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Gros investisseurs au Maroc. La grande porte de Rabat ou les petites entrées de service locales ?

La guerre des chefs et des intérêts privés bloquera-t-elle l’avancement du Maroc malgré l’énorme potentiel ?

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Un pays qui se développe et se clame depuis dix ans dans cette démarche, mais alors qu’est-ce qui empêche des projets de naître au grand jour parfois ? Agadir, ville balnéaire, certainement une des villes touristiques les plus connues et même la première bien avant le boum du tourisme du Maroc. La station terminus de nombreux étrangers ne serait-elle vouée qu’à devenir une grande maison de retraite ou de tourisme de masse l’été ?

Les projets qui meurent dans l’œuf sont souvent ceux qui sont mal couvés par diverses mères couveuses. Attirer les investisseurs avec des tonnes d’arguments pour ensuite les faire fuir par des habitudes locales non adaptées aux attentes internationales n’est qu’une source d’énergie brûlée qui peut coûter très cher à terme, pas seulement financièrement mais au regard de l’image d’une ville, d’une région, du Maroc.

A l’heure où les promoteurs courent d’un salon de l’immobilier à l’autre en Europe afin de vider leurs stocks  et pour ne pas baisser les prix, où les agences de développement du tourisme mettent des moyens en jeu pour aller chercher jusqu’à leurs portes les touristes des prochains objectifs, il conviendrait au préalable de supprimer les herses invisibles qui empêchent d’entrer dans certaines villes.

Des investisseurs qui souvent entendent les chants qui fredonnent “clients”, “touristes”, et qui les confineraient dans ce seul registre de payeurs, et qui lorsqu’ils expriment “investissement”, soit “part de marché local à partager” inquièteraient plus les décideurs et certains intérêts plus particuliers selon les régions.

Ne nous cachons pas la vue par l’Atlas, la démarche d’ouverture, à Rabat, des deux battants de porte d’un Palais vers le monde extérieur ne serait en certains endroits du pays qu’une petite porte de service qui sur certains secteurs économiques reste même fermée et très protégée malgré le discours National et la volonté Royale.

Agadir, comme bien d’autres villes, ne manque pas de potentiel puisque les chiffres annoncent tous un plus en nombre. Plus de touristes en 2009. Plus de création de projets en 2009 selon le CRI. Oui, mais …! Moins de chiffres sur le bilan financier. Ô crise, que te voilà utile pour justifier chacun, alors qu’elle n’aurait pas touché vraiment le pays, dixit les mêmes, si ce n’est maintenant au travers de la compréhension des divers investisseurs étrangers qui savent mieux faire désormais la différence entre l’objet ou le service réel et le juste prix, même à quelques milliers de km de distance. C’est justement en cette période que le Maroc devrait lever le maximum d’intérêt pour la suite, alors que chacun au nord de la Méditerranée recherche par tous les moyens le rapport qualité-prix par un pouvoir d’achat promis chez eux et qui mettra désormais des années selon les experts, et les moins experts, à arriver.

La crise, oui, encore elle. De grands projets s’arrêtent au Maroc à cause d’elle, ou plus exactement à cause de l’éclatement de la bulle mondiale qui fait que les plus grands de ce monde retirent leurs billes, celles qu’ils n’ont plus ou qu’ils n’ont jamais eues, si ce n’est que sur des cadrans lumineux dans les bourses du monde. Dubaï suffit comme nom de ville pour ne plus viser en cette direction pour les prochaines années. Promoteurs espagnols … un autre nom qui résonne mal devant les clients européens et français qui se regroupent en associations de défense, s’étant fait flouer sur plans, au nord du Maroc …

Facteurs endogènes certes, mais pas seulement, d’après les analyses. Le temps ou la lenteur décourage des investisseurs, mais désormais ils se rendent bien compte que la bulle mondiale fait qu’en certains endroits du monde en développement, le principe de l’air en baudruche serait encore bien conservé, ce qui freine évidemment toute bonne volonté d’investissement très important par un statu quo actuel. Le débat présent de l’immobilier et du logement social entre promoteurs et l’Etat se suffit comme argument analytique ou comme mauvais exemple pour tous les étrangers qui désirent venir investir, principalement dans la construction (pourquoi ce seul secteur d’ailleurs …), avec ces mêmes acteurs du secteur.

Question de temps, 2010 jusque 2011 va nous répondre … et la régionalisation présentée en juin prochain serait éventuellement une première réponse … de Rabat.

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http://www.leconomiste.com/article.html?a=98421#loop

Agadir/Investissements
Beaucoup d’engagements pour peu de réalisations

· Baisse de plus de 67 % du montant global des investissements en 2009

· Annulation de projets touristiques


· Conjoncture, foncier, lenteurs administratives… à l’origine de la situation

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Agadir, chef-lieu du Souss, n’a pas été épargnée par la crise économique. Les retombées de la conjoncture difficile sont palpables sur, notamment, l’investissement dans la ville. Certes, le dernier bilan annuel du Centre régional d’investissement du Souss-Massa-Draâ (CRI) met en exergue une progression de 9% en 2009 des projets validés comparativement à 2008. Cependant, le montant global des investissements programmés en 2009, d’une valeur de 4,01 milliards de DH, reste en baisse de plus de 67% par rapport à 2008. L’an dernier le montant des investissements annoncés étaient de 12,47 milliards de DH (cf. www.leconomiste.com). Du côté des emplois, on retient, de même, une baisse avec 28.063 opportunités d’emplois en 2008 et seulement 5.885 emplois en 2009. Mais encore faut-il que ces prévisions se concrétisent.

Sur le terrain, la baisse de l’investissement dans la région est visible et la réalité c’est que les engagements sont nombreux mais le nombre de réalisations reste bien faible. Trop souvent, les projets validés par le CRI tardent à passer à la phase de réalisation quand ils ne tombent pas tout simplement à l’eau. Dans ce contexte, le dossier qui est resté en travers de la gorge de tous dans la région c’est bien l’arrêt du chantier de la future station de Taghazout (cf. www.leconomiste.com) car ce dossier porteur de milliers d’emplois directs et indirects, qui n’en est pas à son premier bide, représentait beaucoup plus qu’un projet de développement local. Aujourd’hui, le projet reste en stand-by et sûrement une des premières missions du nouveau ministre du Tourisme sera de le réactiver.

Un autre projet touristique, certes de moindre envergure, mais tout aussi important pour la destination a été aussi annulé en 2009. Il s’agit du projet touristique «Agadir Sky Center» (cf. www.leconomiste.com). Pour rappel, le projet consistait en l’aménagement d’un centre intégré de services et de loisirs programmé sur 64.000 m² dans la zone d’extension du barreau est-ouest sur un terrain domanial du chef-lieu du Souss. Il devait générer à terme 400 emplois environ. Mais il n’en sera rien. Les investisseurs, des Koweïtiens, ont été touchés par la crise financière qui sévit dans les pays du Golfe et le projet est tombé à l’eau.

