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Archive de la catégorie Agriculture
L’Olive du Maroc. Une affaire bien huilée qui tourne au beurre
15.4.2011 par admin.
“L’Internationale sera le genre humain”… En attendant, ce serait la démarche économique plus qu’humaine qui va faire prochainement de l’huile marocaine la matière grasse d’un rouage dit de marché. L’huile d’olive, réservée autrefois à quelques régions en Europe, s’est démocratisée depuis quelques décennies, prenant sa place dans les régions, comme celles de France, dans le combat entre le beurre et la crème fraîche, débat qui partage encore nos chefs cuisiniers toqués.

Néanmoins les bienfaits de l’olive ou du régime crétois semblent plaire aux Européens de plus en plus, mais les productions locales comme en France sont plus que limitées depuis des années, chacun vendant son huile plus vierge que l’autre, sous l’étiquette souvent falsifiée de son origine. Entre huiles d’Italie, d’Espagne, de France ou d’ailleurs, il n’y avait qu’un pas pour viser l’huile d’olive marocaine. L’huile d’olive au Maroc suffisait juste parfois à répondre annuellement aux besoins locaux quotidiens, même si les Marocains semblent la consommer moins que les Européens désormais. Les deux litres annuels consommés verront-ils les prix augmentés par une exportation plus importante ? L’olive suivra-t-elle l’argan sur la folie d’un marché international au point que les Marocains devront demain se rabattre sur l’huile de palme venue du bout du monde, déjà bien présente dans les produits industriels qui arrivent d’Europe ? Un échange perdant-perdant ou gagnant-gagnant ? De l’huile pour faire son beurre, en ajoutant de la crème, n’est jamais digeste pour les consommateurs finaux…
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Augmentation de la production d’huile d’olive marocaine

Ces trois dernières années, 140 000 hectares d’oliviers ont été plantés, à raison de plus de 45 000 hectares par an. La surface totale couverte par la culture de l’olivier est aujourd’hui de 725 000 hectares, ce qui représente 55% de l’ensemble de l’arboriculture marocaine. Le Plan Maroc Vert ambitionne de porter cette superficie à 1.22 million d’hectares en vue d’une production d’olives de 2.5 millions de tonnes contre 1.2 à 1.5 millions de tonnes actuellement. L’exportation serait alors de 120 000 tonnes pour l’huile d’olive et 150 000 tonnes pour les olives de table.
Cette extension de la culture de l’olivier s’explique par la prise de conscience de la part des autorités de son potentiel vu la demande internationale. La consommation d’huile d’olive par an et par personne serait de 24 kg pour les grecs, 11 kg pour les italiens et 10 kg pour les espagnols alors qu’elle n’est que de 2 kg pour les marocains. La tendance du développement de la production d’huile d’olive se confirme puisque de 65 000 tonnes entre 2004 et 2008, elle est passée à 160 000 tonnes en 2009 et 2010. La région Meknès-Fès concentre la plus grosse capacité de trituration pour l’extraction d’huile du pays, soit 60 % réunis par 4 à 5 opérateurs, et la région effectue près de 70% des exportations d’huile d’olive.
Des industriels installés ont commencé à investir dans l’amont agricole de la production, par la location à longue durée des terres de la Sodea/Sogeta. Le groupe CHCI dispose de 100 hectares et Lesieur vient d’investir à Kelaât Sraghna dans une exploitation moderne de 640 hectares.
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Maroc/UE ou la guerre de la tomate…chimique
7.4.2011 par admin.

UE/Maroc, je t’aime, moi non plus. Le mariage annonce toujours des histoires, juste avant les festivités, comme après signature du contrat. Et parfois ce sont les enfants qui “trinquent” quand les parents boivent, pour illustrer le débat.
La tomate. Elle est belle, elle est belle, ma tomate. Ce n’était pas la peine de le crier dans les souks, la renommée de la tomate marocaine faisait partie de l’image qualitative du pays. Elle dépassait même les frontières devant les rondelles rouge ou marron parfois “cartonnées” que l’on trouvait en Europe depuis des années, sans saveur, sans aucun goût.
L’Europe est au Maroc et la donne aurait changé depuis quelques temps, car ces trois dernières années la qualité de ce légume ou fruit, selon, ne tient plus ses promesses dans l’assiette des Marocains. L’industrialisation de la tomate, sa culture hors de terre, les produits chimiques et la quantité réclamée font que les Marocains ne voient plus la rougeur de ces dernières aussi régulièrement sur les étals des souks. Dans un passé récent, vous pouviez les acheter les yeux fermés ou laisser remplir le panier par le vendeur en toute confiance. Aujourd’hui, un simple coup d’oeil et vous passez votre chemin, puis vous achetez plus de semoule à la place. Des tomates qui oscillent entre vert et marron, dures, sans parfum ni goût, voilà ce que l’on retrouve le plus souvent, du moins dans les grands centres.
Les belles tomates en grappe, naturelles, et même bio existent pourtant au Maroc ; certains les cultivent, mais directement pour les autres pays. A l’heure où, en Europe, chacun parle de plus en plus de la vision BIO, Naturel, où chacun commence à dire STOP aux produits chimiques pour un retour du vrai dans l’assiette, le Maroc semble glisser dans les mêmes erreurs que les occidentaux hier, malgré l’analyse présente.
Le vrai débat est là désormais, pendant que producteurs et distributeurs bataillent encore uniquement sur des principes économiques. La bataille France-Espagne de la tomate, puis des fraises dans les années 80/90, est celle d’aujourd’hui mais entre l’Espagne et le Maroc. Là aussi pas vraiment de recul sur les attentes locales en matière de perte de qualité. Les marchés gagnés au Maroc en ce moment ne seront-ils pas perdants bientôt, quand seul le sud voudra encore se nourrir, par obligation, des multiples produits chimiques et cancérigènes, élaborés par le nord ? On ne pourra plus dire que l’on ne savait pas alors…
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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La tomate marocaine « plus sure » ? Les Espagnols contre-attaquent

