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Archive pour 6.12.2009

Les “petites bonnes” au Maroc face aux “grandes mauvaises” sociales, culturelles et économiques…ou Cosette à réactualiser ?

Monsieur Victor Hugo, revenez…! Cosette est à réactualiser… 

cosette.jpg hugo-v.jpg

     Les petites “bonnes” du Maroc font souvent la une de l’actualité, mais pas souvent dans le sens attendu de leurs avantages ou défenses et intérêts. Nous ne sommes pas ici dans un secteur qui concerne des adultes mais des enfants. Un problème de société et surtout de culture, semble-t-il, issu d’us et de coutumes bien plus anciens hérités d’un certain esclavagisme culturel sur le continent.  

     Certains pays seraient plus en avance socialement parlant sur ce sujet, comme la Tunisie par exemple, où ces emplois seraient plus structurés, où ce secteur de main d’œuvre de base serait plus organisé et respecté, où même les employeurs auraient des problèmes pour recruter la fée du logis. Une tout autre organisation qui en contrepartie exploiterait différemment, via des agences de placement qui abuseraient aussi des demandeurs. Déplacement de profits ou structuration d’un segment de marché comme c’est nommé maintenant… 

     Le Maroc aurait encore un grand pas à faire avant de sortir ce problème de sa société, qui par la seule volonté des décideurs ne sera pas réglé de sitôt. Se référencer en se basant sur les ONG ou le développement des institutions scolaires dans les campagnes semble être un engagement de longue durée, pénible, qui ne changerait pas les mentalités parfois ancestrales, remplacées ou renforcées par celles plus économiques désormais.  

     Le problème semble prendre en compte les jeunes filles de moins de 15 ans, mais il ne semble pas pour autant que les jeunes “femmes” de plus de 16 ans voire 18 et plus, qui ressemblent physiquement à des gamines sans guère plus d’instruction souvent, soient mieux loties que leurs jeunes sœurs. Si les lois existent et de plus en plus grâce à la volonté du Roi Mohammed VI envers la gente féminine, au grand regret moins officiel de la majorité de ces Messieurs il faut le dire, ces derniers s’inclinent plus devant la volonté royale que devant un système réellement contrôlé et maîtrisé administrativement. 

     Quand la CNSS annonce 2 millions d’assurés pour autant non répertoriés qui oeuvrent dans le pays (ce qui ne fait encore que 4 millions de travailleurs sur 32 millions de Marocains…!), quand les lois du travail font toujours sourire les employeurs, mais discrètement quand le sujet est abordé, quand vous entrez et vous sortez aussi vite d’un emploi sans autre forme de procès, lui aussi inutile, et en espérant au moins être payé en échappant parfois à l’insulte ou le pied aux fesses… faudrait-il mettre un inspecteur derrière chacun ou un policier, bien que derrière ces derniers il en faudrait parfois un second….alors de la à ce que la dernière roue sociale “la Cosette connection” soit assurée d’être prise en main efficacement, il reste un très grand travail de forme pour anéantir le fond de la problématique pour aider ces petites Cosette impuissantes et bien seules face aux Ténardier, comme dirait ce brave Victor Hugo. Mais si la volonté de légiférer sur des sujets comme celui-ci est louable, une étape première, la réalité sociologique réserve des surprises et aussi d’autres aspects non soulevés.  

     Que des gamines soient envoyées directement par les parents comme une solution de rentabilité familiale n’est plus à cacher. Sans oublier tout un secteur intermédiaire dans certaines grandes villes afin de placer ces petites mains et surtout afin de récupérer pour les familles au bled les maigres gains que ne voient pas les premières concernées, filles qui finissent parfois indépendantes à la majorité acquise, ou en cas de rébellion dans ces villes, parfois encore plus bas directement dans les rues où pire les attend. Si d’autres ont plus de “chance” de se retrouver dans des familles plus respectueuses du genre humain, où elles ne mangent pas que les restes des maîtres ni ne couchent sur le carrelage des cuisines ou comme cela s’est vu l’été directement sur le balcon…la majeure partie des conditions sociales et réglementaires ne sont pas entièrement respectées. Mais venant des campagnes où déjà le Smag, le Smig agricole, est inférieur de 30% par rapport au salaire minimum en ville, n’est-ce pas déjà reconnaître officiellement une infériorité dans le travail, voire la création d’une caste dont la problématique serait intouchable ? Mais qui paie déjà aussi ce Smag à tous les travailleurs agricoles transportés chaque matin dans les champs, de la même manière que les moutons de l’Aïd ? 