Dans la ville d’Agadir un autre chantier ne verra pas le jour. Il s’agit du complexe d’exposition et d’animation dont le promoteur est la société Expo Media Agadir. Ce projet avait été présenté au Souverain en 2006. Les investisseurs avaient décroché en novembre 2008 l’autorisation de construire mais le projet a buté sur un conflit entre l’investisseur et un de ses partenaires dans la réalisation du chantier. Et les institutionnels de la ville, las d’attendre, ont fini par signifier la déchéance aux investisseurs quant à l’attribution du terrain. Mais le foncier est aujourd’hui grevé d’une pré-notation, donc le dossier reste en suspens.
Cette situation peu reluisante des investissements est-elle seulement le résultat aujourd’hui de la conjoncture économique? Pour grand nombre d’observateurs, il y a également des causes endogènes à la situation, tels les lenteurs administratives, le foncier… Malgré le grand nombre de terrains vides, le foncier disponible reste rare. Sur ce plan, il y a peu de visibilité. Les porteurs de projets ont du mal à trouver du foncier libre alors que la zone rassemble à la fois des terrains privés, domaniaux et des Eaux et Forêts. Mais le recensement des terrains disponibles est difficile à faire et la spéculation foncière a eu pour résultat que beaucoup de terrains ne sont pas valorisés alors qu’ils sont déjà attribués. Sur le Founty, par exemple, le taux de terrains vendus non valorisés est de 21%. Ailleurs, dans d’autres zones, ce n’est guère mieux, alors que de grandes entreprises sont à la recherche aujourd’hui d’importantes superficies pour l’implantation de grandes surfaces commerciales porteuses de nombreuses opportunités d’emplois. Dommage pour Agadir et sa région.


Divergences

DE l’avis d’opérateurs économiques, les divergences de position entre le wali de la région, Rachid Filali et le maire de la ville, Tariq Kabbage, quant au traitement des dossiers d’investissement, ont un impact très négatif sur le développement de l’investissement dans la commune d’Agadir. En janvier dernier, plusieurs dossiers sont restés en suspens lors de la commission de dérogation car le wali et le maire ne sont pas arrivés encore une fois, à s’entendre. «Ce sont plus d’une dizaine de projets d’investissement qui sont ainsi renvoyés aux calendes grecques car la commission ne se réunit pas souvent», déplore un observateur dans la ville.De notre correspondante,
Malika ALAMI

Triste bilan de la route au Maroc en 2009. Permis de conscience ou permis de tuer ?

Les années se suivent et se ressemblent au Maroc quand il est question de la sécurité routière. Les chiffres de 2009 ne font que souligner la nécessaire réforme du code de la route qui vient de naître en haut lieu et qui devrait commencer dès octobre 2010 à apporter des solutions.

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Les routes s’améliorent depuis des années, les points noirs accidentels répertoriés sont suivis. Comment expliquer 6,45% de décès en plus et plus de 18% d’accidents, en cette année passée, chiffre provisoire précise-t-on ?

Les infrastructures ne peuvent être mises en cause seulement. C’est bien un problème général concernant le code de la route, mais surtout le manque d’apprentissage sérieux pour d’une part déjà aborder cette théorie, tout en relevant le plus gros des défis, celui du comportement de chacun au Maroc, la civilité.

Passer réellement le permis de conduire et prendre conscience que sans cela l’on est de fait un danger public derrière un volant ou sur un deux-roues ne semble pas être une évidence pour la très grande majorité des chauffards. La facture finale de l’inconscience collective où chacun est concerné ne ferait qu’augmenter dans les années qui arrivent, la répression seule et les radars qui visent les gens à chaque virage désormais ne semblent pas être la réponse aux consciences mais bien aux caisses de l’état pour des infrastructures mais pas pour les solutions de fond.

Pourquoi parler de “nouveau” code de la route, pourquoi investir sur des routes des millions de Dhs chaque année qui ne changeraient rien ? Ne faudrait-il pas faire repasser le permis de conduire à tous, ou simplement le faire passer une fois enfin pour la plupart, et arrêter de distribuer, même plus officiellement qu’il y a quelques années, des permis de tuer ?

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http://www.yabiladi.com/article-societe-3643.html

Une année s’en va, une autre arrive, mais certaines mauvaises habitudes restent. C’est en tout cas la tendance confirmée par les statistiques des accidents des victimes de la circulation en 2009, présenté ce mercredi à Rabat. 

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Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et des Transports, a déclaré : “le bilan statistique provisoire des accidents et victimes de l’année 2009, en comparaison avec la moyenne des cinq dernières années (2004-2008), fait ressortir une augmentation inquiétante”. Inquiétante en effet, car avec près de 4000 personnes décédées cette année, le nombre a augmenté de 6,45% par rapport aux années précédentes, rapporte la MAP. De même, les accidents de la circulation ont, d’un point de vue global, augmenté de 18,67%.Il s’avère également que l’impact de ces accidents ne se limite plus aux vies humaines. Ces accidents coûteraient plus de 11 milliards de dirhams par an (2,5 % du PIB) selon les médecins et urgentistes réunis en mai dernier à Taza.

Un bilan de plus en plus lourd qui ne peut qu’étonner, lorsqu’on sait par exemple, que chaque année, le ministère de l’Equipement réalise des travaux dans 40 points en moyenne connus pour le nombre élevé d’accidents. L’hebdomadaire “La Vie Eco” révélait en juillet dernier qu’en 2007 et 2008, ces travaux avaient nécessité un investissement de 236 millions dirhams. La même source rappelait que “le traitement de ces points noirs à lui seul n’est pas suffisant en l’absence d’un Code de la route adapté”.

Espérons donc que le nouveau Code de la route censé entrer en vigueur en octobre prochain, portera rapidement ses fruits. De nouvelles mesures comme le permis à points, et le recours aux alcotests ou aux radars automatiques, devraient contribuer à une rapide résorption des accidents de la route, ceci en plus des campagnes de prévention qui se multiplient.

Yann Ngomo

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La situation il y a juste 6 ans…

http://www.telquel-online.com/111/societe_111.shtml

Nous rapportions, il y a quelques mois, la gravité de la situation des routes au Maroc. Une des principales mesures de lutte contre ce fléau aboutira ce 9 février 2004 avec l’entrée en vigueur de la nouvelle législation sur l’obtention du permis de conduire. Une loi introduit une procédure, dite informatisée, pour tester les connaissances théoriques des candidats. Malgré le délai de rigueur, l’entrée en vigueur de la loi n’est pas chose acquise. Deux problèmes de taille continuent de se poser. Ainsi, si plus de 60 centres d’examens dépendants de l’État ont été équipés avec du matériel informatique “hard” et “soft”, les auto-écoles, elles, n’ont pas suivi. Plus mystérieuse est la stratégie définie pour permettre aux analphabètes - qui le sont encore plus sur le plan technologique - de passer l’examen. À ce jour, les candidats apprenaient le code de la route et le restituaient par coeur. La nouvelle procédure veut donc en finir.