La concurrence de la tomate marocaine sur le marché européen continue d’être controversée parmi les agriculteurs espagnols. D’autant plus que la Commission européenne vient de trancher en faveur des tomates marocaines, et ce en termes de qualité. Dur à accepter pour les Espagnols… Une simple phrase, qui a causé beaucoup d’émoi parmi les agriculteurs espagnols : « La tomate marocaine est plus sure que l’espagnole », a affirmé le 14 mars John Clarke, Directeur des Affaires Internationales de la Direction générale de l’Agriculture de la Commission Europénne (CE). Depuis, les réactions fusent. Dernière en date : celle de la Coordination des organisations d’agriculteurs et les éleveurs d’Espagne (COAG), qui a demandé à la Commission européenne, jeudi 24 mars, une rectification publique de ses « déclarations mensongères ».
Selon Andrés Góngora, responsable de l’organisation des fruits et légumes, « il est honteux qu’un membre de la CE dise que les tomates marocaines soient plus sures que les espagnoles. C’est totalement faux. Le nombre de violations sanitaires des tomates du Maroc n’est pas comparable à celui de l’Espagne, en tenant compte du volume de tomates provenant de chacun des deux pays. »
La COAG a également évoqué l’alerte sanitaire provenant du système d’alerte sanitaire de l’Union européenne, note-t-on sur le site de l’organisation. En effet, dans une ligne d’épicerie en Pologne, du procymidone aurait été détecté dans les tomates marocaines. En réponse à cela, Georg Haeusler, Chef du cabinet du commissaire de l’agriculture, a entrepris d’analyser l’intervention du représentant de la Commission au sein du comité du Parlement européen sur l’agriculture et de rectification si vous avez fait des déclarations inexactes.
Tout au long de cette semaine, les réunions se sont multipliées, entre la COAG et des députés et représentants de la CE, pour discuter du renouvellement de l’accord UE-Maroc. Bien qu’ayant reconnu les risques que représente cet accord pour le commerce agricole espagnol, la Commission ne semble pas mettre en cause le bienfait de l’accord pour les deux parties. Les agriculteurs espagnols se consolent en partie avec les délais nécessaires pour la ratification. En effet, la campagne agricole 2011 ne devrait pas être affectée par le nouvel accord.
Ristel Edimo. Yabiladi.com
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Petit agriculteur nouveau ou les héros de la terre au Maroc
10.3.2011 par admin.

