions de mètres cubes de sable sont consommés annuellement au Maroc, selon l’évaluation du phénomène du pillage et du vol du sable de mer et des dunes du littoral. Pourtant, toujours selon l’évaluation faite par la tutelle du secteur des sables, la quantité déclarée n’est que de quelque 8,5 millions de m3, dont 3,5 millions m3 de sable extrait des carrières autorisées, 3,5 millions m3 du sable des oueds et 1,5 million de m3 du sable des falaises. Conséquence: plus de la moitié de la quantité de sable consommée annuellement au Maroc est extraite de manière illégale. 

Afin de résorber ce phénomène et de combler le vide juridique sur ce type de pillage et de vol, le Conseil du gouvernement a adopté, hier, mardi, le projet de loi 10-11 modifiant et complétant l’article 517 du Code de procédure pénale, dans le cadre de l’accompagnement de la politique de l’Etat dans le domaine de la préservation de l’environnement. Lors d’un point de presse à l’issue de la réunion du Conseil de gouvernement, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri a indiqué que l’adoption de ce projet de loi intervient suite aux dysfonctionnements relevés lors de contrôles, notamment le mode d’exploitation des carrières, la multiplication du nombre des carrières anarchiques et la recrudescence du phénomène de pillage du sable de mer et des dunes du littoral. Ces dysfonctionnements sont dus notamment à l’insuffisance du contrôle et de l’absence de textes de criminalisation et de dissuasion.

Démarche répressive… 

L’adoption de ce projet de loi, présenté par le ministre de la Justice, s’inscrit dans le cadre d’une démarche répressive, à travers la criminalisation et l’élargissement de son champ d’application à toute personne ayant participé ou tenté de voler du sable. 

5 ans

Ce projet de loi ambitionne également de renforcer l’effet dissuasif des peines à travers l’application de peines privatives de liberté stipulées dans l’article 517 du Code de procédure pénale relatif au vol du sable de mer et des dunes du littoral, dont la peine maximale est de 5 ans d’emprisonnement.

Le texte prévoit de même l’aggravation des sanctions pécuniaires (500 Dh par m3 de sable volé) et la possibilité de saisie par le tribunal, au profit de l’Etat, du matériel et de l’outillage utilisés pour commettre ces crimes dans le but de renforcer l’effet dissuasif. 

aufait/MAP

Tchernobyl, Fukushima… Safi ? Oui, “safi”…

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A l’heure où le Japon ne maîtrise plus le monstre, à l’heure où la communauté internationale s’inquiète pour répondre en cette période de crise au financement d’un second sarcophage pour recouvrir les restes du réacteur de Tchernobyl pour mieux l’oublier ensuite, voilà que certains pays, pas encore impliqués dans le nucléaire civil, prendraient un train en marche arrière. 

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Le Maroc, qui depuis quelques années se présente comme un précurseur dans le choix de nouvelles technologies énergétiques, notamment sur le solaire par ses capacités naturelles, enviées et recherchées par le nord, est en passe de franchir le pas que beaucoup dénoncent, avec arguments de plus en plus solides. 

Des Marocains se réveillent, eux aussi, ou plutôt seraient éveillés naturellement face à un système qui se laisserait couler dans le copié-collé des pays qui se doivent aujourd’hui de combattre l’invisible danger. A même sujet abordé, semblables éléments entendus pour justifier les besoins avant toute logique, toujours la même : investir aujourd’hui pour les enfants de demain, tout en leur laissant un héritage empoisonné pendant des générations qui ne se calculerait pas encore d’avance… 

Pourquoi faut-il suivre les erreurs des occidentaux systématiquement en orient ? Et si le Maroc donnait une leçon de sagesse, enfin, au monde sur les erreurs déjà évidentes ?

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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“Maroc solaire, Maroc sans nucléaire” Un collectif contre tout projet nucléaire au Maroc  

A une semaine de la commémoration des 25 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (mardi prochain, ndlr) et dans le sillage de la catastrophe de Fukushima au Japon, un collectif contre le nucléaire au Maroc est né. “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire”, tel est le nom de ce groupe né sur Facebook et qui entend organiser un débat en mai prochain pour notamment sensibiliser les populations à une opposition à tout projet nucléaire au Maroc. 

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Un collectif contre tout projet nucléaire au Maroc. /caricature

“Bloquer par tous les moyens, tout projet nucléaire au Maroc”, tel est l’objectif phare du collectif “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire”, selon sa créatrice, le docteur Ghizlane Ghallab. Né il y a un mois sur Facebook, le collectif compte à ce jour 130 membres. Il collabore avec l’association Planète Citoyenne dans l’optique d’organiser un débat le 25 mai prochain afin de sensibiliser les populations à une opposition ferme à tout projet nucléaire au Maroc. 

En effet, le gouvernement compte construire une centrale nucléaire entre Safi et Essaouira qui serait livrée à l’horizon 2022, avec comme objectif de porter la part du nucléaire dans la production énergétique nationale à 7 voire 8% en 2025. Les appels d’offres seraient lancés entre 2011 et 2014 mais la réalisation de ce projet avait suscité l’appel à un débat national sur le nucléaire par Saïd Mouline, directeur général de l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (ADEREE). “Des pourparlers ont été menés avec différents grands acteurs mondiaux mais sans jamais penser à un débat national sur le sujet (le nucléaire, ndlr)”, avait regretté M. Mouline dans nos colonnes. 

Coup de gueule contre les pro-nucléaires 

Quelques jours après l’appel lancé par Saïd Mouline, nous avions ouvert la tribune aux acteurs du secteur. A cette occasion, le professeur Chakir El Mahjoub de la faculté des sciences à l’Université de Kénitra et également membre de la Moroccan Association for Nuclear avait déclaré à aufait que “se doter d’une technologie nucléaire à des fins pacifiques ne peut qu’être bénéfique pour le Maroc”. 

Même son de cloche chez Tarek Bardouni de l’Université Abdelmalik Saadi de Tétouan, membre de la Moroccan Association for Nuclear, pour qui le nucléaire est “la source d’énergie la plus propre et personnellement, je suis pour le développement du nucléaire au Maroc”. 

Réagissant à ces propos, dans un coup de gueule intitulé “Soyons sérieux”, le docteur Ghizlane Ghallab faisait savoir: “ils arguent que le nucléaire est une énergie propre car elle ne produit pas de CO2, et les déchets, que produisent-ils? Où vont-ils les mettre? Rappelez-vous, vous n’êtes que locataires de ce pays merveilleux”.

Quelques jours plus tard, le collectif “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire” était né, sous la houlette du Dr Ghallab, avec en premier acte, une lettre ouverte à la ministre de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement, Amina Benkhadra.

“Nous tenons également, par le biais de cette lettre et par tout autre moyen, à exprimer notre opposition ferme au projet de lancement de la première centrale nucléaire au Maroc, prévue entre Safi et Essaouira, pour laquelle les appels d’offres seraient lancés entre 2011 et 2014 pour le lancement entre 2022 et 2024.” 

Extrait de la lettre ouverte du collectif “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire”.

Un débat en perspective 

Contactée par nos soins, hier sur le plan d’action du collectif, le Dr Ghallab affirme qu’actuellement son collectif n’a pas encore reçu de réponse de la part de la ministre de l’Energie et qu’il est en train de “voir où en est le ministère quant au projet de centrale nucléaire, d’essayer d’alerter les médias et d’organiser un débat en partenariat avec l’association Planète Citoyenne”. L’objectif à travers un tel débat est de sensibiliser les populations “pour bloquer par tous les moyens le projet de centrale nucléaire au Maroc”. “Mettre en place une véritable opposition au nucléaire au Maroc”, a ajouté Leila Bennani, un autre membre du collectif. 