Le Maroc et les autres religions … Etat des lieux ou lieux des autres cultes ?

De quoi se plaindraient les autres approches spirituelles présentes dans le monde arabo-musulman et plus exactement au Maroc ? Serait-ce plus les approches religieuses en général qui feraient blocage que les esprits plus ouverts qui, eux, n’ont jamais eu de frontière intérieure, donc certainement point de limites extérieures vers l’autre ?

Est-ce au travers d’une construction architecturale et donc matérialiste que l’homme s’exprime envers ses semblables ?

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L’on s’ouvre ou l’on se ferme physiquement ou mécaniquement sur des symboles, sur des cultes, sur des représentations diverses, sur des fêtes annuelles, mais certainement pas sur le fait Universel qui, lui, jamais ne se plaindrait, même des hommes, sauf à leur répondre plus subtilement par ses rappels depuis toujours.

Exister ou co-exister, là est la question …

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http://www.afrik.com/article18579.html 

Les non musulmans au Maroc

Pas de quoi se plaindre

On se demande souvent quels sont les rapports entre la charia et le monde moderne. Au Maroc, elle a eu une influence sur la législation nationale, à commencer par le code civil et le droit de la famille, dans un sens essentiellement positif. Associée à la tradition de tolérance et d’ouverture de ce pays, elle a fourni au gouvernement marocain les fondements de la protection des droits des minorités religieuses qui vivent sur son territoire. Le roi Mohammed VI, qui est monté sur le trône en 1999, a pris la décision stratégique d’introduire des réformes démocratiques et de restructurer le système juridique afin que le Maroc puisse progresser vers une société inclusive et pluriconfessionnelle, plus proche des principes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), dont une partie est consacrée au progrès vers la liberté de conscience.

Par Mohsine El Ahmadi

Cette décision a débouché sur l’adoption par le roi en 2004 d’un programme officiel appelé “Reforme du champ religieux”, réforme dont il a ensuite délégué la mise en œuvre à Ahmed Taoufik, ministre des Habous (patrimoine) et des Affaires islamiques. Le but de cette nouvelle approche a été défini par le roi dans son adresse à la nation du 31 juillet 2009, dans laquelle il établit une distinction entre islam et politique.

Une exception est faite, cependant, s’agissant de son double rôle en tant que chef de l’Etat et Commandeur des Croyants, titre religieux hérité d’époques antérieures de l’islam et qui fait du roi du Maroc le représentant suprême tant des musulmans que des minorités religieuses de son pays. En conséquence, les articles 6 et 19 de la Constitution disposent que le roi est le protecteur de l’identité musulmane du peuple marocain, tout en respectant le libre exercice des cultes.

Le Maroc a une longue tradition de liberté religieuse, comme en témoigne la présence de son ancienne communauté juive. Cette communauté existe aux côtés d’une communauté chrétienne naissante. Poursuivant ses efforts pour affirmer la valeur d’une société pluraliste, le roi Mohammed VI a invité les citoyens de toutes confessions à s’inspirer de cette tradition, dans un message de septembre 2008 intitulé : “A la recherche de l’islam des lumières : l’âge d’or du monothéisme”.

Il est difficile de trouver des renseignements exacts sur la composition confessionnelle du Maroc. Selon le Pew Forum on Religion and Public Life, les musulmans constituent presque 99 % de la population. Selon les estimations, les chrétiens représenteraient moins de 1% et les juifs quelque 0,2%. La plupart des chrétiens sont des Européens ou des étudiants provenant de l’Afrique sub-saharienne qui travaillent et vivent dans de grandes villes comme Casablanca, Rabat et Marrakech. Selon les spécialistes, quelque 5000 Marocains se seraient convertis au christianisme dans les cinq dernières années, à la faveur du prosélytisme déployé par les chrétiens évangéliques et de leur influence auprès des jeunes et des pauvres.Toutefois, il n’existe aucune information officielle à ce sujet, l’administration ne recueillant aucune donnée religieuse dans ses recensements.

Respectant l’article 18 de la DUDH, selon lequel “Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion”, le Maroc compte 10 synagogues et 16 églises ouvertes, où juifs et chrétiens peuvent pratiquer leur culte publiquement et sans entraves. Les hindous et les bouddhistes ont aussi leurs temples à Rabat et à Casablanca.

La loi protège ces espaces religieux de toute violence.

Plus important encore, les lois autorisant la liberté de parole et de réunion et garantissant le droit de pratiquer tant en public qu’en privé sont clairement énoncées dans la Constitution et le Code Pénal, textes tous deux rédigés peu après l’indépendance du Maroc en 1956.

Les quelque 3000 chiites que compte le Maroc se réunissent généralement en toute liberté. Ils ont créé des organisations telles que l’Organisation des chiites marocains, l’association Attawassoul à al-Housseima, l’association al-Inbiaat à Tanger, et al-Ghadir à Meknès. Ils n’ont jamais rencontré de difficultés pour pratiquer leurs cérémonies publiquement.

Depuis longtemps déjà, les juifs pratiquent leur religion en toute sécurité dans leurs synagogues et lors de leurs pèlerinages périodiques aux autels de leurs saints dans tout le pays. La communauté chrétienne a pu ouvrir des églises, des écoles, des hôpitaux et des orphelinats sans ingérence du gouvernement.

Monseigneur Vincent Landel, archevêque de Rabat, déclare : “Les musulmans et les chrétiens coexistent dans la paix et la fraternité”. Bien que le prosélytisme actif auprès des musulmans soit illégal en vertu des principes islamiques, l’archevêque constate que ses ouailles jouissent de la liberté de culte. De plus, les mariages interreligieux sont autorisés, quoique seulement pour les hommes musulmans : les futurs époux des musulmanes sont censés se convertir à l’islam avant le mariage.

Le gouvernement s’efforce d’entretenir et de promouvoir des attitudes positives en matière de liberté confessionnelle. C’est cette coexistence pacifique entre les communautés religieuses que le Maroc souhaite perpétuer afin de donner un exemple positif aux yeux du reste du monde musulman.

* Mohsine El Ahmadi, professeur de sociologie à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, est actuellement Expert invité au Centre Prince AlWaleed Bin Talal pour la compréhension islamo-chrétienne de l’Université de Georgetown. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews), dans une série sur le droit islamique et les minorités non musulmanes.

