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Archive pour 16.7.2010
Associatif ou “Tatawo” au Maroc ? Qu’en est-il sur le terrain ?
16.7.2010 par admin.

Volontaire et/ou bénévole, ou comment aborder le domaine associatif au Maroc.
S’il reste des choses à faire en de nombreux endroits, faut-il tout attendre des autres ou de l’état ?
Le secteur associatif est une grande possibilité pour chacun de s’investir et même à terme de créer une structure utile, voire de permettre à son ou ses créateurs de pouvoir vivre la tête haute de ce travail, au même titre que tout autre entrepreneur, sous réserve d’une gestion transparente et d’objectifs clairs face à tous. Il ne faut pas voir au départ l’associatif comme une porte de sortie personnelle ni financière, mais bien avoir en soi une volonté de faire, d’aider, de créer, de réunir, pour ensuite tous ensemble s’y retrouver.
Un secteur qui réclame des buts arrêtés, bref une politique éthique bien déterminée dès le départ, pour ne pas dire gravée dans le marbre comme des commandements. Qu’en est-il et que voit-on plus couramment en ce secteur, qui reste encore flou pour beaucoup, sans direction précise pour les uns, sans organisation pour d’autres, un simple moyen pour d’autres buts moins humanistes et donc plus égoïstes parfois…
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Blog: http://legroupement.com
Site: http://legroupement-agadir.com
Service Investissement Seniors/Privés/Professionnels:
http://legroupement-agadir.com/le-groupement-conseil/
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http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=116&id=136501
Mouvement associatif
Le bénévolat et le volontariat sur la mauvaise pente
Des failles inhérentes surtout à l’éthique et au mode de fonctionnement des associations, rendent l’apport des bénévoles et des volontaires peu valorisant et valorisé.
Force vive du pays, le mouvement associatif au Maroc est en pleine expansion. La dernière décennie a vu un foisonnement sans précédent des associations civiles, tous domaines confondus. A l’heure actuelle, on estime entre 30.000 et 50.000 le nombre des associations existantes au Royaume. Par voie de conséquence, les bénévoles et les volontaires, chevilles ouvrières de l’associatif, sont sollicités à large échelle par les associations pour couvrir leurs besoins croissants en ressources humaines. «Cette tendance s’est renforcée après le lancement de l’INDH, le 18 mai 2005 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Les associations sont ainsi devenues des partenaires essentiels, institutionnalisés et siègent dans les organes de gouvernance de cette initiative tant au niveau local que provincial et régional», précise Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, dans un atelier de présentation des résultats de l’étude sur «l’engagement bénévole et volontaire des jeunes et l’action associative au Maroc», tenu récemment à Rabat. Malgré leur rôle déterminant dans la vie et la survie des associations et, par ricochet, de la société civile, ces deux formes d’engagement citoyen n’ont fait l’objet auparavant d’aucune étude approfondie. Les rares travaux de recherche qui ont été conduits sur ce sujet étaient soit du ressort d’organismes étrangers comme le PNUD, soit le fruit d’efforts individuels, notamment de chercheurs et d’étudiants dans le cadre de thèses ou de mémoires soutenues. Dans les deux cas de figure, ces recherches n’étaient que fragmentaires et ne reflétaient pas donc fidèlement l’état des lieux de l’engagement associatif. Par conséquent, on relève un manque de données sur ce sujet, ne serait-ce que par rapport au nombre des personnes engagées dans des associations au niveau national. Le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, a été donc le premier à défricher ce terrain largement méconnu. De prime abord, son étude se penche sur la définition des concepts. C’est que, dans le langage courant, les termes «bénévolat» et «volontariat» sont employés indifféremment et abusivement pour désigner la même chose, à savoir «une activité libre et non rémunérée». D’autant plus qu’en langue arabe, un seul mot «tatawo’» sert à indiquer à la fois le bénévolat et le volontariat. Il en va de même pour l’anglais où un terme à double sens «volunteer» est employé pour désigner ces deux formes d’engagement associatif. Or, il s’agit de deux notions différentes à bien des égards. Par définition, le bénévole est une personne engagée de son plein gré dans une activité non rémunérée au service de l’intérêt général et qui travaille au sein d’une organisation formelle, généralement une association, mais qui ne bénéficie d’aucun statut légal. En revanche, le volontaire, engagé lui aussi dans une activité «socialement utile», travaille dans un cadre formalisé et dispose d’un statut reconnu sans pour autant être soumis à un contrat de travail.
