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Archive pour 29.6.2010

“Mahmoud Pyongyan” : Blanchisserie de génération en génération.

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Plus blanc que blanc ne signifie pas transparence pour autant, surtout quand la Chambre de Commerce et d’Industrie du Maroc soulève le drap sale. La lessive existe, la mise en œuvre aussi, mais reste l’application qui ferait défaut. Le libéralisme voulu ne fait que salir les draps en rejetant le savon de l’un à l’autre, chacun sachant bien le rattraper avant de le renvoyer. 

Le secteur implicite, même à haut niveau, semble même être un adoucissant pour le fonctionnement général des affaires. Pourtant pas si compliqué d’enrayer la machine si une volonté existe réellement. Ce qui a été fait en bas peut se faire plus haut, comme le dit un intervenant, «Et pour cause, l’escalier se nettoie par le haut».

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http://www.leconomiste.com/article.html?a=101220 

Fraude, corruption et blanchimentComment protéger l’entreprise contre le fléau ? 

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· L’arsenal juridique est là, mais les résultats font défaut

· En cause, l’impunité et le manque de dénonciation

Impunité et déficit de dénonciation, telles sont entre autres les circonstances aggravantes de la corruption. Le constat a été dressé mercredi dernier lors d’un débat organisé par la Chambre du commerce international du Maroc (CCI). Et le fléau, pour ne pas dire la pandémie, ne cesse de prendre des proportions inquiétantes surtout dans le monde des affaires. Champ souvent occulté aux détriments de la petite corruption qui met en équation le citoyen ordinaire et les agents administratif et communal.

 

Pourtant, «la corruption transactionnelle est partout présente et prend parfois l’allure de l’huile dans les rouages», dira Abdesslam Aboudrar, le président de l’Instance centrale de prévention de la corruption (Icpc). A tel point que d’aucuns n’hésitent pas à l’assimiler à de l’impôt. Si bien que l’ampleur du phénomène est plus ressentie dans les économies de rente, les gros marchés de l’Etat, le BTP, l’armement, les autorisations d’implantation et les concessions de services publics. En somme, les grands secteurs où évolue l’activité de l’entreprise. Au Maroc, les marchés publics représentent 15% du PIB et le secteur du BTP réalise 80% de son chiffre d’affaires grâce à ces marchés. A l’échelle mondiale, les chiffres laissent pantois. «Les dernières estimations du pactole généré par la corruption portent sur 2.000 milliards de dollars», signale Jean-Pierre Méan, expert international anti-corruption. C’est plus que le PIB de tous les pays à l’exception des cinq premières grandes puissances.
Alors comment protéger l’entreprise contre les risques de corruption et de fraude? C’est la grande question soulevée par le débat de la CCI-Maroc.

 

Il n’empêche que «sa formulation s’avère inappropriée», fait remarquer un intervenant. Car l’entreprise ne subit pas le phénomène de corruption et encore moins celui de la fraude. Bien au contraire, elle se trouve au centre de la mouvance du système. D’abord, de par ses relations avec le secteur public. Dans les transactions qu’elle réalise ensuite avec ses partenaires privés. Enfin en son sein même, du fait des conflits d’intérêts qui se créent. Collusions entre syndicats et chefs d’entreprises, forte différenciation entre salaires, achats, financements et recrutements, autant de sources qui attisent ces conflits. «Et l’absence, libéralisme oblige, d’un encadrement légal ne fait qu’exacerber la situation», relève Abdessamad Saddouq, président de la Commission éthique et déontologie de la CGEM. Du coup, les conséquences sont considérables: fragilisation de l’image à l’externe et perte de cohésion en interne. Plus grave encore, l’entreprise peut se trouver dans une «situation de compétitivité a contrario», estime Aboudrar.

Pour immuniser sa propre entreprise, le management n’a d’issue que la bonne gouvernance. Mais encore faut-il s’imprégner du devoir d’exemplarité. «Et pour cause, l’escalier se nettoie par le haut», rappelle le président de l’Icpc. Mais pour le reste, il ne peut qu’appuyer les mouvements pour la moralisation ou encore militer pour l’assainissement du secteur où évolue son activité. Le tout passe par le tissu associatif. D’où le déficit en termes de dénonciations. Phénomène qui s’aggrave encore plus face à l’impunité qui semble constituer la règle bien que certains cas de flagrante fraude et de corruption soient étayés par des instances aussi sérieuses que la Cour des comptes et l’Inspection générale des impôts. Pourtant, le Maroc a enregistré d’importantes avancées en ce qui concerne la mise en place d’instruments juridiques de prévention de la corruption et l’appropriation de certaines conventions internationales dédiées. Il a ainsi mis en place l’Instance centrale de prévention de la corruption, adopté la loi relative à la déclaration du patrimoine et amendé le code pénal en vue de protéger les personnes dénonçant tout acte de corruption. Sans oublier la loi contre le blanchiment d’argent sale et la révision du décret relatif à la passation des marchés ou encore la ratification en 2007 de la convention de l’ONU. En somme, tout le dispositif légal pour mener de front la lutte contre le triptyque: fraude, corruption et blanchiment. Mais, à en juger par les résultats, beaucoup de chemin reste encore à faire.

A. G. 

Régression  

L’indice de perception de la corruption tel que calculé par Transparency International place le Maroc presque au milieu des 180 pays étudiés. Il occupe la 89e place, selon les dernières évaluations de cette instance après avoir été 46e puis 79e. Certes, le mode de calcul de cet indice n’a rien de scientifique mais il se base sur les rapports de certaines institutions financières internationales des plus crédibles. L’Europe du Nord demeure la plus propre et au bas de l’échelle, il y a surtout les Etats en faillite. Mais entre les deux extrêmes, de nombreux pays développés sont gangrenés par le fléau.

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