     Les plus “chanceuses” qui viennent moins des bleds mais plus des abords des villes et des villes elles-mêmes maintenant sont celles qui ont fait des études, enfin jusqu’à 15, 16 ans ou plus jusqu’à un pseudo bac raté d’avance. Elles savent mieux se défendre ou disons mieux par elles-mêmes recruter le couple idéal d’étrangers, où les relations relèvent davantage du donnant donnant. Le gîte et le couvert sont assurés à l’européenne, les heures de travail respectées ainsi que le Smig, celui de la ville. En Tunisie elles sont nommées les “couchantes“. Que le terme ne prête pas à confusion, il s’agit du personnel qui a son domicile dans les familles en continu. Quoiqu’à la limite parfois….la suite arrive… Ces couchantes ne sont pas plus à plaindre parfois, et peuvent même être quasiment de la famille selon certains dires, une approche avec ses limites par un mur de pouvoir économique toujours présent bien qu’invisible, sauf par le tablier blanc. 

     Vous avez ensuite les “bonnes conquérantes“, les plus intelligentes ou les plus “renardes” qui désirent, elles, faire carrière et monter les échelons de la hiérarchie, en entrant dans la holding par la petite porte avec le balai, tout en visant le bureau tout en haut, le PDG de la maison directement, et le terme de couchante prend alors toute sa dimension après quelques mois ou années, quitte par leur charme et surtout leur jeunesse à évincer très vite la première dame de la société. Combien de couples européens sur ce continent ont ainsi terminé leur association officielle faite devant Mr le curé en laissant entrer chez eux un second fruit défendu…une hourrie aux grands yeux noirs qui mène ensuite le monsieur, mais devant le Kadi.

     Mais quand elles ont affaire à un “Jean Valjean” célibataire ou seul par son histoire de vie, qui pourrait être par l’âge le père, limite le grand-père aussi, alors là c’est la cerise sur le gâteau sur un plateau d’argent, le sésame vers un passeport européen qu’elles visent pour ensuite. Sinon c’est l’évolution sociale ou plutôt économique directe en restant au pays. Et elles embauchent ensuite une petite bonne, classe sociale nouvelle oblige… 

     Des Ténardier exploiteurs des leurs au gentil couple d’étrangers jusqu’aux parfois naïfs Jean Valjean de passage, il est bien de connaître toute l’histoire des petites Cosette du Maroc ou d’ailleurs, mais avec l’œil plus réaliste d’un Hugo réactualisé. Un phénomène contraire aux valeurs du Maroc, oui mais lesquelles, maintenant que les valeurs du pays sont mondialisées ? L’évolution sociale des jeunes filles est-elle vraiment inscrite dans les consciences des hommes du Maroc culturellement, ou demain les plus jolies continueront-elles, faute de carrière inexistante sur le marché, à rechercher le beau mariage, notion encore très présente dans la plupart des familles, des parents, même chez les plus instruits et les plus riches ? 

     D’un juge qui se fait prendre comme Ténardier dernièrement, faisant la une de la presse, accusant ensuite sa femme et divorçant d’elle afin de sauver ses meubles et son image, à cette femme qui gagne 3000 Dh + 4000 Dh avec son mari et qui vous dit sur un blog Internet ne pas s’en sortir financièrement au Maroc en dénonçant les bas salaires qui les exploiteraient, et dévoilant ouvertement sans plus de conscience son budget dans le détail dans lequel se trouve la “Cosette de service” d’où l’on devine mathématiquement qu’elle est exploitée par des exploités…font que la loi face à la culture et la tradition, sans parler de la conscience, restera une volonté pour encore un bon moment, devant la demande et l’offre ou l’intérêt de chacun. 

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http://www.lematin.ma/Actualite/Express/Article.asp?id=124107 

domestique.jpg

  Pour l’éradication du travail domestique des petites filles

et du calvaire quotidien qu’elles subissent.

(Photo : www.aujourdhui.ma) 

Travail des jeunes filles

Un phénomène contraire aux valeurs du Maroc 

Le travail domestique des petites filles est un phénomèe non citoyen et contraire aux valeurs démocratiques et religieuses et aux orientations du Maroc nouveau, qui vise la mise en place d’une société moderniste et démocratique, a souligné vendredi à Chichaoua, Nouzha Skalli, ministre du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité. 