Contrairement au bénévole qui travaille de manière désintéressée et paye même de sa poche pour accomplir ses missions, le volontaire tire bénéfice de son engagement. Ce bénéfice peut être d’ordre matériel, sous forme d’indemnité ou de prise en charge, comme il peut être d’ordre moral, en termes surtout de satisfaction et de valorisation personnelle, de reconnaissance légale sous forme de statut ou d’expertise. De quoi dire que le volontariat se situe à la charnière du bénévolat et du salariat. Pour résumer, le bénévolat est un don de soi, tandis que le volontariat est un don contre don. Autre différence essentielle, le volontaire est non seulement amené à effectuer les tâches que lui confie l’association, mais il a également une obligation de résultats, puisqu’il exerce dans un cadre institutionnel et soumis à des lois. Par contre, le bénévole n’a de comptes à rendre à personne et n’a aucune obligation de résultats à part celle qu’il s’impose personnellement ou que l’association a préalablement fixée.
Ce sont autant de différences sensibles qui peuvent servir à tracer les limites entre le bénévolat et le volontariat. Cela dit, ces deux types d’engagement présentent des caractéristiques communes et invariantes. Le travail bénévole et volontaire est foncièrement un travail non obligatoire que la personne exerce de son libre choix et qui n’est pas soumis à un contrat de travail. C’est aussi un travail non rémunéré, qui rend service à la communauté (qualité de vie, éducation, santé, environnement…) et qui est exercé dans le cadre d’une structure légitime.
Notons bien qu’au Maroc, le terme «volontariat» n’est entré dans l’usage qu’après l’indépendance, précisément en 1957, lorsque des milliers de jeunes ont donné un bel exemple de patriotisme en participant à la construction de «Tariq Al Ouahda» (route de l’unité) qui visait à jeter les ponts entre les zones sous occupation française et celles sous occupation espagnole. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et le volontariat est devenu de nos jours une activité plus ou moins structurée, menée par une catégorie bien précise de la population. Le profil du volontaire, tel que dressé par l’étude, montre une forte dominance des jeunes (entre 22 et 30 ans), ayant en moyenne un niveau d’éducation Bac+3 et qui sont en quête d’emploi. Par contre, les seniors, âgés jusqu’à 65 ans sont une minorité et sont d’une formation spécialisée (agronomes, vétérinaires…) qui leur permet d’accomplir des missions ponctuelles. Cette tendance s’inverse dès qu’il s’agit du bénévolat. Celui-ci est pratiqué majoritairement par les seniors, généralement des cadres d’administration et des enseignants et qui occupent traditionnellement les postes de décision au sein de leurs associations respectives.
On en distingue 3 types, selon le degré d’engagement. Ainsi, on trouve des bénévoles très actifs engagés à plein temps dans les activités de l’association, ceux qui participent à des actions occasionnelles sans vraiment s’impliquer dans la vie de l’association, et d’autres qui ne participent qu’à titre temporaire au fonctionnement de l’association, notamment en prenant part à des événements nationaux et locaux, à des journées thématiques, etc. Quant aux jeunes, surtout ceux en chômage, ils intègrent grosso modo les associations pour le même motif, à savoir s’enrichir sur le plan professionnel et se sentir d’une certaine utilité pour la société. Souvent, ils ne s’engagent qu’à moyen et court terme. Mais leur vie au sein de l’association n’est pas d’habitude un long fleuve tranquille. En effet, l’étude relève un certain nombre d’éléments qui mettent des bâtons dans les roues de ces jeunes militants, qui les démotivent et qui font, par conséquent, que le bénévolat et le volontariat se trouvent «en essoufflement» au Maroc.