Pour ce faire, “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire” entend convier à son débat des experts en nucléaire, des experts en énergie solaire, le ministère de l’Energie, l’Office national de l’électricité, le MASEN (agence marocaine pour l’énergie solaire) et les journalistes. En attendant, le collectif, à l’instar de son nom “Maroc solaire, Maroc sans nucléaire”, prône le développement de l’énergie solaire, un chantier dans lequel le gouvernement s’est déjà lancé avec comme objectif de produire 2.000 MW d’énergie solaire à l’horizon 2020. De quoi bâtir déjà un Maroc solaire dans l’espoir d’un Maroc sans nucléaire! 

www.facebook.com/pages/Maroc-Solaire-Maroc-sans-Nucl%C3%A9aire/114563991957393 

Le cauchemar de Tchernobyl hante le monde 25 ans après

Le monde commémore mardi prochain les 25 ans de Tchernobyl, la plus grave catastrophe de l’histoire du nucléaire civil survenue en Ukraine soviétique, avec une peur ravivée par les accidents à la centrale japonaise de Fukushima. Le 26 avril 1986 à 1H23, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explose au cours d’un test de sécurité à la suite d’erreurs de manipulation. Le combustible nucléaire brûle pendant plus de dix jours. Bilan, 4.000 morts d’après un rapport de l’ONU, mais pour Greenpeace, au moins 100.000 personnes sont mortes avant 2005 en Ukraine, au Bélarus et en Russie des suites de la contamination radioactive. A l’occasion de la commémoration des 25 ans de la catastrophe de Tchernobyl, un sommet international sur l’usage sûr et innovateur de l’énergie nucléaire est prévu à Kiev. Prendront part à cette rencontre, des chefs d’Etats et de gouvernements et de hauts responsables de plusieurs pays européens, asiatiques et des Amériques, ainsi que le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, le président de la Commission Européenne, Jose Manuel Durao Barroso et le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano. Kisito Ndour

Construire au Maroc. Isoler, est-ce vraiment plus cher ?

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La qualité a un prix ; le prix est parfois un investissement qui se doit d’être abordé avec réflexion pour la rentabilité et l’économie dans le temps. La vision à plus long terme n’est pas souvent abordée au Maroc, quand devant le devis de la construction seul le prix compte, le lendemain étant confié au Inch’allah, qui jamais ne paiera la facture de chauffage l’hiver ni les consommations des climatiseurs l’été. 

Viser le vison pour s’isoler l’hiver, ou la couverture de laine polaire, est une époque révolue, tandis que le Maroc se pose les questions énergétiques indispensables pour l’avenir qui devient très proche. Le budget d’une famille ajoute des lignes à la facture mensuelle, et l’énergie y tient sa place de plus en plus. 

Si les Européens craignent l’hiver, les Marocains se doivent de craindre l’hiver et l’été encore plus, sans oublier les eaux qui tombent du ciel, mais là ce serait l’approche de l’étanchéité à revoir, avant de construire. Isoler sa maison au Maroc est tout à fait intéressant, sachant que sous cette latitude les écarts de température ne nécessitent pas autant d’investissement en travaux qu’en Europe. Cela permet même, si c’est bien calculé, de se passer de chauffage et de clim, alors qu’en Europe les factures restent encore conséquentes malgré l’isolation.

 L’isolation, c’est aussi un confort interne contre d’autres agressions comme le bruit. C’est donner une plus-value à votre construction également, sur un marché qui va encore proposer dans le temps de nombreux appartements et maisons, que les gens hésiteront à acheter demain face aux nouveaux produits qualitatifs qui arrivent, trop doucement… 

Quant au coût supplémentaire, c’est un faux problème, lié à un manque d’approche technique de la part des constructeurs et concepteurs divers, voire au final celui des promoteurs qui ne visent, eux aussi, que le devis minimal afin de ne voir que la marge maximale possible. Donner, c’est recevoir ; isoler, c’est éviter de jeter son argent par la fenêtre pour se payer les calories, ou pour les rejeter selon la saison. 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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Économie d’énergie avec de faibles surcoûts d’investissements

 

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Enjeu de la réglementation thermique du bâtiment

L’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ADEREE) a présenté mardi à Rabat, les résultats des concertations nationales sur les éléments techniques de la réglementation thermique du bâtiment. L’objectif primordial de cette règlementation est l’incitation des architectes, ingénieurs et maîtres d’ouvrages, à intégrer la conception thermique performante de l’enveloppe du bâtiment dans leur projet. L’efficacité énergétique dans le bâtiment devrait permettre une économie d’énergie de 15% d’ici à 2020./DR  

Économiser l’énergie au Maroc, soutenir l’effort mondial de réduction des gaz à effet de serre: les éléments techniques de la réglementation thermique du bâtiment, fruits des concertations nationales sur le Programme national d’efficacité énergétique dans le bâtiment, ont été présentés mardi à Rabat par l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ADEREE).

Cette réglementation s’est fixée comme priorité d’inciter les architectes, ingénieurs et maîtres d’ouvrage à intégrer la conception thermique performante de l’enveloppe du bâtiment dans leur projet. Cette démarche vise notamment à réduire la dépendance énergétique du Maroc vis-à-vis de l’extérieur évaluée à hauteur de 97%. Pour ce faire, maîtriser la demande énergétique s’avère indispensable, d’où la mise en œuvre d’un plan d’efficacité énergétique permettant au Maroc de réaliser une économie d’énergie de l’ordre de 12 à 15% à l’horizon 2020. 

Le bâtiment consommateur d’énergie 

36%

Le secteur du bâtiment, premier consommateur d’énergie, absorbe 36% de la consommation nationale, à raison de 29% pour le résidentiel et 7% pour le tertiaire.

C’est ainsi qu’en 2009, le Programme national d’efficacité énergétique dans le bâtiment a été lancé avec comme cible les secteurs de l’Habitat, le Tourisme, l’Education Nationale et la Santé. 

D’un montant global de 30 millions de dollars, il a bénéficié de l’appui et du financement de nombreux partenaires internationaux (PNUD et Fonds Mondial pour l’Environnement, Union Européenne et Fonds Français pour l’Environnement…). 

“ Il est particulièrement attendu de ce projet l’élaboration et la mise en œuvre d’une réglementation énergétique de développement de normes et une communication stratégique autour de l’efficacité énergétique dans le bâtiment”.  Bruno Pouëzat, représentant résident  du PNUD

“Les bases techniques de la réglementation thermique des bâtiments neufs résidentiels et tertiaires (…), sont élaborées dans le cadre d’une large approche participative et ont fait objet de concertations élargies tant sectorielles que régionales”, a souligné Amina Benkhadra, ministre de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement.

Inciter les architectes… 

La réglementation thermique couvre à la fois le secteur de l’habitat et les bâtiments tertiaires. La division en 6 zones climatiques a été réalisée en collaboration avec la direction de la Météorologie nationale et l’appui d’une expertise internationale.

L’incitation des architectes, ingénieurs et maîtres d’ouvrage à intégrer  la conception thermique performante de l’enveloppe du bâtiment dans leur projet demeure l’objectif primordial de la règlementation thermique. 

La réglementation s’est aussi attachée à définir les spécifications techniques des mesures d’efficacité énergétique dans les bâtiments concernés. L’évaluation qui a été faite à partir de simulations, des impacts énergétiques et économiques découlant du respect de ses dispositions, permet de mesurer la faisabilité économique des différents types de bâtiment par zone climatique. 

De nombreux défis 

Toutefois, si les exigences de cette réglementation constituent un compromis entre les réductions en besoins thermiques des bâtiments et les surcoûts d’investissements, il n’en demeure pas moins que son application se trouve limitée dans le cas de l’habitat social, à cause de la nécessité d’un investissement supplémentaire élevé pour une faible rentabilité.   

Même pour les autres secteurs, la mise en œuvre de la réglementation doit faire face à de nombreux défis, principalement la mobilisation des prestataires de service pour le développement de l’offre en matériaux et équipements adaptés, ainsi que l’implication de ses prestataires dans des programmes de formation des ressources humaines. 

Rachid Loudghiri

Maroc/UE ou la guerre de la tomate…chimique

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UE/Maroc, je t’aime, moi non plus. Le mariage annonce toujours des histoires, juste avant les festivités, comme après signature du contrat. Et parfois ce sont les enfants qui “trinquent” quand les parents boivent, pour illustrer le débat. 

La tomate. Elle est belle, elle est belle, ma tomate. Ce n’était pas la peine de le crier dans les souks, la renommée de la tomate marocaine faisait partie de l’image qualitative du pays. Elle dépassait même les frontières devant les rondelles rouge ou marron parfois “cartonnées” que l’on trouvait en Europe depuis des années, sans saveur, sans aucun goût. 

L’Europe est au Maroc et la donne aurait changé depuis quelques temps, car ces trois dernières années la qualité de ce légume ou fruit, selon, ne tient plus ses promesses dans l’assiette des Marocains. L’industrialisation de la tomate, sa culture hors de terre, les produits chimiques et la quantité réclamée font que les Marocains ne voient plus la rougeur de ces dernières aussi régulièrement sur les étals des souks. Dans un passé récent, vous pouviez les acheter les yeux fermés ou laisser remplir le panier par le vendeur en toute confiance. Aujourd’hui, un simple coup d’oeil et vous passez votre chemin, puis vous achetez plus de semoule à la place. Des tomates qui oscillent entre vert et marron, dures, sans parfum ni goût, voilà ce que l’on retrouve le plus souvent, du moins dans les grands centres. 