Source : Service de Presse de Common Ground (CGNews), 22 janvier 2010, www. commongroundnews. org Reproduction autorisée

Finance, Bourse et Immobilier du Maroc : les intellectuels neutres de la finance accouchent d’une bulle localisée…

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Un juge partisan n’est pas la meilleure source d’information pour aborder l’immobilier quand toute forme d’intérêt personnel est en jeu, encore plus dans le cadre des finances, où les chiffres priment sur les lettres. Il suffit d’en parler à ceux autour de vous qui ont investi ou qui vivent plus ou moins par ce grand jeu spéculatif pour vite comprendre qu’ils vous parlent par parti pris, ou alors inconsciemment dans une vision positive afin de ne pas s’auto-inquiéter. “Par ce que vous possédez, vous pensez” pourrait-on dire pour faire court, psychologiquement parlant. Certains vous annoncent que le marché immobilier va encore gravir d’autres records demain, dépassant les prix élevés de ces dernières années. A supposer que l’apogée des prix n’ait pas encore été atteinte, dans une bulle qui, en fin de compte, n’annoncerait que de l’air en plus, qu’ils nous expliquent alors la raison du manque d’acquéreurs, pourtant bien présents, devant leurs propres attentes.

La crise de septembre 2008 qui fit s’écrouler le monde entier dans le secteur de l’immobilier semble avoir regonflé d’autres pays, mais pour combien de temps ? Ne pas vouloir perdre dure un moment, celui de sauver ses meubles, mais au final c’est tout le Maroc, tous les Marocains qui paieront la facture finale.

Nous lisons la presse, mais quelles personnes nos journalistes interrogent-ils le plus souvent, si ce ne sont celles qui ont le plus intérêt de ne pas voir trop rapidement les choses changer ? Quand rien ne bouge trop vite dans des changements attendus, vous pouvez vous dire qu’en fin de compte une majorité de décideurs et de profiteurs à tous les niveaux n’ont pas le désir de perdre quelque chose de personnel. Que ce soit politiquement, économiquement, ou personnellement selon la position de chacun dans une pyramide.

A chacun sa bulle ou son niveau de conscience dans ce qui se passe…

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Ainsi la langue de bois ou le politiquement correct prime par la forme plus que par le fond dans les articles et les déclarations des premiers intéressés.

Il serait bien que la presse s’intéresse, même ici le terme intérêt s’impose, un peu plus aux autres parties qui forment ”la société” face à certains secteurs comme ici l’immobilier, une fois de plus au menu du jour au Maroc. Un tagine qu’aiment beaucoup de gens et pas seulement à l’heure du déjeuner. Qu’entendons-nous dans la rue ou dans les salons privés après le vrai tagine partagé entre amis, et que lire avec plus de recherche de l’information quand la neutralité des analyses répond plus justement à un courant général qui flotte dans les airs, comme une épée de Damoclès qui attendrait son heure ?

Marrakech plus chère que les grandes villes d’Europe ? Quelques promoteurs forment la base du jeu du Monopoly ? Les banques se jouent du marché ? Que cela est au détriment du Maroc, donc du peuple ? Les plus gros profiteurs ne sont pas les quelques étrangers qui achètent mais les institutionnels marocains ? Ce n’est pas d’aujourd’hui que des gens neutres et objectifs le disent … Les journalistes se réveilleraient soudainement devant un vent contraire qui arriverait devant des conséquences que je vous laisse découvrir par ce rapport, sans intérêt comptable direct, mais très intéressant “en vérité” …

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http://www.yabiladi.com/article-economie-2276.html

Le Professeur Christian Clairviel, né au Maroc, Docteur en droit fiscal, enseignant à Paris (Arts et métiers) ainsi qu’à l’INSEE et à l’université Cherbrooke au Canada, vient de terminer une étude sur les secteurs financiers, boursiers et immobiliers au Maroc. Selon les (premiers) résultats ces trois secteurs connaîtraient une crise latente, assimilable à celle des subprimes aux USA, mais de stricte envergure marocaine.

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 L’étude a mobilisé pendant 18 mois une vingtaine d’étudiants d’école de commerce qui ont croisé des centaines de sources d’informations. FMI, petites annonces immobilières, publications légales des promoteurs immobiliers, projets d’urbanisme en cours, articles de presse… Ces données ont été croisées avec d’autres de dimension internationale.Au-delà du «constat» fait sur la dichotomie entre l’attente de logements dits sociaux (entre 140 000 Dh et 250 000 Dh) face à l’offre réduite, l’étude met en perspective qu’une ville comme Marrakech est désormais aussi chère que de nombreuses villes des pays riches.Entre les marchés des rumeurs, d’évaluations…généreuses de réserves foncières pour certains promoteurs, de spéculations, l’étude fait rejaillir que 10 promoteurs font le marché immobilier dit de référence au Maroc. «Mais en pratiquant la construction de chateaux de cartes !», indique notre source.

L’étude tend également à démonter que les institutions bancaires, s’inspirant du syndrome américain «Too big to fail», font porter finalement la responsabilité à la banque du Maroc (elle se chiffrerait à 150 milliards de Dh), prêteur en dernier ressort alors que celle-ci ne peut adosser ce risque en Crédit Default Swap (CDS) - assurance par laquelle l’établissement financier se protège du risque du défaut de paiement d’un crédit en payant une prime – sauf à compromettre la notation internationale du Royaume et de sa monnaie.

En outre, l’étude indique qu’à part certains individus pour qui l’argent n’a pas d’importance et certains spéculateurs anglais pratiquant la technique «achat-revente simultané» (Input-Output Overloap) ou quelques retraités européens, ce sont essentiellement des personnes physiques résidant au Maroc, et non des MRE, des professionnels de l’immobilier et (surtout) des acteurs institutionnels marocains qui entretiennent la (dangereuse) bulle.

Qu’en sera-t-il dans un avenir à court et moyen terme ? Trois scénarios sont envisagés par l’étude.

Primo : crise majeure à l’horizon 2015 susceptible d’anéantir pour une décennie la Bourse de Casablanca et des entreprises du BTP, renationalisation des banques, relance de l’informel, longue récession.

 

Secundo : crise sévère à l’horizon 2013 venant du tourisme, de l’immobilier haut de gamme et du commerce international si l’économie mondiale tarde à retrouver le chemin de la croissance.

Tertio : atterrissage en douceur qui supposerait que le Maroc adopte des mesures drastiques en 2010 au niveau de la réglementation avec une application sans…concessions.

