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Archive pour 10.5.2010
Trafic “d’Eau de vie” au Maroc, ou histoire d’eau.
10.5.2010 par admin.
Vol d’eau au Maroc, la police veille…

Si le pétrole est recherché de plus en plus profondément dans le sol, bientôt ce sera l’eau de vie qui sera cotée en bourse à sa place. H2O qui nous tombe dessus en quantité depuis un temps, qui remplit et fait déborder les barrages, mais qui se cache dans le sol, devient cause de convoitises et de trafic ou une problématique au détriment du collectif. La fille du puisatier fait envier de plus en plus.
L’évolution de la conscience est-elle parallèlement proportionnelle à son développement matériel ? C’est une question que l’on peut se poser parfois quand un développement très rapide dans des pays engendre non pas le positif recherché d’un côté par ce développement, mais les conséquences et les inconvénients qui arrivent sans se faire attendre en soulevant les dossiers.

En somme, un développement apporte souvent un retard par ailleurs, quand tout n’est pas cerné et surveillé dès le départ, surtout quand certains hommes suivent ce développement sans trouver les possibilités techniques pour y répondre, et quand d’autres savent en profiter à titre personnel. Chacun voit sa source à sa porte quand le robinet et le compteur officiel n’arrivent pas encore, ou lorsqu’ils deviennent insuffisants au flot de l’intérêt attendu… Le Souss-Massa-Draa, région agricole par excellence mais aussi terre de soleil, bouge de plus en plus par le fait qu’il approvisionne désormais les marchés alimentaires européens.
La notion économique faisant partie d’un développement doit-elle pour autant faire grimper le prix des légumes et des fruits depuis un moment, et demain devrons-nous payer le verre d’eau offert avec le café en supplément, ou le café sera-t-il offert en commandant de l’eau ? Le pourboire de l’eau en plus pour le serveur…
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Souss-Massa-Draâ : L’anarchie des forages de puits
· 2.000 puits autorisés sur 17.000
· 76 machines de forage saisies par la police des eaux
· Près de 900 PV d’infraction émis

Pour les forages de puits dans la région du Souss-Massa-Draâ (SMD), la loi 10/95 applicable partout au Maroc est claire. Elle prévoit l’octroi de deux autorisations aux demandeurs. L’Agence du bassin hydraulique du SMD donne l’autorisation de creusement, et l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA), l’autorisation de prélèvement lorsque celui-ci se fait à l’intérieur de sa zone d’activité. Une responsabilité partagée donc. Dans le périmètre urbain, la commune urbaine peut aussi émettre un avis que les responsables de l’agence peuvent accepter ou refuser selon les cas. Par ailleurs, à l’extérieur de la zone d’activité de l’office, il y a toujours deux autorisations, mais délivrées par l’Agence du bassin hydraulique. La réglementation est on ne peut plus précise là-dessus.
Seulement, dans la pratique peu d’usagers respectent cette loi. Ainsi, dans la région du Souss-Massa-Draâ, sur les 17.000 puits existants, seulement 2.000 ont été autorisés. De petites entreprises de forage n’hésitent pas à travailler clandestinement sans aucune autorisation, participant ainsi au détournement illégal des ressources hydriques. Constituées en réseau, ces «entités» répondent aux demandes motivées par le manque de ressources en eau à cause de la sécheresse et par le besoin de sauver les récoltes. Conséquence: une véritable anarchie s’est installée. Un véritable scandale dans lequel sont impliqués différents acteurs dont les autorités locales, les conseils élus, les associations professionnelles…
Pourtant, et soucieux de la préservation et du développement des ressources hydriques du Souss, les pouvoirs publics avaient initié une convention cadre qui a été signée en 2007. Elle s’articule principalement autour de la recherche de ressources alternatives, de la valorisation de l’eau et de l’interdiction de forages de nouveaux puits à part dans le cas de l’obtention des autorisations nécessaires. Les cas qui peuvent être étudiés, entre autres, concernent l’approfondissement d’un forage ou le remplacement d’un autre fermé.
Pour assurer le contrôle et faire respecter la loi, une police des eaux a même été créée. Depuis le début de son activité, elle a saisi et mis à la fourrière 76 machines de forage, sondes et compresseurs. Elle a aussi dressé quelque 900 PV d’infraction, sachant que pour un PV, il faut payer au tribunal 20.000 DH. Sont ainsi punis par la loi et le propriétaire et l’entreprise qui procède aux travaux de forage illégal. «L’objectif des instances régionales est de combattre le creusement illicite et de sauvegarder l’existant», précise un responsable de l’Agence du bassin hydraulique.
La loi 10/95 stipule dans son article 38 que «le seuil de prélèvement d’eau dans la nappe souterraine est fixé pour chaque zone sur toute l’étendue de la nappe par arrêté du ministre chargé de l’Equipement sur proposition du directeur de l’Agence du bassin hydraulique concernée, basée sur une étude technique relative notamment aux aspects hydrologiques et hydrogéologiques de la nappe, aux utilisations des eaux de la nappe et à la qualité de ces eaux». Grâce aux pluies que la région du Souss a enregistrées cette année, la nappe phréatique a remonté de deux mètres jusqu’à trente mètres par endroits, mais c’est provisoire. En effet, il faudrait plusieurs années de pluies pour qu’elle remonte de manière durable. Il faut notamment signaler que les arrêts de pompage durant la période allant de décembre à février ont permis d’économiser près de 200 millions de m3.ProcédureDepuis 1998, une possibilité est offerte. Elle consiste à régulariser la situation des utilisateurs qui doivent déclarer les points d’eau existants pour bénéficier des autorisations nécessaires. Mais peu de gens se sont manifestés. Un délai supplémentaire de trois ans, sur la période 2009/ 2011, a été accordé, mais la mise en application d’une circulaire claire demande encore réflexion. La procédure est difficile à maîtriser surtout que des usagers peuvent déclarer des puits construits récemment comme étant creusés de longue date.Fatiha NAKHLI leconomiste.com
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