Les belles tomates en grappe, naturelles, et même bio existent pourtant au Maroc ; certains les cultivent, mais directement pour les autres pays. A l’heure où, en Europe, chacun parle de plus en plus de la vision BIO, Naturel, où chacun commence à dire STOP aux produits chimiques pour un retour du vrai dans l’assiette, le Maroc semble glisser dans les mêmes erreurs que les occidentaux hier, malgré l’analyse présente. 

Le vrai débat est là désormais, pendant que producteurs et distributeurs bataillent encore uniquement sur des principes économiques. La bataille France-Espagne de la tomate, puis des fraises dans les années 80/90, est celle d’aujourd’hui mais entre l’Espagne et le Maroc. Là aussi pas vraiment de recul sur les attentes locales en matière de perte de qualité. Les marchés gagnés au Maroc en ce moment ne seront-ils pas perdants bientôt, quand seul le sud voudra encore se nourrir, par obligation, des multiples produits chimiques et cancérigènes, élaborés par le nord ? On ne pourra plus dire que l’on ne savait pas alors… 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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http://www.yabiladi.com/articles/details/5011/tomate-marocaine-plus-sure-espagnols.html   

La tomate marocaine « plus sure » ? Les Espagnols contre-attaquent

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La concurrence de la tomate marocaine sur le marché européen continue d’être controversée parmi les agriculteurs espagnols. D’autant plus que la Commission européenne vient de trancher en faveur des tomates marocaines, et ce en termes de qualité. Dur à accepter pour les Espagnols… Une simple phrase, qui a causé beaucoup d’émoi parmi les agriculteurs espagnols : « La tomate marocaine est plus sure que l’espagnole », a affirmé le 14 mars John Clarke, Directeur des Affaires Internationales de la Direction générale de l’Agriculture de la Commission Europénne (CE). Depuis, les réactions fusent. Dernière en date : celle de la Coordination des organisations d’agriculteurs et les éleveurs d’Espagne (COAG), qui a demandé à la Commission européenne, jeudi 24 mars, une rectification publique de ses « déclarations mensongères ».

Selon Andrés Góngora, responsable de l’organisation des fruits et légumes, « il est honteux qu’un membre de la CE dise que les tomates marocaines soient plus sures que les espagnoles. C’est totalement faux. Le nombre de violations sanitaires des tomates du Maroc n’est pas comparable à celui de l’Espagne, en tenant compte du volume de tomates provenant de chacun des deux pays. »

La COAG a également évoqué l’alerte sanitaire provenant du système d’alerte sanitaire de l’Union européenne, note-t-on sur le site de l’organisation. En effet, dans une ligne d’épicerie en Pologne, du procymidone aurait été détecté dans les tomates marocaines. En réponse à cela, Georg Haeusler, Chef du cabinet du commissaire de l’agriculture, a entrepris d’analyser l’intervention du représentant de la Commission au sein du comité du Parlement européen sur l’agriculture et de rectification si vous avez fait des déclarations inexactes.

Tout au long de cette semaine, les réunions se sont multipliées, entre la COAG et des députés et représentants de la CE, pour discuter du renouvellement de l’accord UE-Maroc. Bien qu’ayant reconnu les risques que représente cet accord pour le commerce agricole espagnol, la Commission ne semble pas mettre en cause le bienfait de l’accord pour les deux parties. Les agriculteurs espagnols se consolent en partie avec les délais nécessaires pour la ratification. En effet, la campagne agricole 2011 ne devrait pas être affectée par le nouvel accord.

 Ristel Edimo. Yabiladi.com

Tourisme vert et durable au Maroc. Anarchie entre officiel et informel

le_guide_du_routard_tourisme_durable_2009_2010.jpgLes règles permettent aux compétences et au développement de s’implanter, alors que la foule des hommes présente une image d’anarchie sans cela. Les bonnes volontés qui jouent et suivent les volontés politiques et économiques transparentes sont par cela les dindons de la farce, et même doublement dans un système ou l’implicite présent est face à l’officiel qui devrait être, demain, et qui ne peut s’imposer qu’avec le temps. 

Tout démarre par le système D quand rien n’existe et qu’arrive le touriste dans une zone qui s’ouvre ; c’est ensuite que les habitudes sont à changer, ce qui reste un combat parfois entre compétences et professionnalisme et réalités de terrain. 

Terrain justement abordé par les nouveaux secteurs du tourisme afin de montrer un Maroc autre que les grands hôtels classiques des catalogues, pour ne pas dire le vrai Maroc à découvrir. Tout un secteur qui peut profiter à tous et aux régions qui ont des besoins de s’ouvrir désormais, sous réserve de ne pas voir midi qu’à sa porte face aux touristes de passage, chose qui, avec le temps, les décourage et donne parfois une triste image du développement et de l’organisation d’un pays. 

Dès qu’un touriste arrive, les autres suivent rapidement et ainsi, tels des champignons, les structures bien qu’informelles s’implantent rapidement. Même si certaines sont officiellement déclarées, elles ne s’inscrivent pas toutes pour autant dans le cadre de la compétence professionnelle ni du service minimum attendu. Le nombre d’hébergements en entrant dans des petites villes ou villages peut surprendre parfois, quand ce ne sont pas les rabatteurs qui, dès l’entrée des villages, vous accueillent, afin de faire survivre un chiffre d’affaires dans une jungle. 

Le phénomène n’est pas uniquement dans la vision des locaux au Maroc. En effet beaucoup d’étrangers débarquent au Maroc avec toujours ce désir de s’improviser aubergiste, en visant l’image du beau riad qui répondrait surtout au rêve personnel et oubliant la réalité plus économique et professionnelle, eux aussi. Attention aux mirages, surtout en approchant du tourisme hors des sentiers déjà bien battus. Venez en “pros” désormais, et prenez le temps d’utiliser vos sens pour bien étudier ces secteurs. 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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Le tourisme de nature pénalisé par la prolifération des structures informelles 

La directrice de l’Agence « Terres Nomades » spécialiste du circuit d’aventure, Mme Samira M’Hamssa, a estimé que le tourisme de nature au Maroc est handicapé grandement par la prolifération anarchique des structures informelles qui opèrent en toute impunité par manque de réglementations strictes. 

Cette situation fait que « la maladie s’est propagée telle une épidémie et met aujourd’hui en danger tout un pan de l’économie touristique et plus particulièrement celle du tourisme de nature », déplore-t-elle dans un entretien à «TourMagMaroc ».

Dans cette interview, Mme M’Hamssa apporte un éclairage sur l’écotourisme et ses potentialités de développement comme elle décrypte les problématiques auxquels sont confrontés les agents de voyages réceptifs œuvrant dans le tourisme de nature.

TourMagMaroc : En tant que voyagiste réceptif œuvrant dans le tourisme de nature, que pouvez-vous nous dire sur l’écotourisme et ses potentialités du développement ?

 Samira M’Hamssa : « L’Ecotourisme est partie intégrante du tourisme de nature, que l’on appelle aussi aventure. Nous pratiquons cette forme de voyage responsable depuis longtemps sans lui donner cette appellation. Il est nommé ainsi aujourd’hui plus par un souci d’éveil de la conscience collective plutôt que la désignation d’un « produit touristique ».

 L’écotourisme s’accompagne souvent de résultats très probants sur la préservation de l’environnement et le développement des populations locales. Le tourisme responsable contribue aussi  de manière positive et équitable au développement et à l’épanouissement des individus qui vivent, travaillent et séjournent dans les espaces touristiques. Un tourisme durable reste tributaire du respect du voyageur envers la population hôte, son environnement, sa culture et son économie et exige des opérateurs touristiques le respect des populations locales et des environnements économiques, sociaux et écologiques des terres d’accueil.

C’est également un outil efficient de valorisation économique des zones naturelles ou des sites culturels menacés, de promotion d’emplois, de lutte contre la pauvreté et de maîtrise des impacts de l’environnement. De ce fait, il constitue un fort potentiel de développement pour les populations rurales de toutes les régions au Maroc ».

TMM : Quels sont à vos yeux les ingrédients à même de promouvoir ce secteur pour permettre au grand public de découvrir le patrimoine naturel national ?