Ces éléments se rapportent notamment aux pratiques associatives en vigueur qui, il faut le dire, ne sont pas toujours saines. En premier lieu, l’étude signale le peu d’importance qu’attachent les associations à leur référentiel éthique. Rares sont les associations qui définissent clairement les engagements éthiques de leur personnel. Même si des valeurs et des principes fondateurs sont parfois déclinés, ils restent encre sur papier et sont peu présents dans le quotidien des associations. Résultat : le climat est propice au développement de pratiques déviantes, de malversations, surtout que les associations communiquent très peu sur la gestion de leurs ressources financières. Pour remédier à ce problème, le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité a demandé un audit financier de ses associations partenaires. Cependant, «force est de reconnaître que, jusqu’à présent, ces initiatives relèvent davantage du vœu pieux.
Très peu de mesures cadrant l’action associative ont été mises en place jusqu’à ce jour», remarque l’étude qui considère que la transparence est le «maillon faible» de l’éthique associative. En deuxième lieu, le manque d’organisation interne de la plupart des associations est on ne peut plus frustrant pour les jeunes bénévoles et les volontaires y travaillant. Lors d’entretiens réalisés avec eux, ils déploraient l’ambiguïté des rôles qui leur sont assignés, ainsi que de ceux assignés aux autres. Bien souvent, ils n’ont pas voix au chapitre et ne participent pas à la prise de décision qui se fait d’ailleurs dans l’urgence et l’improvisation. Par-dessus-le marché, leurs activités au sein des associations ne sont pas documentées et leur impact ne fait l’objet d’aucune capitalisation.
Ce qui revient à dire, pour reprendre l’étude, que l’apport de ces jeunes bénévoles et volontaires reste «peu visible, peu valorisant et valorisé» et, pire encore, il «s’apparente à l’exploitation d’une main d’œuvre bon marché», toujours selon l’étude. Le manque de vision stratégique à moyen et à long terme, voilà une autre faille dans le mode de fonctionnement de beaucoup d’associations. Certaines fonctionnent dans l’anarchie totale, sans détermination de leurs programmes de travail, de leurs besoins et de leur positionnement.
Il se peut très souvent qu’elles changent de bord au gré des opportunités de financement qui se présentent. De ce fait, « les financeurs deviennent les décideurs quant aux secteurs d’activité à développer et ce, en fonction de leurs seuls centres d’intérêts», fait remarquer l’étude. Dans la plupart des cas, les jeunes bénévoles et volontaires ne sont pas informés de ce changement dans les orientations stratégiques de leurs associations. D’ailleurs, nombreux sont les bénévoles/volontaires interrogés qui affirmaient que les tâches qu’ils étaient amenés à faire n’avaient rien à voir avec les missions pour lesquelles ils ont été recrutés. Si on ajoute au compte la procédure de recrutement peu minutieuse et l’environnement peu accueillant dans lequel vivent les bénévoles/volontaires nouvellement recrutés, l’on peut comprendre pourquoi les jeunes éprouvent de plus en plus de la désaffection vis-à-vis de l’engagement associatif.
Il est grand temps donc de réconcilier ces jeunes avec l’associatif et de faciliter leur intégration et leur exercice au sein de leurs associations, pour que «le bénévolat altruiste et militant» ne soit plus «l’apanage que d’irréductibles cinquantenaires pleinement engagés», pour reprendre l’étude.
Recommandations
Dans la perspective de promouvoir l’engagement associatif au Maroc, y compris le bénévolat et le volontariat, l’étude émet plusieurs recommandations. En premier lieu, elle appelle à clarifier et à vulgariser les droits et responsabilités des bénévoles et des volontaires à travers notamment des guides précisant les conséquences de l’engagement et les responsabilités des structures d’accueil. Il faut aussi, d’après l’étude, accorder un intérêt particulier à la dimension formation, à travers le financement de formations organisées au profit de leurs membres. L’étude recommande également de développer les outils de gestion du bénévolat et du volontariat (recrutement, accueil, accompagnement, valorisation de l’apport et suivi ». De même, il est indispensable d’initier une pratique de tutorat des jeunes bénévoles pour les guider, les encadrer et les familiariser avec leur nouvel environnement.
Et enfin, il faut tenir compte des aspirations, des choix et des potentiels en matière d’activité du bénévole/volontaire afin qu’il se sente plus impliqué.
Par Meriem Rkiouak | LE MATIN
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