Rachid Hallaouy

Maroc Immobilier. Une table de 363 convives nécessaire afin de servir le foncier et le social en plat principal. Il manque le dessert final …

Une bonne manière d’entendre tout le monde en même temps et de voir qu’entre l’hôte et ses convives, les tagines n’ont pas les mêmes épices, voire les mêmes recettes …

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Le foncier est un problème, le prix du foncier aux endroits où le logement social est vraiment attendu en serait la raison. Certainement par la faute des classes sociales les moins nanties … Bien qu’issus de cette catégorie, de nombreux Marocains sont entrés eux aussi dans le jeu de dupes en devenant des revendeurs, afin de faire gonfler les prix de l’immobilier partiellement dans ce social, imitant les plus gros acteurs de ce secteur. L’immobilier reste l’investissement le plus rentable au Maroc.

Néanmoins l’Etat et les acteurs de l’immobilier ne semblent plus chanter d’un même accord désormais, nous avions déjà soulevé ce manque de diapason depuis de nombreuses semaines. La diplomatie reste courtoise à ce niveau, mais sur le fond il va bien falloir que certains cèdent à un moment ou alors que Rabat tape plus fermement sur la table pour faire vibrer les briques, avant que le château de cartes ne s’écroule vraiment.

Dysfonctionnement, entend-on… Mr Toufiq Hejira, le Ministre de l’habitat, ne s’en cache pas lors de ses interventions diverses via la presse actuellement. Nous sentons bien que l’association Etat/Promoteurs joue une partition sur quatre rails, donc doucement vers deux voies pas toujours parallèles, même s’ils veulent tous rejoindre une même gare sans trop de dommages collatéraux.

Sauvetage ! Le terme n’est pas encore lancé pour l’immobilier par ces acteurs, bien qu’il sera certainement employé dans quelques temps devant une situation qui ne pourrait s’arranger que par des obligations envers certains, plus que par des volontés de renoncer à certains résultats financiers, du vendeur de foncier aux promoteurs, sans oublier même les clients à leur niveau qui spéculent plus qu’ils ne désirent se loger pour beaucoup.

Le social, parlons-en : “… Absence d’offre. Désintéressement. Prix inaccessible. Spéculation …” En réponse, vous entendrez hausse des terrains, du ciment et du fer depuis 15 ans. Restons vagues et généralistes, cela évite d’entrer dans le détail et la précision des vrais comptes. Vous n’entendrez jamais hausse des salaires des ouvriers ou des petits constructeurs à la base qui, eux seulement, vous donneront le détail des matériaux et des taux horaires, qui n’ont pas suivi ceux indiqués sur les plaquettes publicitaires commerciales au final.

1 million de logements “sociaux” en attente ! Soit 131.000 par an pour amortir la demande annuelle et le manque accumulé pour les dix prochaines années, voilà un programme pour relancer un secteur qui ferait pâlir de jalousie de nombreux autres pays en ce moment. Les clients attendent en masse à la porte, mais qu’est-ce qui faute ? Un début de réponse entre les lignes “… Maintenir des prix bas …” Les vilains mots que voilà pour beaucoup … Et si parler juste était une réponse ou une solution ?

250.000 dh le logement “Social”. En trouvant des facilités fiscales, c’est encore 140 fois le salaire minimum de cette classe sociale concernée, quand elle touche effectivement ce niveau de salaire … Soit 15 ans de remboursements (+ les intérêts et les frais) ou 2131 dh/mois et un prix final de 383.580 dhs si vous ne travaillez que pour rembourser la banque … Je vous laisse calculer avec précision et envisager votre projet de vie avec ce qui ne reste pas pour cela … sur :

http://www.creditimmobiliermaroc.com/

 

Certes, même à ce prix, ce ne sont pas les concernés socialement qui seront aux portes des agences des logements sociaux, à moins que la grille des revenus des Marocains soit différente de celle des statistiques et que le secteur économique informel soit pris en compte. Même des étrangers achètent chez Al Omrane des appartements. Il n’y en a plus aux guichets, mais en payant cash à l’étage ils vous en trouvent aussitôt … au point même qu’ils vous font des ristournes si vous avancez les paiements échelonnés au départ … un signe de manque de fonds …

Construire à 140.000 dh, cela revient dans les échanges, sur des terrains mixtes. C’est-à-dire en mêlant du social, du logement économique, et du standing, soit en clair faire financer le social par les autres clients. La solidarité par les autres serait une solution, sous réserve que le béton social ne soit pas caché sous quelques plaques de marbre dans l’entrée et reclassé aussitôt en économique ou en standing, comme ce qui se faisait ces dernières années …

Ajouter à tous ces “détails” : l’administratif qui tarde dans ses plans d’aménagement, la géographie du social, certes les moins riches travaillent aussi au plus proche des plus riches donc au même niveau du foncier … sans oublier le “NOIR” oui, oui, il en fut question, même que cela permettrait, pour certains, d’en faire un argument “d’autorégulation” du marché, faute de ne pouvoir gérer les mentalités … Restent les financeurs et banques qui, elles, analysent les mouvements dans un ensemble, et qui deviendraient frileuses par les risques, mais qui ne le serait pas devant ce qui se lit ici ?

Un point commun général ? Ce serait la crainte que l’état se retourne sérieusement vers de gros promoteurs étrangers, qui eux seraient capables de faire du logement social à juste prix tout en apportant des plus qualitatifs. Quand un BOUYGUES est capable de construire la plus grande mosquée du pays, n’ayons pas de doutes que sur le logement social au Maroc ces grandes entreprises étrangères coloniseraient le marché en totalité demain … Elles doivent d’ailleurs attendre d’un œil averti en ce moment en comptant les points, voire les heures prochaines …

2010 et 2011 seront deux années décisives pour l’immobilier de masse, mais dans quel sens pour le Maroc ? Pourtant les clients sont présents dans toutes les classes sociales, et attendent aussi désormais de voir pour mieux compter … Ou bien faites comme 60% des Marocains qui ont bien compris depuis des années les raisons, faites construire et gardez les marges pour vous …

Lisez notre article de demain, une analyse intéressante sur ce que nomment déjà certains analystes neutres ”une bulle marocaine …”

http://www.lavieeco.com/economie/15691-le-plan-de-relance-du-logement-social-sera-t-il-victime-du-manque-de-foncier.html

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Économie

Le plan de relance du logement social sera-t-il victime du manque de foncier ?


Si le plan permet de corriger plusieurs dysfonctionnements, il ne résout pas, selon les promoteurs, le problème du foncier à prix abordable
60% de la demande de logements porte sur le segment du social et 63% de la demande en logements sociaux concentrés dans cinq régions : Casablanca, Rabat, l’Oriental, Souss-Massa-Draâ et Marrakech
30% des crédits vont à l’immobilier, les banques plus vigilantes par crainte d’un risque systémique.