Samira M’Hamssa : « Les destinations qui se tournent vers l’écotourisme bénéficient d’une bonne image auprès des touristes et les tendances relèvent dans ce sens une augmentation du tourisme dans les activités non traditionnelles, telles les randonnées pédestres avec hébergement chez l’habitant, la visite de décors naturels et la recherche de l’authenticité à travers un tourisme +intelligent+. 

Le tourisme durable offre des découvertes innovantes 

A l’heure où le grand public souhaite se tourner vers ces nouvelles formes de vacances interactives et plus authentiques, le développement d’un tourisme durable et responsable offre des découvertes innovantes, associées à une implication des populations locales.

Et dans ce domaine, le Maroc possède de grandes potentialités comme en attestent notamment la variété et la beauté de ses sites tant dans les montagnes que dans le Grand Sud et qui renferment un patrimoine culturel et civilisationnel unique au Maghreb. Cette richesse s’exprime également à travers la diversité de sa population, avec ses traditions spécifiques, notamment en zones rurales.

Le Maroc est riche d’une histoire séculaire, dense et variée ainsi que d’un savoir-faire de grande valeur qu’il faut impérativement préserver. Ce sont autant d’attraits que bien des destinations à travers le monde nous envient.

Ces activités sont donc à même de contribuer à la stabilisation des populations rurales, de préserver les métiers locaux (artisanat, agriculture, élevage) et de conserver les traditions et les cultures séculaires qui font la richesse du tourisme rural ».

TMM : Quelles sont les principaux problèmes auxquels font face les agents de voyages réceptifs œuvrant dans le tourisme de nature ? 

Samira M’Hamssa : «Les problèmes sont malheureusement très nombreux et diffèrent d’un segment à l’autre du secteur touristique. Mais certains sont très spécifiques au  tourisme de nature. 

La fiscalité, un problème récurrent 

Hormis les questions liées à la TVA, il y a le problème récurrent de la fiscalité qui handicape le tourisme de nature. Il est complètement insensé d’exiger des populations rurales (muletiers, chameliers, gîteurs, cuisiniers) des factures probantes alors que nous les faisons régulièrement travailler par souci de partage de la richesse.

Il est plus judicieux donc que ces populations intégrées dans les projets éco-touristiques, et dont c’est souvent le seul revenu, soient exonérés au même titre que les agriculteurs dans la mesure où ces activités sont destinées à la promotion du monde rural. Toutefois, le handicap majeur demeure sans nul doute la prolifération anarchique des structures informelles qui opèrent en toute impunité par manque de réglementations strictes.

Cette situation ne date pas d’aujourd’hui, mais, ce laisser-aller irresponsable fait que la maladie s’est propagée telle une épidémie et met aujourd’hui en danger tout un plan de l’économie touristique et plus particulièrement celle du tourisme de nature et sûrement, à terme, sa pérennité si rien n’est fait.

Dans cette anarchie, comment peut-on donc être concentré sur la qualité des prestations et les exigences d’un marché en constante évolution quand tout un chacun s’improvise “voyagiste”. C’est vraiment un domaine où tout le monde peut faire et vendre ce qu’il veut, sans parler bien sûr de l’image déplorable que nous véhiculons à l’étranger et le tort causé à notre profession qui se voit discréditée, d’autant plus que la concertation avec nos représentants officiels fait défaut, notamment sur la promulgation de certaines lois qui constituent un obstacle majeur au bon fonctionnement de notre secteur.

De par notre spécificité touristique, nous sommes tous soucieux de l’environnement et nous nous sentons écologiquement impliqués et responsables. Or, nous sommes agressés chaque jour par de tristes constats de détérioration de sites, de saccage irrémédiable, de pollution, de déforestation, de déchets, de gaspillage d’eau et de captures d’animaux. 

Nous devons de ce fait veiller à ne pas déstabiliser ou même perturber cet équilibre par l’apport de facteurs qui tendraient à sa perte plus qu’à son épanouissement. Nous sommes appelés de la sorte à accompagner ce développement pour qu’il soit en harmonie avec l’environnement et l’identité locaux ». 

TMM : Vous êtes l’une des fondatrices du « Club des réceptifs » de la région Marrakech-Atlantique. Que pourra apporter cette nouvelle structure comme valeur ajoutée à votre métier ?  

Le tourisme de nature, perçu comme un secteur “mineur”  

Samira M’Hamssa : «Cette nouvelle structure est née de la volonté d’œuvrer au développement du tourisme durable, avec une éthique forte et affirmée. Le tourisme de nature a d’ailleurs toujours été perçu comme un secteur +mineur+, autrement dit un +tourisme de niche+. Pourtant, il a pleinement sa place dans l’échiquier dans la mesure où il partage la même vision, la même volonté et les mêmes ambitions que les autres segments du secteur du tourisme au Maroc.

D’ailleurs, la nouvelle stratégie touristique nationale « Vision 2020» fait de l’écologie et du développement durable un catalyseur pour l’activité économique touristique de la prochaine décennie. 

L’Esprit du Club repose en effet sur des valeurs fondamentales que sont la rigueur et le sens du devoir et de la citoyenneté ainsi que sur les bases d’un tourisme responsable. Nous sommes tous animés de la même volonté de redynamiser ce secteur afin de maintenir la destination dans l’excellence et partant contribuer de sa promotion. Pour ce faire, nous mettrons en commun notre savoir-faire dans l’intérêt d’une communauté d’affaires et d’une communauté de citoyens. Dans ce contexte, nous avons collaboré étroitement à l’élaboration d’un Code éthique et de sa Charte, ce qui a consolidé nos motivations et amené à des engagements réels et concrets. C’est un label qualitatif pour nos partenaires étrangers.Cette nouvelle structure revêt une importance particulière dans la mesure où elle se veut une plateforme de discussion, de réflexion, d’échanges, de partage, de veille stratégique et d’entraide autour de mêmes valeurs ».  

TMM : Quel regard portez-vous sur la « Vision 2020 » et comment comptez-vous l’accompagner ?  

Samira M’Hamssa : « La création du +Club des réceptifs+ s’insère effectivement dans le sillage de cette nouvelle stratégie touristique nationale. Cette Vision ambitieuse sera accompagnée d’un plan d’action impliquant l’ensemble des membres de cette nouvelle structure.

Nous sommes des acteurs du tourisme à part entière et nous avons bien l’intention à tenir notre rôle visant le développement d’un tourisme de qualité ». 

Propos recueillis par Mokhtar GRIOUTE à Marrakech Bio : Diplômée de l’Université de Poitiers en Lettres et Civilisations étrangères en 1989, Mme M’Hamssa a commencé sa carrière en tant qu’attachée commerciale et chargée des relations publiques dans un établissement hôtelier de Marrakech. Elle a, par la suite, rejoint une société de transport touristique avant d’aiguiser ses armes dans deux agences de voyages spécialisées dans le tourisme de montagne et d’aventure.

Après avoir appris toutes les ficelles du métier, Mme M’Hamssa a intégré en 2006 l’Agence « Terres Nomades », marque de l’Agence « Anergui Voyages ».

Petit agriculteur nouveau ou les héros de la terre au Maroc

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A l’heure du Plan Vert au Maroc, qui organisera les petites exploitations pour gérer au mieux le marché de la production agricole, à l’heure des importantes coopératives d’Etat qui apportent la technocratie entre les sillons des champs, d’autres initiatives nouvelles émergent en parallèle. Après avoir vu les résultats des industriels de l’agriculture en Europe, où les clients se sont bien sentis eux aussi prisonniers des belles théories, voilà que le nord encouragerait, certainement par crainte de tout un ensemble à venir en occident, le retour aux petites structures agricoles.

Le mouvement écologique, mais encore plus la crise occidentale, révèlent que de nombreux individus s’en retournent aux origines du monde ou de l’assiette, la terre nourricière, en visant même les très petites exploitations. C’est vrai que la crise vide les frigidaires mais n’apporte pas de solution de remplacement, si ce n’est les bonnes paroles économiques pour demain, donc indirectement pour les consommateurs. La crainte du changement, de la hausse des matières premières de base, la vache folle et le poulet aux hormones, sans parler des produits chimiques, sans parler de l’apocalypse qui pourrait chapoter l’ensemble, tout cela irait donc bien à l’inverse du mouvement évolutif émergent des pays qui entrent dans une production de masse, en oubliant eux aussi que la tomate avait un goût.