A l’heure du Plan Vert au Maroc, qui organisera les petites exploitations pour gérer au mieux le marché de la production agricole, à l’heure des importantes coopératives d’Etat qui apportent la technocratie entre les sillons des champs, d’autres initiatives nouvelles émergent en parallèle. Après avoir vu les résultats des industriels de l’agriculture en Europe, où les clients se sont bien sentis eux aussi prisonniers des belles théories, voilà que le nord encouragerait, certainement par crainte de tout un ensemble à venir en occident, le retour aux petites structures agricoles.
Le mouvement écologique, mais encore plus la crise occidentale, révèlent que de nombreux individus s’en retournent aux origines du monde ou de l’assiette, la terre nourricière, en visant même les très petites exploitations. C’est vrai que la crise vide les frigidaires mais n’apporte pas de solution de remplacement, si ce n’est les bonnes paroles économiques pour demain, donc indirectement pour les consommateurs. La crainte du changement, de la hausse des matières premières de base, la vache folle et le poulet aux hormones, sans parler des produits chimiques, sans parler de l’apocalypse qui pourrait chapoter l’ensemble, tout cela irait donc bien à l’inverse du mouvement évolutif émergent des pays qui entrent dans une production de masse, en oubliant eux aussi que la tomate avait un goût.
“Auprès de mon arbre, je vivais heureux”, ou “Que la montagne est belle”, deux chansons qui se rappellent à nous parfois rapidement, avant de ne pas faire les erreurs des autres. Les exemples de victimes qui le disent et le démontrent sont visibles pourtant. A l’heure où tous les parents rêvent de l’enfant prodigue plus technocrate en revenant de son université, diplôme en main et ne sachant pas vraiment quoi en faire, le sujet mérite réflexion désormais pour son avenir.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Agriculture locale
Premier marché de la terre
Le rendez-vous des petits producteurs agricoles avec les consommateurs sera organisé par Slow Food Maroc du 10 au 12 juin à Rabat.
«Vous êtes des héros». C’est en ces termes que Carlo Petrini, président-fondateur de l’ONG Slow Food de défense de l’agriculture locale, s’est adressé aux deux jeunes, un Américain et une Marocaine, les deux seules personnes à avoir répondu par l’affirmative à la question posée à la salle : «Qui parmi vous souhaite revenir travailler la terre?» M. Petrini, qui a présenté mardi dernier une conférence sur le thème « Slow Food : politique alimentaire en Méditerranée» à l’Institut scientifique de Rabat, a exhorté les pouvoirs publics à soutenir les petits agriculteurs et les jeunes ruraux, qui sont de plus en plus tentés par l’immigration vers les villes.
A défaut, la relève agricole ne serait pas assurée. A l’appui de ses propos, il a cité l’exemple de son pays, l’Italie, où, après la Seconde Guerre mondiale, les agriculteurs représentaient 50% de la population et aujourd’hui, ils ne sont que 3%. Le défenseur des produits de terroir s’est dit aussi préoccupé par la perte de valeur des produits agricoles. A cet effet, il a parlé du prix de l’huile d’olive extra-vierge en Italie… et que, par ailleurs, quelque 4.000 tonnes de produits agricoles sont jetés quotidiennement dans les poubelles, alors que de plus en plus de personnes meurent de faim dans le monde. Combattre l’injustice, c’est aussi dénoncer les quelque 80% des subventions agricoles européennes accordées aux grands producteurs, alors que les petits paysans n’en reçoivent que 15%. « Nous travaillons sur la création de la version européenne de notre grand événement mondial de la défense du terroir, Terra Madre, qui se déroule tous les deux ans à Turin. Avec cette initiative, nous souhaitons déployer un lobbying à la Commission européenne de Bruxelles à l’instar de la grande distribution», a-t-il souligné.
Dans le collimateur de ce défenseur du savoir ancestral agricole, les cinq multinationales de l’agroalimentaire, dont Monsanto, qui contrôlent 70% des semences mondiales et les firmes étrangères qui accaparent progressivement des millions d’hectares en Afrique au détriment des villageois. Aujourd’hui, l’agriculture intensive a réduit la fertilité de la terre via l’utilisation des produits chimiques, qui, à leur tour, polluent l’eau et tuent la biodiversité. Pour sortir de cette crise, selon M. Petrini, il faut changer les mentalités et cesser d’être des consommateurs passifs en devenant des co-producteurs. Comment ? « En demandant des informations sur ce que nous mangeons », a-t-il répondu.
Pour ce qui est du projet des 1.000 jardins potagers (scolaires, familiaux, communautaires, etc.) en Afrique, lancés par Slow Food en octobre dernier et dont 50 seront réalisés au Maroc, les premières démarches ont été entamées entre Slow Food Maroc et la délégation régionale de l’éducation à Témara.Pour faire rencontrer directement producteurs et consommateurs, Slow Food Maroc organisera le premier marché de la terre du 10 au 12 juin à l’esplanade Mahaj, quartier Ryad à Rabat. Cette date correspondra également à la réunion du Conseil international de Slow Food au Maroc. Les marchés de paysans «Farmers Markets» sont devenus une réalité. Aux Etats-Unis, le premier marché de ce genre a été créé en 1995 à Chicago et aujourd’hui, il en existe 8.000 à travers le territoire américain.
La tribune des sans voix
Slow Food est une association créée en 1989 en Italie par Carlo Petrini. Elle compte plus de 100.000 membres actifs dans le monde. Ses sièges nationaux se trouvent en Italie, en Allemagne, en Suisse, en France, aux Etats-Unis, au Japon, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas mais grâce à ses activités et ses nombreux projets, elle rassemble des millions de personnes sur tous les continents. Terra Madre (Terre Mère) est le nom de ce grand réseau d’acteurs qui travaillent afin de mettre en place un modèle « bon, propre et juste » de production et de consommation alimentaire : des producteurs alimentaires durables, des éducateurs engagés dans les projets de jardins pédagogiques et de cantines, des universitaires, des chercheurs, des experts, etc. Le rapport entre Slow Food et Terra Madre correspond à l’image d’une couverture en patchwork: Slow Food et ses membres constituent la trame, Terra Madre et ses communautés de la nourriture sont ‘’les morceaux colorés” de tissu coloré. Ensemble, ils forment une vaste chaîne, dont les composantes sont interdépendants, qui offre une tribune à celles et ceux que personne n’écouterait individuellement.
Par Rachid Tarik | LE MATIN
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