Calendar
décembre 2009
L Ma Me J V S D
« nov   jan »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  
Catégories

Le paradoxe MRE / ERM ou qui sont les MRE ?

passeport1-fr-eu.jpg passeport-maroc.jpg passepor-mondial.jpg

Le terme MRE concerne au premier abord les Marocains Résidant à l’Etranger, au même titre que les ERM sont les Etrangers Résidant au Maroc. Si cela semble évident pour les ERM, cela l’est moins pour les MRE.

MRE par-ci, MRE par-là, chacun utilise ce terme global bien que mouvant depuis des années au point que l’on ne sait plus qui est qui, eux-mêmes y perdent le nord et le sud, si nous pouvons jouer sur les mots.

Mais qui a intérêt à vouloir trop rapidement déclassifier les MRE en de multiples catégories statistiques plus représentatives de la réalité ? Un émigré marocain à l’étranger est effectivement un MRE par sa nationalité évidente. Un Marocain de seconde ou de troisième génération est autant marocain qu’européen ou “bi-étranger” par les acquis obtenus dans son nouveau pays ou “second pays” selon chacun. Les Marocains de la quatrième génération et de la cinquième arrivant, nés à l’étranger et ayant leur nationalité en ces autres pays, entrent-ils encore dans cette catégorie ? Certes qu’en ajoutant les conceptions de binationalité possibles et en interrogeant les premiers concernés personnellement, il semble bien qu’eux-mêmes soient autres que des MRE et ce de plus en plus par leur culture générale présente, certains revenant au pays de leurs ancêtres, premiers MRE effectifs, qui par l’âge eux aussi deviennent de plus en plus rares.

Combien de jeunes en Europe “issus par les ancêtres” d’un autre continent, connaissent-ils le Maroc ou le Maghreb, non pas géographiquement ou historiquement par leurs aînés, mais par un fondement culturel personnel en eux inexistant ? A l’heure des débats en Europe la plupart réclament bien une reconnaissance plus profonde de leur personne comme d’une culture européenne dans laquelle ils sont tombés depuis leur naissance d’où des conflits de générations en famille avec les aînés. La question étant plus étendue pour tout le continent africain et non seulement au Maroc.

La preuve, nous entendons parler désormais “d’intégration” de ces MRE qui retourneraient au pays. Le fameux débat de l’intégration en Europe qui exaspérait des jeunes issus du Maghreb pendant des années va-t-il se répéter au pays de leurs origines ou plutôt de celles de leurs parents et grands-parents ? Une association nouvelle nommée RIDM qui se met en place au Maroc parle elle aussi maintenant de MRE, mais à “intégrer”. Pourquoi ce terme puisqu’ils seraient chez eux d’office au Maroc….! Tout en parlant ensuite paradoxalement d’une “Diaspora”….(voir l’article ci-dessous)

Qui sont les MRE ?

Lesdits MRE nouveaux qui débarquent plus comme des touristes chaque année à Tanger et à Ceuta ont de plus en plus la carte d’identité et le passeport européen en poche. Il y aurait, selon les chiffres, eux aussi très mouvants selon les finalités de chacun, environ 4 millions desdits MRE, plus les autres. Mais que met-on statistiquement dans ce chiffre global ? Pas vraiment de chiffres qui donneraient une autre vision plus objective de ces Marocains ou de ces Européens….

Le Maroc utilise ces chiffres, les associations diverses aussi, mais dans quel but ? Nous avions déjà abordé cela dans un autre sujet sur nos pages, notamment par le mouvement Daba2012 qui désire que les MRE dans le monde entier puissent être représentés politiquement au Maroc, ils s’organisent en ce moment dans cette optique en voulant être présents devant les urnes du pays prochainement en 2012. 4 millions de voix ou de voies ayant une vision culturelle bien autre et des intérêts personnels, loin d’un pays, cela peut raisonner tout autrement pour le Maroc où beaucoup ne se déplacent plus devant le parterre politique présent…

http://legroupement.com/2009/11/14/les-mre-ne-sont-pas-des-pions%e2%80%a6ou-un-autre-echiquier-en-forme-durne-pour-daba2012/

Certes si les intérêts qu’ils représentent économiquement désormais sont bons pour un pays, ils attendent démocratiquement en retour le droit de s’exprimer, afin de ne pas se sentir des “vaches à lait”, qu’ils soient en Europe ou au Maroc.

C’est là que les paradoxes divers se mélangent de plus en plus entre droit(s), identité(s), nationalité ou binationalité, culture(s), intérêt national et individuel, par deux pays où l’on ne chercherait que le meilleur des deux, devant la problématique des états aussi bien en Europe qu’au Maroc. Qui est Marocain, qui ne l’est pas, qui est Européen ou qui ne l’est pas ? A l’heure où certains sortent le débat d’identité nationale au nord et où le Maroc appuie fermement le nationalisme devant les divergences de certains sur d’autres sujets sensibles, il semble bien qu’objectivement ces questionnements doivent être posés devant ces grands mouvements modernes des populations. Des gens qui aiment le nord pour ses possibilités économiques, comme des gens du nord qui descendent au sud pour échapper aux difficultés elles aussi économiques maintenant, la donne mondialisée économique change et forcerait doucement des frontières à s’ouvrir. Des échanges de plus en plus économiques ne peuvent ensuite qu’inviter les hommes à s’ouvrir et à accepter l’union, au moins un point positif de l’économie…faute de savoir faire l’inverse avant.

Rejetés hier par les uns et les autres socialement, attirés ou repoussés selon des intérêts économiques qui priment désormais par faute d’une crise mondiale qui, si elle s’aggrave, verrait demain un retour de plus de 4 millions de MRE aux portes de Tanger ! Un danger social inversé qui les inviterait demain à rester où ils sont…

Les chiffres sont utilisés par les uns et les autres mais chacun se garde bien de classifier l’unique chiffre annoncé des MRE, “les Multiples Résidant à l’Etranger“….

——————————————-

 http://www.bladi.net/reseau-international-diaspora-marocaine.html

Un réseau pour les MRE s’installe au Maroc

Un Réseau international de la diaspora marocaine (RIDM) a été lancé lors d’une rencontre à Casablanca le 26 novembre sur “Le retour au Maroc : du mythe à la réalité”.

Ce réseau promet d’apporter aide et expérience aux Marocains résidant à l’étranger désireux de revenir vivre au Maroc, afin de permettre à ces derniers une intégration plus facile.Une “Maison de la diaspora” sera également créée et devrait être opérationnelle en 2010 selon Jamal Belahrach, président du RIDM. Cette maison servira de lieu de rencontre pour les MRE s’installant au Maroc.

Laisser une réponse

Vous devez être connecté pour envoyer un commentaire.