“Auprès de mon arbre, je vivais heureux”, ou “Que la montagne est belle”, deux chansons qui se rappellent à nous parfois rapidement, avant de ne pas faire les erreurs des autres. Les exemples de victimes qui le disent et le démontrent sont visibles pourtant. A l’heure où tous les parents rêvent de l’enfant prodigue plus technocrate en revenant de son université, diplôme en main et ne sachant pas vraiment quoi en faire, le sujet mérite réflexion désormais pour son avenir. 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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Agriculture locale

Premier marché de la terre 

Le rendez-vous des petits producteurs agricoles avec les consommateurs sera organisé par Slow Food Maroc du 10 au 12 juin à Rabat. 

«Vous êtes des héros». C’est en ces termes que Carlo Petrini, président-fondateur de l’ONG Slow Food de défense de l’agriculture locale, s’est adressé aux deux jeunes, un Américain et une Marocaine, les deux seules personnes à avoir répondu par l’affirmative à la question posée à la salle : «Qui parmi vous souhaite revenir travailler la terre?» M. Petrini, qui a présenté mardi dernier une conférence sur le thème « Slow Food : politique alimentaire en Méditerranée» à l’Institut scientifique de Rabat, a exhorté les pouvoirs publics à soutenir les petits agriculteurs et les jeunes ruraux, qui sont de plus en plus tentés par l’immigration vers les villes.

A défaut, la relève agricole ne serait pas assurée. A l’appui de ses propos, il a cité l’exemple de son pays, l’Italie, où, après la Seconde Guerre mondiale, les agriculteurs représentaient 50% de la population et aujourd’hui, ils ne sont que 3%. Le défenseur des produits de terroir s’est dit aussi préoccupé par la perte de valeur des produits agricoles. A cet effet, il a parlé du prix de l’huile d’olive extra-vierge en Italie… et que, par ailleurs, quelque 4.000 tonnes de produits agricoles sont jetés quotidiennement dans les poubelles, alors que de plus en plus de personnes meurent de faim dans le monde. Combattre l’injustice, c’est aussi dénoncer les quelque 80% des subventions agricoles européennes accordées aux grands producteurs, alors que les petits paysans n’en reçoivent que 15%. « Nous travaillons sur la création de la version européenne de notre grand événement mondial de la défense du terroir, Terra Madre, qui se déroule tous les deux ans à Turin. Avec cette initiative, nous souhaitons déployer un lobbying à la Commission européenne de Bruxelles à l’instar de la grande distribution», a-t-il souligné.
Dans le collimateur de ce défenseur du savoir ancestral agricole, les cinq multinationales de l’agroalimentaire, dont Monsanto, qui contrôlent 70% des semences mondiales et les firmes étrangères qui accaparent progressivement des millions d’hectares en Afrique au détriment des villageois.
Aujourd’hui, l’agriculture intensive a réduit la fertilité de la terre via l’utilisation des produits chimiques, qui, à leur tour, polluent l’eau et tuent la biodiversité. Pour sortir de cette crise, selon M. Petrini, il faut changer les mentalités et cesser d’être des consommateurs passifs en devenant des co-producteurs. Comment ? « En demandant des informations sur ce que nous mangeons », a-t-il répondu.
Pour ce qui est du projet des 1.000 jardins potagers (scolaires, familiaux, communautaires, etc.) en Afrique, lancés par Slow Food en octobre dernier et dont 50 seront réalisés au Maroc, les premières démarches ont été entamées entre Slow Food Maroc et la délégation régionale de l’éducation à Témara.
Pour faire rencontrer directement producteurs et consommateurs, Slow Food Maroc organisera le premier marché de la terre du 10 au 12 juin à l’esplanade Mahaj, quartier Ryad à Rabat. Cette date correspondra également à la réunion du Conseil international de Slow Food au Maroc. Les marchés de paysans «Farmers Markets» sont devenus une réalité. Aux Etats-Unis, le premier marché de ce genre a été créé en 1995 à Chicago et aujourd’hui, il en existe 8.000 à travers le territoire américain. 

La tribune des sans voix

 Slow Food est une association créée en 1989 en Italie par Carlo Petrini. Elle compte plus de 100.000 membres actifs dans le monde. Ses sièges nationaux se trouvent en Italie, en Allemagne, en Suisse, en France, aux Etats-Unis, au Japon, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas mais grâce à ses activités et ses nombreux projets, elle rassemble des millions de personnes sur tous les continents. Terra Madre (Terre Mère) est le nom de ce grand réseau d’acteurs qui travaillent afin de mettre en place un modèle « bon, propre et juste » de production et de consommation alimentaire : des producteurs alimentaires durables, des éducateurs engagés dans les projets de jardins pédagogiques et de cantines, des universitaires, des chercheurs, des experts, etc. Le rapport entre Slow Food et Terra Madre correspond à l’image d’une couverture en patchwork: Slow Food et ses membres constituent la trame, Terra Madre et ses communautés de la nourriture sont ‘’les morceaux colorés” de tissu coloré. Ensemble, ils forment une vaste chaîne, dont les composantes sont interdépendants, qui offre une tribune à celles et ceux que personne n’écouterait individuellement. 

Par Rachid Tarik | LE MATIN

Taghazout. Saison II ou un feuilleton à rallonge…

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Immobilier ou tourisme, deux termes qui s’opposent et qui néanmoins doivent s’allier souvent dans les grands projets au Maroc. Entre les zones bord de mer immobilières et les zones dites touristiques, pas facile de présenter des projets rentables sans une alliance intelligente entre les deux approches.  

Le promoteur touristique qui vient construire des hôtels est confronté à de grands groupes touristiques internationaux qui préfèrent louer les murs à des propriétaires dans les grandes villes touristiques, pour optimiser leur gestion et limiter les risques dans le temps; ils ne visent plus les dépenses depuis bien longtemps. Besoin de lits nouveaux, alors que des hôtels ferment, d’autres ne se sont jamais ouverts depuis la fin de leur construction, d’autres encore sont en vente ou attendent de nouveaux locataires sur Agadir et enfin tant d’autres, confrontés à un problème de gestion, ne dépassent pas les seuils de remplissage attendus, cela soulève des questions. 

La répartition du foncier en bord de mer bloque aussi des projets et des investisseurs plus petits, qui ne peuvent se permettre de jouer à leur niveau la carte du développement touristique sans garantir, en contrepartie, une rentabilité de leurs projets. Un peu plus d’ouverture sur les dossiers présentés face à la problématique du foncier serait la bienvenue. Entre zone urbaine et rurale, découpages attendus, secteur immobilier et secteur touristique, ou zone d’incertitudes qui empêche vendeurs, acheteurs ou promoteurs, pas facile de monter clairement des projets en amont. C’est une fois engagés que vous verrez le pays et que vous devrez revoir vos copies, au détriment de ce développement ; et pour cause, de nombreux projets restent dans les cartons. Peur de la spéculation immobilière ? Oui, ce fut le lot commun des “mauvaises” habitudes d’hier ; mais qu’à cela ne tienne, il suffit de savoir mettre des limites aussi devant des projets présentés. Ne peut-on pas intelligemment entrer dans une époque “gagnant-gagnant” ou “WIN WIN” entre les administrations, les promoteurs et les créateurs privés ? Faut-il bloquer les bonnes énergies par des frontières en amont, alors que chaque projet présenté en aval est différent et peut être présenté individuellement ? 

Faut-il des zones de logements sociaux, des zones touristiques, des zones dortoirs, des zones résidentielles, et des villes dites nouvelles ailleurs encore, alors que la vie de la ville se nourrit de tous les acteurs locaux pour créer cette vitalité attendue ? Ne voit-on pas le long de l’Atlantique aujourd’hui des zones qui ressembleraient à des zones mortes une grande partie de l’année, alors qu’elles sont censées représenter l’image du tourisme d’un pays ? Ne voit-on pas des zones résidentielles, des marinas, où les fantômes habitent des maisons, et des résidences quasiment inoccupées depuis des années ? 