«L’éradication de ce phénomène, qui constitue une violation flagrante des droits de l’enfant, puise sa philosophie dans les Hautes Orientations Royales, les nobles valeurs civilisationnelles, religieuses du Royaume, les différents engagements pris par le Maroc à l’échelle internationale, les opportunités offertes par l’INDH et dans le Plan d’action national pour l’enfance (Pane) pour la période 2009- 2015», a ajouté Mme Skalli lors d’une table ronde organisée sous le thème «Pour une dynamique locale pour éradiquer le phénomène du travail domestique des petites filles». A l’occasion de cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre d’une journée de sensibilisation pour l’éradication du travail domestique des petites filles, Mme Skalli a fait savoir que ce fléau, qui reste en partie lié à la pauvreté, peut engendrer de graves problèmes sociaux, telles que la problématique des mères célibataires, la mendicité, la délinquance juvénile ou encore la toxicomanie.La ministre n’a pas manqué de saluer, à cet égard, les efforts déployés par le Royaume en matière de protection de l’enfance contre les différentes formes de violence, notamment en matière de promotion de la scolarisation, et particulièrement celle de la petite fille en milieu rural.Elle a, également, passé en revue une série de mesures et d’actions prises pour lutter contre ce phénomène, rappelant que certaines études ont démontré que le travail des enfants n’améliore en rien la situation sociale des familles.Elle a, en outre, déploré l’absence de données fiables sur ce phénomène, la rareté des associations disposant d’une expertise de haut niveau en matière de prévention et de prise en charge et la méconnaissance des lois en vigueur, principalement le faible ancrage de la culture des droits de l’enfant.

Dans le cadre des efforts entrepris pour la mise en place d’une stratégie nationale d’éradication du travail domestique des jeunes filles, le ministère du Développement social a déposé auprès du Secrétariat Général du Gouvernement, un projet de loi criminalisant le travail domestique des petites filles âgées de moins de 15 ans, a fait savoir la ministre.

«Ce projet de loi novateur ambitionne d’éradiquer ce phénomène d’une manière qui marque une rupture avec les pratiques du passé et pénalise l’ensemble des auteurs de cette forme de violence : famille, employeurs et témoins», a dit la ministre, plaidant, dans ce sens, en faveur d’une large mobilisation sociale orientée vers l’abolition radicale du travail des fillettes.

Le gouverneur de la province de Chichaoua, Abdelfattah Lebjioui a, de son coté, indiqué que les interventions de l’INDH ont permis d’atteindre des résultats positifs notamment pour ce qui est du soutien des familles nécessiteuses pour la scolarisation de leurs enfants, ce qui, a-t-il dit, leur évite de s’orienter directement vers le marché de l’emploi.

M. Lebjioui s’est, en outre, félicité des efforts permanents déployés par les autorités provinciales, notamment en matière de renforcement des infrastructures d’accueil et de lutte contre la déperdition scolaire dans le but de promouvoir la scolarisation des jeunes enfants, en particulier, des filles en milieu rural, mettant en exergue l’implication effective des associations locales agissantes en matière de protection de l’enfance et d’éradication du travail domestique des jeunes filles.

Le gouverneur a, dans ce sens, passé en revue une série d’actions menées au niveau de la province pour la protection des droits de l’enfant, plaidant dans ce sens en faveur de la mise en place d’un Observatoire provincial de lutte contre le travail domestique des jeunes filles.

Par la suite, l’assistance a été conviée à suivre des exposés sur le bilan de l’INDH au niveau de Chichaoua, notamment pour ce qui est du volet lié à l’enfance, sur l’action des associations locales agissant dans ce domaine, outre un exposé sur les efforts accomplis par le ministère de l’Education nationale en matière de promotion de la scolarisation des enfants et de la fille rurale.

A l’issue de cette rencontre, il a été procédé à la constitution d’un comité local de vigilance et de suivi concernant le phénomène du travail domestique des jeunes filles.

Initiée par le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, cette journée de sensibilisation pour l’éradication du travail domestique des petites filles s’insère dans le cadre de la mise en œuvre du plan stratégique 2008- 2012 du ministère, notamment les actions de renforcement des capacités des structures et des acteurs de proximité dans le domaine de la protection de l’enfance en général, et plus particulièrement, la lutte en vue de l’éradication du travail domestique des petites filles.

L’objectif de cette rencontre est de définir les leviers d’action à travers les bonnes pratiques identifiées dans le domaine de la prévention et de lutte contre ce phénomène et d’identifier les axes d’un programme d’action provincial en la matière. Par MAP

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