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Archive pour 11.4.2010

“Il est cinq heures, Agadir s’éveille…” avec ses bonnes, et les mendiantes de la propreté des autres.

En sortant très tôt le matin, alors que certains sont encore à quelques heures d’entendre la sonnerie du réveil, vous les verrez dans les rues d’Agadir. Les derniers festifs rentrent à cette heure très matinale des boîtes de nuit encore ouvertes, le maquillage des filles sans joie coule sur leurs yeux à l’arrière des taxis, et les seules ombres vivantes qui descendent de la banlieue, à pied, un sac plastique comme seul compagnon, commence la journée dans l’espoir. Quand elles ont un patron ou une patronne elles s’estiment moins malheureuses, sinon pour d’autres, la mendicité du travail commence alors. Même à ce niveau, l’intérim existe, avec ses lois implicites, ses problématiques quotidiennes diverses offertes sans retenue par la société, celle d’une autre époque, mais d’une nouvelle qu’elles ne peuvent pas suivre.

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 http://www.leconomiste.com/article.html?a=99653

Agadir: Comment encadrer les femmes de ménage

· Un projet pour mettre fin au travail des petites filles

· Une enveloppe budgétaire de près de 4,5 millions de DH

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DÈS 7 heures du matin, elles commencent à affluer vers l’avenue des FAR et l’Avenue Cheikh Saâdi, leur lieu de prédilection pour trouver un travail pour la journée. Un lieu communément appelé «Moukef». Des femmes de différents âges s’y rassemblent dans l’espoir de se faire remarquer par un client, lui-même en quête d’une femme de ménage pour un jour. Mais, ces clients se font de plus en plus rares et malgré tout, elles ne désespèrent pas de dénicher un travail même de dernière minute pour ne pas rentrer chez elles les mains vides.
Installées sur le trottoir ou à l’ombre d’un arbre, leur attente est souvent longue, parfois, inutile.

«Cela fait vingt-quatre ans que je travaille au Moukef, dit cette quinquagénaire. Toute ma vie j’ai trimé pour assurer une pitance à ma famille et à moi-même. Avec ce que je gagne, je ne demande pas à vivre…juste survivre». La vie n’est pas facile, en effet, pour ces femmes, pour la plupart analphabètes, sans formation, qui ne savent rien faire d’autre que le ménage chez autrui. A 100 DH la journée en moyenne, il est difficile pour elles de joindre les deux bouts, surtout que l’offre de travail ne se présente pas chaque jour. Vivant dans des conditions de vie précaires et venant pour la plupart de la périphérie d’Agadir, elles ont du mal à assurer leur transport le soir, quand elles rentrent bredouilles.

Des statistiques réalisées par l’Association Attanmia almostakbalia et oeuvres sociales ont fait ressortir tous les risques auxquels s’exposent ces femmes en quête de travail: violence, agression verbale ou physique, vol, viol, non paiement de dû… Ceci, en plus de l’aspect saisonnier du travail. En effet, le Moukef est plus ou moins rempli de femmes proposant leurs services selon que le travail dans les serres et usines de poisson, d’emballage… est disponible ou non. Un dernier recours constant en quelque sorte. L’étude a aussi montré que les clients hésitent de plus en plus à avoir recours à elles à cause du manque de garantie, la confiance de principe n’étant plus de mise.

L’association, en partenariat avec l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) a crée le projet Al Wafa qui propose de former et d’encadrer les femmes de ménage. Alphabétisation, entretien ménager, éducation sanitaire, hygiène, couture, broderie… sont quelques-unes des formations dispensées. Pour celles qui le désirent, car il y a celles qui résistent. «Assister à ces formations ne nous rapporte pas de quoi payer loyer et factures d’eau et d’électricité», affirme l’une d’elles. Un constat partagé par d’autres.
Par ailleurs, ces femmes sont le plus souvent tourmentées par un souci. «Les autorités nous demandent de ne pas nous installer ici, sur l’espace publique, dit cette femme, mais où veulent-elles qu’on aille? Nous ne décamperons d’ici que pour aller au centre que SM le Roi Mohammed VI a inauguré pour nous».
Le projet social en question, le premier du genre au Maroc, concerne la construction d’un centre de formation pour les femmes de ménage afin de structurer leur activité et de leur offrir une formation continue. Ce centre, qui s’étale sur une superficie de 700 m2 se trouve au quartier Charaf, dans la zone même où s’installent ces travailleuses à la journée. Financée par la Fondation Mohammed V en partenariat avec la Fondation du Sud, sa réalisation nécessitera une enveloppe budgétaire de près de 4,5 millions de DH pour la construction, la finition et l’équipement de la structure. Il sera livré fin 2010. «Les critères de sélection seront très stricts», précise Driss Bouti, secrétaire général de la Fondation du Sud.

Formation«LES personnes qui seront encadrées par le Centre de formation pour les femmes de ménage doivent s’organiser en coopérative et présenter un profil irréprochable, sans antécédents judiciaires. Nous nous devons d’être à la hauteur de la confiance du client qui fera appel à nos services», indique Bouti.
Le centre se présentera comme une coopérative de services, entre autres, ménage, cuisine, baby-sitting, buanderie… En somme, des Activités génératrices de revenus (AGR). Il sera géré par une association qui chapeautera les différentes coopératives qu’il regroupe. «Il est important de souligner que le centre a été crée pour faire un frein à l’embauche de la petite fille», souligne Bouti. «C’est le projet de la ville entière et tout le monde doit participer à sa réussite».
Les pouvoirs publics envisagent dans l’avenir d’élargir cette expérience à d’autres villes du pays. Ainsi, les femmes de ménage n’auront plus à répondre aux demandes des clients dans la rue mais par le biais d’une structure dans le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.
De notre correspondante, Fatiha NAKHLI

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