N’est-il pas temps de mettre en commun les dossiers sur la table, au lieu de tirer chacun sur la nappe pour défendre ses seuls intérêts, au détriment de ce développement pour les Marocains qui attendent, eux aussi, des réponses et leur place pour demain ? Le temps n’est-il pas en défaveur des projets le plus souvent, au Maroc ? 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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Taghazout: La fronde des élus du Souss  

Vendredi, 18 Février 2011 11:04  

Le projet d’aménagement de la future station balnéaire de Taghazout préoccupe les élus du Conseil régional du Souss-Massa-Draâ. En fin de semaine dernière à Agadir, des membres du conseil régional, de cinq formations politiques des plus présentes dans la zone, ont tenu une rencontre à ce sujet. A en croire les interventions des uns et des autres, les élus ne sont pas véritablement convaincus par la nouvelle mouture du projet. De leur avis, ce projet n’est pas rentable économiquement en raison de son redimensionnement. «2.350 lits hôteliers c’est trop peu dans un site de 620 ha. Nous voulons un véritable programme touristique qui génère plus d’emplois et non pas un programme immobilier qui va engendrer de la spéculation», indique, M’hamed Iraâ Sbaï, conseiller PI d’Agadir et président de la commission touristique du conseil régional du Souss-Massa-Draâ.

De fait, le programme préliminaire du projet de la future station balnéaire se résume en sept établissements touristiques sous forme d’unités hôtelières qui vont générer effectivement une capacité globale de 2.350 lits. «Mais ce n’est pas tout. Cinq établissements touristiques sous forme de résidences immobilières de promotion touristique d’une capacité d’environ 3.000 lits à travers des villas et des appartements sont prévus», souligne un responsable de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), partenaire du projet. Il précise qu’au total la future station balnéaire offrira à terme 8.000 lits dont 5.800 lits hôteliers. Le tout devrait générer 20.000 emplois directs et indirects, assure-t-il. Mais les élus ne sont pas du tout convaincus par la nouvelle mouture du projet. Ce qu’ils refusent totalement c’est le volet immobilier. «En dehors des 2.350 lits hôteliers, le reste c’est de l’immobilier déguisé», avance l’un d’eux.

Ce qui est en fait prévu dans le cadre du nouveau projet, c’est de développer un éco-resort touristique de faible densité. Ainsi, l’occupation du sol ne dépassera pas 6% de manière à préserver notamment l’arganeraie qui constitue une des plus grandes richesses végétales du site. «Dans cette arganeraie plus de 1.600 arbres ont été coupés lors des travaux du dernier projet avorté sur le site», déplore un élu du conseil régional du Souss-Massa-Draâ. Ce dernier rappelle aussi que des ayants droit expropriés de la zone ne sont pas encore indemnisés. «J’ai moi-même 11 ha dans la zone et je n’ai encore rien perçu. Sans compter que nous ne sommes pas du tout d’accord avec l’évaluation réalisée du foncier», souligne-t-il. Du côté de la Smit, on explique que l’indemnisation des ayants droit n’est pas encore finalisée pour des raisons administratives. Les concernés n’ayant pas fourni toutes les pièces nécessaires pour percevoir les indemnisations, précise un institutionnel. Apparemment, il y a encore beaucoup de communication à faire auprès de tous. Une démarche pour l’adhésion notamment des populations de la localité. Un ingrédient incontournable pour faire aboutir le projet.  

Etat d’avancement

Les interventions des élus de la région au Parlement et leur position vis-à-vis du projet ne semblent pas pour l’heure chambouler l’agenda. La Société d’aménagement et de développement de Taghazout (SADT) est en phase finale de création. Elle sera dotée d’un capital initial de 100 millions de dirhams, dont 25% déjà libérés par les actionnaires. Rappelons que ces actionnaires sont la CDG à hauteur de 35%, Colony Capital et le groupe Alliance développement qui participent pour leur part à hauteur respectivement de 25 et 20%. Les autres actionnaires sont la Société Sud partners à hauteur de 15% et la Smit à travers une contribution de 5% de l’enveloppe globale du projet. Et ce, à travers le foncier puisque la société est propriétaire des terrains (620 ha) sur lesquels sera aménagé la future station balnéaire.

Cette société assurera le rôle d’aménageur du terrain et de développeur d’une partie (ou de la totalité) du projet de Taghazout, est-il indiqué. Son activité est vouée à la réalisation des travaux d’aménagement/lotissement et de viabilisation du terrain. De même elle devrait réaliser une partie des composantes du programme, à savoir, le parcours de golf et son club house, l’hôtel du golf, la médina, le village de surf, le camping international, la réserve d’arganiers ainsi que ses coopératives sans oublier les résidences immobilières. En outre, la SADT sera chargée de lots de terrains viabilisés au profit des sociétés de développement. Pour l’heure, le directeur général de la SADT a été désigné et les études urbanistiques et de faisabilité du projet sont en cours de réalisation. Des réunions de concertation avec l’Equipement d’Agadir et le bureau d’études CID, pour le lancement incessamment des appels d’offres pour les travaux de la voie de contournement de Taghazout, ont par ailleurs lieu. Parallèlement, des réunions techniques avec les concessionnaires Onep, ONE et Ramsa pour traiter les aspects techniques relatifs à l’alimentation du projet et à l’aspect assainissement (station d’épuration) se tiennent. 

De notre correspondante,

Je veux du vert au Maroc. Comment et à quel prix ?

Les briques sont arrivées avant les constructeurs compétents, le gazon fait de même ; mais si ce n’était pas le cas, les pays émergents n’en seraient plus. Après le toit au Maroc, c’est le petit coin de verdure qui est attendu par beaucoup de gens et de propriétaires. Le Maroc Vert touche tous les niveaux de la société, notamment celui des particuliers. 

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Le jardin anglais, le jardin à la française, le jardin japonais, tout le monde connaît ; mais le jardin oriental, chacun se l’imagine avec quelques palmiers, l’arbre qui fait rêver les étrangers et qu’ils s’attendent à voir dans leur paysage nouveau. Le gazon fleuri normand est-il donc attendu au Maroc et est-il judicieux au regard de l’approche culturelle et naturelle des terrains abordés ? 

Le vert se réglementera certainement plus en fonction des intérêts des professionnels divers, pros et amateurs, que de la bonne logique de la nature, qui parfois peut apporter ses réponses, si nous savons encore l’écouter, la regarder, l’observer. A une époque où nous voyons pousser des golfs nombreux là où l’eau manque et où le désert domine, où nous voyons des camions amener de la terre là où la nature ne l’a pas encore acceptée ou rejetée, là où la réflexion de l’homme et de la nature n’est pas présente ou effacée par intérêts, gageons que les patchworks aussi étonnants que détonants fleuriront prochainement partout. 

Mais à force de se planter, il y aura bien quelque chose qui poussera de plus compétent, sous réserve que les écoles ne forment pas que des théoriciens. Le jardin est un rapport entre nature et homme pour rappel, comme tant d’autres choses. 

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Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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Paysagiste: Une profession à réglementer  

Une association nouvellement créée, l’AAPM

Manque de compétences et de matériel végétal 

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Pour un m2 végétal, le coût s’élève à 100 DH/HT. Un m2 minéral coûte quant à lui 300 DH/HT, et un m2 verdure (gazon, fleur) revient 25 DH/HT. Selon des professionnels, le désordre et l’absence de contrôle ont permis à « des simples jardiniers » de s’enrichir             

AMÉNAGEURS d’espaces verts, fleuriste paysagiste, concepteur de jardins… Les entreprises du paysage poussent comme des champignons. Elles ont flairé un business juteux, celui d’aménager les jardins et parcs de résidences. Mais le métier n’est pas encore réglementé. Un jardinier peut facilement se faire passer pour paysagiste. Le seul établissement qui forme aujourd’hui des ingénieurs paysagistes est l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II.

L’objectif de la filière de formation Architecture du paysage est de former des spécialistes de l’aménagement du paysage dans toutes ses composantes depuis le simple aménagement d’un jardin de loisirs jusqu’au projet d’aménagement à grande échelle. L’architecte-paysagiste doit pouvoir répondre aux besoins du pays en ce qui concerne l’analyse des sites, la conception paysagère, la maîtrise d’œuvre et la réalisation des projets d’aménagement du paysage. La protection des sites naturels et la valorisation des sites sensibles ou dégradés font partie des objectifs de la formation. Une association est en cours de création. Il s’agit de l’AAPM, association des architectes paysagistes du Maroc. Derrière l’association, Rachid Haouch, architecte, urbaniste et paysagiste, diplômé de l’Ecole nationale supérieur de Versailles et de l’Ecole d’architecture de Paris la Villette. Il sera vice-président de l’association et Mounia Bennani sa présidente. L’objectif est de défendre et promouvoir le métier, ainsi que de sensibiliser le public autour de la problématique du paysage.