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C’est sans doute l’un des dîners-débat qui aura réuni le plus de monde, autour d’une seule table ronde, au cours des dernières années. Jeudi 21 janvier, le Royal Mansour de Casablanca réunissait Toufiq Hejira, ministre de l’habitat, Youssef Iben Mansour, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), Alami Nafekh Lazraq, patron du groupe Alliances et Ahmed Rahhou, PDG du Crédit immobilier et hôtelier (CIH), à l’invitation de La Vie éco. Promoteurs, notaires, architectes, fabricants de matériaux de construction, banquiers…, ce sont exactement 363 personnes qui ont fait le déplacement, intéressées par le thème du jour : «Immobilier, un nouveau souffle pour le secteur ?» 
Naturellement, le tout nouveau plan de relance du logement social a mobilisé le débat. Et c’est le ministre Hejira qui a ouvert le bal par une présentation complète du plan de relance du logement social tel qu’il a été approuvé en décembre dernier dans le cadre de la Loi de finances 2010. Mais avant de parler de la relance de ce segment, le ministre a commencé par expliquer les dysfonctionnements qui avaient stoppé net la production du logement social. «Dès le premier semestre 2009, nous avions commencé à constater les premiers symptômes de la désaffection, tels que la baisse de 30% de la production du logement social, l’absence totale de l’offre, le désintéressement du secteur privé qui s’est orienté vers d’autres segments» , souligne M.Hejira. Le ministre met également en avant les «écarts» constatés dans le prix de ces logements qui n’ont cessé d’augmenter pour devenir quasi inaccessibles, notamment pour la population cible. La spéculation y est naturellement pour quelque chose, mais les coûts de revient réels aussi : en moins de 15 ans, le coût du foncier a augmenté de 94% et même ceux du ciment et de l’acier, de 50%. Résultat : avec le manque d’incitation fiscales, le secteur n’était plus attractif.

Le manque global est estimé à un million de logements Or, si l’offre a baissé, la demande en logements au Maroc, elle, n’a pas cessé de s’accroître pour atteindre les 125 000 unités par année, dont 60% pour le logement social (70 000 nouveaux ménages sont à la recherche d’un logement social). «Durant ces dix dernières années, le déficit global en logements a atteint 609 000 unités (NDLR, le déficit global est d’environ 1 million de logements). En d’autres termes, nous sommes obligés de produire 131 000 logements par an dont 70 000 pour les nouveaux ménages et 61 000 unités pour résorber un dixième du déficit déjà existant», analyse M. Hejira. Ventilée par région, 63% de cette demande se concentre sur cinq régions, à savoir Casablanca, Rabat, l’Oriental, Souss-Massa-Draâ et Marrakech.Un plan sur dix ans, des avantages fiscaux et un ciblage verrouilléUne fois les difficultés diagnostiquées, le ministre de l’habitat s’est appliqué à présenter le dispositif de relance du logement social qui devrait, en toute logique, corriger les travers existants. Il faut d’abord savoir que le nouveau dispositif s’étale sur une décennie puisque les nouvelles mesures du logement social couvrent la période 2010-2020. «L’objectif est de donner aux promoteurs une visibilité sur 10 ans, ce qui devrait leur permettre de bien étudier leur investissement et de s’engager sans craindre un changement du dispositif», commente M. Hejirra. Par ailleurs, et pour corriger la distorsion existante entre coût de production et nécessité de maintenir un prix bas, les acquéreurs devraient se voir appliquer un prix sans TVA, ce qui ramènerait la valeur maximale du logement à acquérir à 250 000 DH au lieu des 290 000 DH environ que l’acquéreur devrait payer. L’Etat se chargerait alors de verser la différence au promoteur.
Ensuite, pour éviter la spéculation et les achats multiples faits par une seule personne,  l’acquéreur doit prouver qu’il s’agit d’une habitation principale et non secondaire. «Il s’agit du filtre qui conditionne désormais l’achat. Pour bénéficier du logement social et de l’exonération de la TVA, l’acheteur du bien immobilier devra s’engager à occuper le logement à titre d’habitation principale, pendant 4 ans au moins», explique le ministre. Cette condition sera garantie par une hypothèque sur le logement, consentie au profit de l’Etat. Dans le nouveau dispositif, le logement social est désormais présenté comme un appartement dont la superficie varie entre 50 et 100 m2. Cette superficie variable permet la réalisation de plusieurs produits selon l’offre et la demande qui changent d’un quartier ou d’une ville à l’autre. Quant au prix, il est variable avec un maximum de 250 000 DH hors TVA. Selon M.Hejira, «cette mesure a l’avantage de prendre en considération la variation importante du prix du foncier et le coût de construction à travers le territoire».
Les promoteurs ne sont pas en reste puisque le nouveau plan de relance permet à ceux qui produisent un seuil minimum de 500 logements sociaux d’être exonérés de l’IS/IR, taxe sur le ciment et taxes locales dans le cadre des conventions qui seront signées avec l’Etat durant une période de 5 ans. La réduction du seuil de production de 2500 (dans l’ancien système) logements à 500 «vise à intégrer dans cette nouvelle dynamique les petits promoteurs immobiliers, et assurer une meilleure répartition des programmes de logements sociaux sur l’ensemble du territoire», tient à préciser M.Hejira.