L’association cherche à instituer aussi des procédures: Chaque paysagiste devra noter l’entreprise à laquelle il fait appel et chaque année l’association publiera un fascicule sur les compétences et la spécialisation de ces entreprises. L’association compte également militer pour la création d’une école nationale supérieure du paysage à l’instar de l’Ecole de Versailles. Cette association sera inscrite à la fédération internationale des architectes paysagistes. Le Maroc sera ainsi le premier pays africain à entrer dans l’art du paysage alors qu’il y était déjà. «Le Maroc a inventé l’art du jardin et il est tombé dans une sorte d’amnésie», s’indigne Rachid Haouch. A côté de la pénurie de compétences, il y a une pénurie végétale à l’échelle du Maroc. «Le Maroc s’est développé en négligeant ses pépinières», signale Haouch. Il faut 5 ans pour cultiver un arbre et 10 ans pour le vendre. Quelle est donc la pépinière qui peut attendre autant de temps? Il faut aussi donner la possibilité aux professionnels de pouvoir importer certaines espèces végétales. Tout comme il faut par ailleurs donner un statut à l’espace public marocain, selon des professionnels.

J. K.

Maroc. Histoire d’eau et d’intelligence ou quand le ciel donne encore gratuitement

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La facture d’eau est arrivée. Pas cher, comme disent certains au Maroc ; mais tout a un coût. Si quelques m3 ne grèvent pas le budget de ceux qui font attention à leur consommation et  paient plus d’abonnement que de consommation, il n’en va pas de même pour ceux qui, depuis l’arrivée des robinets, laissent couler les flots comme au temps où ces derniers passaient dans les rivières ou les oueds. La femme qui entretient la maison s’occupe de l’eau, le mari s’occupe du compteur et des factures, d’où le décalage. Certains consomment beaucoup d’eau, par mauvaise habitude, mais commencent à comprendre que le confort peut réserver des surprises.

Juste rappel, donc, pour penser de nouveau aux anciens qui, avant de prendre à l’oued ou aux puits, savaient apprécier les bienfaits de la nature qui livre gratuitement et à domicile.

Récupérer évite de travailler ensuite pour payer ce qui n’est pas récupéré. Bref, une histoire où il faut payer de sa personne à un moment, ou de prévention pour ne pas devoir soigner le mal plus tard et souvent plus cher. 

Le Maroc, ce sont des architectures en terrasses ; les toits en pointe ne sont visibles que dans la région d’Ifrane. Des terrasses qui, souvent, chauffent les têtes l’été et se transforment en filtre à eau quand il pleut. L’étanchéité, pas plus que l’isolation, n’est livrée dans les logements ; cela évolue doucement. Donc, quitte à aborder ces travaux plus sérieusement, autant penser un peu écolo, c’est la tendance actuelle ; et en profiter ainsi pour amortir plus rapidement ces travaux, devenus indispensables suite à la pluviométrie de ces dernières années. 

Et si cela permet de développer les jardins et la verdure dans nos villes afin de cacher une partie du béton, la pollution visuelle y gagnera. Soyons moins sots et prenons les seaux… 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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Récupération des eaux de pluie: le Maroc fait le pari de développer ses modes traditionnels et d’innover  

338420_pluie-de-soleil_10052010145511_medium.jpgFace aux changements climatiques et à l’urbanisation rapide, le Maroc multiplie les efforts pour améliorer la gestion de ses ressources en eau.

Le développement des modes de collecte et d’utilisation de l’eau de pluie s’impose comme un moyen d’économie de cette ressource de plus en plus rare, preuve en est l’intérêt qui lui est accordé dans le programme de partenariat initié avec l’Allemagne, pionnier dans le domaine, et qui s’étale jusqu’à 2018.

Il faut dire qu’au Maroc, comme l’ont souligné experts nationaux et étrangers réunis cette semaine à Agadir, les techniques de mobilisation et d’utilisation des eaux pluviales ont été pratiquées pendant longtemps aussi bien dans les villes qu’en milieu rural.

“Le captage et la gestion durable des eaux pluviales a traditionnellement joué un rôle très important pour le Maroc, qui a connu beaucoup de techniques de captage et de retenue des eaux pluviales, tels que les terrasses, les Metfias et les Seguias, qui ont été développés il y a des centaines d’années pour faire face aux irrégularités du régime pluviométrique du pays”, rappelle le Directeur de l’Agence Allemande de Coopération Internationale (GIZ) au Maroc, Tilman Herberg. 

Des techniques anciennes qui reviennent au goût du jour

Avec les changements climatiques globaux, ces techniques “gagnent une nouvelle importance”, non seulement pour réduire la vulnérabilité envers les sècheresses, mais aussi pour retenir les eaux et réduire les ruissellements qui contribuent aux crues et inondations, s’accordent les spécialistes. 

“Le problème majeur avec l’eau est qu’elle est soit abondante ou bien rare”, explique la Zimbabwéenne Elizabeth Khaka du Programme de l’ONU pour l’environnement (PNUE) qui rappelle que 14 pays africains sur 53 souffrent aujourd’hui de stress hydrique et de rareté de l’eau, un nombre appelé à grimper à 25 d’ici 2025. Elle a déploré que le taux d’utilisation des eaux de pluies reste très infime dans les pays du sud par rapport aux pays développés ou émergents comme la Chine et l’Inde. Au Maroc, cette option revient au goût du jour vu les effets des aléas climatiques sur le régime pluviométrique qui sont aujourd’hui encore accentuées par l’impact de l’urbanisation rapide, du déboisement et du surpâturage, lesquels augmentant les crues et les effets d’érosion.

“Hier comme aujourd’hui, les maîtres-mots sont : bonne gestion et entretien”, insiste Said Gouzlane de l’Ecole Hassania des ingénieurs, qui rappelle que les enjeux que pose aujourd’hui la rareté de l’eau militent pour la valorisation des techniques traditionnelles de captage des eaux pluviales et l’adaptation au contexte marocain des meilleures pratiques appliquées à l’échelle internationale. 

Les utilisations de l’eau récupérée à des fins domestiques vont de l’alimentation des toilettes, le lave-linge ou encore l’arrosage de jardins.

L’investissement consenti dépend du mode utilisé mais nombre de techniques ne nécessitent souvent pas de budget conséquent. En réunissant des experts de différentes nationalités pour l’atelier de formation d’Agadir, dans le cadre du programme de coopération maroco-allemand “Appui à la gestion Intégrée des ressources en eau (AGIRE), le secrétariat d’Etat chargé de l’eau et de l’environnement en partenariat avec l’AIZ ambitionnent justement de mettre en valeur les connaissances traditionnelles de gestion des eaux pluviales et de présenter la gamme de techniques novatrices appliquées aujourd’hui à travers le monde.Au final, il est question, indique-t-on, d’élaborer un plan d’action pour le captage et l’utilisation des eaux pluviales dans le Royaume. 

D’après M. Abdelkader Benomar du Secrétariat d’Etat à l’eau et l’environnement, il est important d’identifier le potentiel des eaux pluviales au Maroc et de développer les moyens pour leur mobilisation et utilisation. “Bien que le Maroc dispose de ressources hydriques importantes, la demande en eau sans cesse croissante pour l’alimentation en eau potable, l’irrigation, le tourisme ou encore l’industrie a engendrée une forte pression sur les ressources en eau ce qui a entrainé une surexploitation des eaux souterraines et une augmentation des risques de pollution “, a-t-il indiqué.Face à l’impact de cette problématique sur le développement socioéconomique au Maroc, une nouvelle stratégie de développement du secteur de l’eau a été d’ailleurs adoptée en 2009. 

Parer aux aléas climatiques

Cette stratégie vise, selon le département de tutelle, d’ici 2030, à économiser 2.5 Milliards de m3 par an à travers la gestion de la demande et à mobiliser 2.5 Milliards de m3 par an additionnels par la construction de nouveaux barrages et par la valorisation des ressources non conventionnelles comme le dessalement de l’eau de mer, la réutilisation des eaux usées épurées ou encore le captage des eaux pluviales.

Aussi, l’atelier d’Agadir s’inscrit-il dans le cadre de l’accompagnement de cette stratégie par le renforcement des capacités des cadres nationaux en matière de captage et utilisation des eaux pluviales, l’identification du potentiel en eau pluviale au Maroc et les moyens de la mobiliser à travers des projets pilotes par bassin avant un éventuel déploiement à plus grande échelle. 

Globalement, le programme maroco-allemand “Agire” se décline en quatre indicateurs à atteindre d’ici juin 2018, à savoir améliorer l’efficacité du système de suivi et de contrôle des prélèvements des eaux souterraines, stabiliser la vitesse de rabattement annuelle moyenne des principales nappes dans les régions d’intervention (agences de bassin hydraulique du Tensift, Souss Massa Draa et l’Oum Er Rbia), et faire en sorte que les eaux usées domestiques épurées soient réutilisées de manière contrôlée dans des projets pilotes. Le quatrième volet consiste à assurer que les principales nappes dans les régions d’intervention soient gérées dans un cadre participatif en tenant compte de la participation notamment des femmes. 

Un vaste programme qui illustre combien “l’or bleu” est une ressource de plus en plus rare et précieuse surtout au vu des changements climatiques dont l’impact est ressenti à travers sécheresses, cyclones, et inondations ca et là à travers le monde.

 Omar Achy/MAP

CASA Bouskoura : “A l’Oued, rien de nouveau”

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On ne s’arrête jamais dans le lit d’un oued au Maroc. On ne construit jamais sa maison trop proche des rives d’un oued, pas plus qu’on n’y plante sa tente une nuit provisoirement. Si ces conseils sont souvent répétés au Maroc, notamment envers les touristes, qui laissent chaque année leurs affaires personnelles, voire leur beau 4×4 partir dans les flots qui surprennent, si chaque année des Marocains voient partir leur maison de la même manière, cela n’empêche pas non plus les plus hautes instances administratives du pays de jouer avec le feu. Enfin, avec l’eau. 

L’urbanisation a souvent fait fi de simples mesures de prudence, de sécurité, de bonne logique. Quelques canaux, quelques canalisations d’un moment, ne suffisent plus désormais à maîtriser la nature qui, comme ce fut démontré récemment par les pluies abondantes de ces dernières années, remet les dossiers au-dessus des piles pour la suite. Des pluies qui, régulièrement, coupent des routes pendant plusieurs jours. Quelques camions de terre, quelques rustines de béton ou de goudron ne suffisent plus comme réponse. Mais ces quelques points habituels cachent aussi des choses plus dramatiques, en suspens au-dessus de nous. 

Les pluies récentes sur Casablanca doivent certainement soulever de nombreuses questions quant à la mise en œuvre des travaux publics de ces dernières années. Si 15 cm de pluie bloquent une ville, que se passera-t-il si un oued, contrarié hier, se met à parler, à gronder, à reprendre sa place ? Déplacer un filet d’eau en aval n’est en rien gérer ce qui se passe en amont, l’exemple de l’oued Bouskoura laisse interrogateur.

Philippe DELESALLE

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Oued Bouskoura, cette menace qui plane encore sur Casablanca

 

Au début du XXe siècle, l’oued arrivait encore jusqu’à son embouchure près de Casa-port. Le tracé historique de oued Bouskoura passe par des points névralgiques de la ville : Route d’El Jadida, Maârif, Twin Center, boulevard Roudani, Parc de la Ligue arabe…

 

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Une rivière finit toujours par reprendre son lit. C’est aujourd’hui le cas de l’oued Bouskoura, à Casablanca. En voyant des photos aériennes de la métropole, il est difficile de croire qu’il y a tout juste un siècle la ville était traversée d’est en ouest par une rivière qui venait se jeter dans l’Océan à l’emplacement actuel de la gare ferroviaire Casa-port. Oui, oued Bouskoura, jusqu’au début du XXe siècle, était encore là. Mais progressivement, au fil des années, sous l’effet de l’urbanisation, le lit a cédé place à la ville. Mais à la périphérie sud de la métropole, oued Bouskoura est toujours présent. Aujourd’hui encore, si l’on voulait dresser une carte des risques majeurs qui menacent Casablanca, cette rivière figurerait incontestablement en tête de liste. Le danger est d’autant plus grand qu’entre-temps le lit de l’oued a été envahi par des constructions et pas seulement à usage d’habitation.
Dans les années 70 et 80, la construction de la route d’El Jadida qui servira de prolongement au périphérique (autoroute urbaine) allait être fatale à l’oued dont le lit sera définitivement obstrué.

Aujourd’hui, nombre d’édifices publics sont construits dans le lit de l’oued. C’est le cas du Parc d’exposition de l’Office des changes, de l’Ecole Hassania des travaux publics. L’imposant siège de l’OCP, non plus, n’est pas épargné. Il n’est pas bâti dans le lit de l’oued mais se trouve dans une zone inondable en cas de crue. Et c’est ce qui s’est passé lors des dernières intempéries. Il en est de même pour des zones résidentielles comme le lotissement Laymoune, entre autres.

 

 

Des dépressions naturelles protègent la ville mais ça reste insuffisant

Il faut savoir également que l’ancien aéroport d’Anfa, qui abritera le futur nouveau pôle urbain, se trouve lui aussi dans l’ancien parcours de l’oued au niveau de l’ancienne caserne de l’Armée de l’air. D’ailleurs, une des premières études réalisées par l’Agence d’urbanisation et de développement d’Anfa (AUDA) portait justement sur l’impact d’éventuelles crues de l’oued. Mais les études avaient abouti à l’absence de risque, le site n’étant pas zone inondable. Les dernières inondations l’ont d’ailleurs prouvé puisque le site n’a pas été touché.
Certes, pour le moment, les manifestations de l’oued ne sont pas très fréquentes en raison notamment de «l’existence de plusieurs dépressions naturelles (dayates) dans son bassin versant qui permettent de retenir les eaux de pluie avant leur arrivée vers la ville», explique Hamid El Misbahi, directeur des grands projets à Lydec. Mais rien ne garantit que ces dayates continueront à assurer cette mission de «protection» temporaire. Autrement dit, «une fois ces dépressions naturelles saturées suite à de fortes pluies, l’arrivée des eaux des régions voisines situées en amont (Berrechid et Settat) vers la ville est inévitable, ce qui constitue un risque majeur d’inondation», prévient M. Misbahi.

Inquiétant ! d’autant que les projets de construction vont bon train dans cette région. Récemment, et pour accompagner l’urbanisation galopante, les pouvoirs publics y ont aménagé de grands axes routiers qui traversent le lit de l’oued. Et selon des experts, «encore une fois, les précautions nécessaires n’ont pas été prises, et l’on s’est contenté d’aménager des petites voies à proximité des routes et autoroutes qui s’avéreraient incapables de contenir les eaux en cas de fortes précipitations».

Des projets de lacs artificiels abandonnés au profit de l’urbanisation

Ce qui complique davantage la situation, ajoutent-ils, c’est que même les projets de réalisation de parcs ont été abandonnés. Il en est ainsi de «la zone verte de protection de l’oued Bouskoura contenue dans le premier Schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de la ville en 1984 et qui prévoyait deux lacs de retenue mais qui n’a jamais vu le jour», déplore l’architecte Ouadie Soubat. A cela s’ajoute le projet d’un parc de 55 ha intégré dans le même SDAU et prévu dans le vaste programme immobilier Nassim de 320 ha destiné à reloger une partie des habitants de l’Ancienne médina dont les maisons sont situées sur le tracé de l’Avenue Royale. D’anciens responsables de la Sonadac se souviennent qu’un vif débat avait été soulevé entre architectes et ingénieurs sur l’importance à accorder au projet du parc en raison, entre autres, du danger que constitue l’oued. Mais, c’est l’avis des ingénieurs qui a prévalu. L’esprit commercial avait pris le dessus sur toute autre considération sécuritaire, écologique… Résultat : une grande partie de l’espace destiné au parc  a été amputée au profit des constructions.
Aujourd’hui, à défaut de dégager le lit de l’oued, il faudra trouver tout de même une solution radicale. Cette solution, ce sera le super collecteur ouest. Un canal long de 7 kilomètres qui devrait à partir d’un point situé à proximité de l’actuel Parc des expositions de l’Office des changes réorienter les eaux de crue directement vers le littoral avec un débit maximal de 65 m3/s. Lydec a réactivé, il y a quelques mois, le projet qui était pourtant dans les tiroirs depuis plusieurs années. Mais il reste un gros problème à résoudre : le financement. L’ouvrage coûtera dans les 500 millions de DH et le gestionnaire délégué devra trouver un montage pour le réaliser. Mais il faut croire que même avec un super collecteur de cette taille, les crues du volume de celles provoquées le 29 novembre dernier ne pourront pas totalement être évacuées. C’est dire que la menace de l’oued Bouskoura, bien que moins grande, restera toujours présente.

Hakim Challot