Du foncier public conditionné à l’engagement dans le programme des logements à 140 000 DHTout cela est-il suffisant pour la relance du secteur ? Si le plan paraît cohérent et de nature à corriger les dysfonctionnements, la question du foncier reste posée. MM Iben Mansour et Alami Lazraq ont lourdement insisté sur la question. Quelle disponibilité ? Réponse du ministre : «Il y a tout d’abord un stock de foncier public mobilisé, celui des 3 850 ha cédés par la Direction des domaines à Al Omrane». Or, pour en bénéficier, les promoteurs doivent également produire des logements économiques à 140 000 DH, et cela dans le cadre de programmes de logements mixtes, comprenant à la fois social, économique et haut standing, ce qui permettrait de faire de la péréquation. Les promoteurs sont-ils disposés à intégrer cette démarche ? «Quand bien même ils le voudraient, encore faudrait-il que l’emplacement de ce foncier corresponde aux régions/villes où la demande est la plus forte», fait remarquer, à juste titre, le président de la FNPI. Ces remarques auront fait réagir le ministre de l’habitat qui estime qu’en échange d’un foncier public à bas prix (600 DH/m2) les promoteurs immobiliers pourraient faire un geste et intégrer dans leurs calculs une partie des logements à 140 000 DH sur lesquels ils ne sont d’ailleurs pas perdants. «C’est un deal win/win», clame-t-il avant d’ajouter que «de toutes les manières, il y a également le foncier privé pour ceux qui ne seraient pas intéressés».
Mais, là encore, la partie n’est pas jouée d’avance ! «Le retard pris dans l’approbation des plans d’aménagement de plusieurs villes comme Casablanca nous empêche de trouver du foncier pour réaliser des logements. De plus, il existe plusieurs statuts juridiques du foncier au Maroc qu’il faudra unifier», argumente Youssef Iben Mansour. Selon lui, le succès du plan de relance dépend non seulement de la possibilité de mobiliser du foncier privé mais surtout de mobiliser davantage de foncier public et spécialement dédié au logement social.
Pour M. Alami Lazraq, PDG d’Alliances Développement Immobilier, même en trouvant ce foncier privé, la question du coût de revient du logement devient problématique. «Selon les chiffres présentés par le ministre, 50 % de la demande en logement social se concentre sur l’axe Kénitra-Rabat-Casablanca-El Jadida». Or, ajoute M. Lazraq, le prix du foncier tourne aujourd’hui autour de 1 500 DH le m2 dans cet axe, ce qui ramène l’impact du foncier à 100 000 DH par logement. Les 150 000 DH qui restent doivent servir à payer les études préliminaires, la construction, les frais financiers et à commercialiser le produit. «Ce qui veut dire que si la problématique du foncier n’est pas réglée, nous ne pourrons tout simplement pas produire des logements sociaux dans cet axe qui accapare la moitié de la demande» , renchérit M.Lazrak.
Le noir ? Question de mentalités M. Hejira, lui, reste convaincu qu’une offre supplémentaire en foncier permettrait d’en faire baisser le prix au mètre carré et appelle à la patience. D’ailleurs, ajoute-t-il, «nous avons annoncé il y a deux ans l’ouverture de 50 000 ha à l’urbanisation à travers le territoire national, certes des retards existent dans la mise en œuvre des plans d’aménagement mais c’est aujourd’hui une question de mois». A noter que le ministre a annoncé avoir entamé des tournées en vue de sensibiliser les autorités locales à négocier avec les détenteurs de terrains privés désaffectés en vue de céder leurs biens aux promoteurs.
Autre sujet soulevé et qui a d’ailleurs fait réagir des notaires parmi l’assistance : la pratique du noir. Si le nouveau plan du logement social, en rendant la transaction obligatoire devant le notaire, ambitionne de freiner quelque peu le fléau, le ministre reconnaît que le noir relève d’une problématique culturelle loin d’être cantonnée au seul secteur de l’immobilier et il estime qu’en dehors de l’évolution des mentalités, c’est surtout une offre abondante qui est à même de permettre au marché de s’auto-réguler.
Enfin, sur la question du financement, les promoteurs se sont inquiétés de la propension du secteur bancaire à être plus restrictif concernant l’octroi des crédits, notamment en matière de conditions et de taux.  
Ahmed Rahhou, PDG du CIH, reconnaît que le secteur a été plus vigilant, mais cela est normal, juge-t-il. «Quand on a un secteur qui représente 30% de l’encours des crédits, cela peut présenter un risque pour le banquier. Il est donc légitime, pour sauvegarder le système financier, de faire attention et de suivre de près les entreprises», ajoute le PDG du CIH. Et si les banques avouent avoir durci les conditions d’octroi de crédits, elles l’expliquent par les problèmes rencontrés par les promoteurs dans la commercialisation de leurs produits. M. Rahhou explique : «Nous avons constaté un allongement dans la durée de vente de certains programmes immobiliers qui prennent un ou deux ans de plus qu’auparavant. Notre rôle n’est pas de pousser au crime et si un promoteur connaît des problèmes pour commercialiser un programme, nous ne l’encouragerons pas à en ouvrir un autre». D’ailleurs, la mévente dont souffrent certains segments du secteur n’est pas restée sans conséquence puisque les impayés ont connu une légère hausse en 2009. Rien d’inquiétant pour M.Rahhou qui rappelle qu’en 2009 il y a eu une baisse d’environ 30% de la production des logements. «Ce qui peut expliquer le tassement de la croissance des crédits aussi bien aux particuliers qu’à la promotion immobilière», conclut-il.

 Concurrence :Contre les appels d’offres internationaux

Les promoteurs immobiliers ont bien profité du dîner-débat pour remettre sur la table la pratique des appels d’offres internationaux, adoptée depuis peu par le ministère de l’habitat et son bras armé Al Omrane. Ils sont particulièrement remontés par rapport à cette pratique. «L’immobilier est un secteur maroco-marocain et nous ne comprenons pas le recours à des appels d’offres internationaux pour la construction de logements destinés à une clientèle marocaine», fait mine de s’interroger Youssef Iben Mansour, président de la FNPI. Mohamed Alami Nafakh-Lazrak, PDG d’Alliances Développement, va plus loin pour dénoncer le recours à certains promoteurs étrangers «qui ont tout simplement laissé tomber leurs projets en plein chantier après avoir remporté un appel d’offres qui aurait pu aller à des promoteurs nationaux, sachant que le secteur s’est professionnalisé». Le ministre de tutelle, Toufiq Hejira, n’est cependant pas d’accord avec la position des promoteurs. «L’ouverture à la concurrence internationale constitue une excellente chose pour la compétitivité», soutient-il.Verbatim : Toufiq Hejira, Ministre de l’habitat et de l’urbanisme

Rien que durant ces dix dernières années, le déficit en logements a atteint les 609 000 unités. En d’autres termes, nous sommes obligés de produire 131 000 logements par an dont 70 000 pour répondre à la demande et 61 000 unités pour résorber un dixième du déficit cumulé en une décennie.

 Verbatim : Mohamed Alami Nafekh-Lazraq, PDG d’Alliances Développement

Trouver du foncier privé c’est bien, mais sur l’axe Kénitra-El Jadida, là où s’expriment 50% de la demande pour le logement social, le terrain coûte 1 500 DH le m2 soit 100 000 DH par logement. Comment faire pour réaliser et vendre à 250 000 DH ?

 Verbatim : Ahmed Rahhou, PDG du CIHLe secteur de l’immobilier accapare 30% de l’encours des crédits distribués par les banques à l’économie. Il est normal que ces dernières soient plus vigilantes à la fois dans leur propre intérêt que dans celui des promoteurs. Nous ne sommes pas des pousse-au-crime.

Verbatim : Youssef Iben Mansour, Président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliersToute forme de réglementation qui pousserait les opérateurs privés à mettre sur le marché le foncier sera la bienvenue pour les promoteurs qui veulent travailler et construire des logements. Ensuite, il devient urgent de lancer les plans d’aménagement des grandes villes qui sont en retard.

Naoufal Belghazi 01-02-2010

Enfin une Galerie d’art à Agadir. Amis artistes et amateurs par l’œil, un endroit pour vous …

Agadir le tourisme, Agadir la baie et la plage, Agadir le soleil 300 jours par an, oui mais …  

Si une ville comme cette dernière désire s’inscrire dans le temps, il serait bien d’y trouver des initiatives autres que les statistiques du tourisme pour attirer et les touristes et les gens qui désireraient s’y poser plus longtemps. L’ennui s’installe rapidement et certains repartent. La culture sous toutes ses formes est une chose ancrée chez nombre de visiteurs ou résidents expatriés et de plus en plus chez les Marocains qui s’ouvrent au monde depuis des années …

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Comme dans de nombreux sites touristiques du Maroc, sorti de l’été, des pâtés de sable ou des autres activités balnéaires, sans oublier les sorties nocturnes, beaucoup de ces villes retombent plus ou moins en hibernation le reste de l’année, car y vivre ou y passer une semaine réclame autre chose que des réponses au corps. L’esprit comme la culture réclament, attirent, et pérennisent mieux les choses dans le temps. Ce que beaucoup oublient dans le terme de développement. A l’exemple de la petite ville d’Asilah en dessous de Tanger qui a su se faire connaître par son aspect culturel bien avant l’arrivée du tourisme. Un rendez-vous annuel plus au nord et à découvrir en août pour les amateurs.  Une nouvelle initiative, “mais privée”, répondra désormais à la ville d’Agadir qui était par son importance en manque réel de Galerie d’art. Les quelques essais tentés par d’autres s’étant rapidement transformés en classique magasin de vente d’artisanat local pour survivre quelques mois de plus. Il est vrai que l’activité réclame une volonté d’investissement matériel comme humain, du temps et surtout de la passion. Cela lancera-t-il désormais une vague de nouvelles galeries comme ce fut le cas sur Marrakech il y a quelques années ? Galeries d’arts à but d’investissement personnel où rien ne bouge vraiment, ou juste pour quelques investisseurs marocains qui perçoivent plus le rapport financier que les artistes et l’art à terme ? Une galerie où vraiment tous les artistes seront écoutés et vus, où ils pourront exister, c’est ce que nous présente Mme Jemia Kamal Semlali au quartier Talborjt. 

(Il serait bien que la presse précise au moins dans ses articles l’adresse de ce qu’ils présentent … Nous ne manquerons pas de vous la communiquer dès que possible …)

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http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=115&id=127121

Un nouvel espace d’exposition voit le jour à Agadir. Il s’agit de la galerie d’art « Le Sous-Sol » une initiative à saluer, du fait de son importance culturelle et artistique pour la capitale touristique du Sud. Le Sous-Sol Art Galery vient, de ce fait, remplir le vide flagrant en espaces d’exposition dans la ville gadirie.

Un partenaire idéal pour artistes et public

Le Sous-Sol Art Galery vient d’ouvrir ses portes à Agadir.

Une vraie galerie d’Art

Située en plein centre-ville d’Agadir, la galerie « Le Sous-Sol » investit le vaste sous-sol d’un grand immeuble où siègent des bureaux d’architectes, médecins, avocats, dentistes, cabinets de radiologie et autres. Ce grand espace renforcé de poutres et de colonnes, et qui semble n’avoir jamais été utilisé, a fait le bonheur de Jemia Kamal Semlali (décoratrice) et son époux (architecte) déjà connus dans le monde des arts à travers leur petite galerie Tawarguit.
Mais, avec Le Sous-Sol c’est autre chose, car on fait allusion à une galerie au vrai sens du terme avec lumière adéquate, superbe catalogue et un accrochage parfait d’une palette d’artistes, dont le choix judicieux a fait impression le jour du vernissage coïncidant avec l’inauguration de l’espace.
Une initiative louable en faveur de l’Art et de la Culture, répondant au manque flagrant d’une vraie galerie dans cette ville cosmopolite

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http://www.leconomiste.com/article.html?a=98234

· Premier espace privé du genre
· Des toiles entre 7.000 et 60.000 DH

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«Le Sous-Sol Art Gallery». C’est le nouveau lieu d’exposition qui a ouvert ces tous derniers jours à Agadir au cœur du quartier Talborjt. Fondé par Jemia Kamal Semlali, l’espace d’un blanc très neutre favorise la création artistique de par sa structure toute en sobriété et sa décoration réduite volontairement au strict minimum. Dans le chef-lieu du Souss, la structure se positionne comme étant la première galerie d’art privée de la ville. Pour sa propriétaire, «la naissance et l’aboutissement de ce projet sont l’écho tangible de toutes les émotions sensibles ressenties au fil des années devant le travail de tel ou tel artiste».
A travers l’aménagement de cette galerie, cette passionnée d’art et de décoration tient à contribuer à l’animation culturelle de la ville, mais aussi à l’évolution de l’art dans la région. Dans cet espace géographique, on recense un grand nombre de peintres au grand talent dont la renommée va bien au-delà du Souss. Le marché de l’art, bien qu’en évolution au Maroc, reste cependant très limité dans la cité. C’est en connaissance de cette donne que l’initiatrice du projet s’est lancée dans son chantier. Outre réaliser ce qui lui tient à cœur depuis longtemps, pour elle, il ne s’agit pas seulement d’offrir un espace d’exposition à des œuvres, mais plutôt de «mettre l’art contemporain à l’œuvre et l’insérer dans le quotidien de la ville». Enfin, c’est au sens large du terme création que s’inscrit la démarche de la galeriste qui entend proposer également des évènements musicaux et littéraires. Le but est de faire de l’espace un lieu pluridimensionnel.
Pour l’heure, huit peintres marocains de renommée nationale et internationale exposent au Sous-Sol Art Gallery. Il s’agit de Hassan Echair, Moulay Youssef El Kahfai, Abdalleh Dibaji, Bachir Amal, Salah Ben Jakane, Abdelkarim El Azhar, Najeb Zoubir et Ahmed Bensmail. L’exposition se poursuivra jusqu’au 18 février. D’autres événements du genre ont été planifiés jusqu’en 2011. Au programme, une exposition collective intitulée «tremblement de vie» du 23 au 28 février à l’occasion de la commémoration de la reconstruction de la ville d’Agadir après le séisme de 1960. Deux autres expositions sont prévues entre mars et mai. Par ailleurs, une exposition est dédiée aux jeunes talents le 10 juin 2010.
On ne dira plus dorénavant qu’il ne se passe rien sur le plan culturel à Agadir. Il suffit de sortir, participer et soutenir les initiatives. L’animation d’une ville ne peut, en effet, se faire sans la participation de sa population.
De notre correspondante,
Malika ALAMI

Longue vie au Maroc, mais l’administration veille sur ses retraités expatriés français qui ne meurent plus…

La durée de vie est de plus en plus longue pour les Français, mais certains arriveraient encore à prolonger celle des morts par le jeu de la distance dans une partie désormais perdue avec les administrations.

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Après les assurances chômage payées pendant des années à quelques filous Français et Marocains qui se partageaient entre les deux pays, la triche demeure un jeu international et n’aurait pas d’arrêt par la retraite officielle.

Mais les caisses de retraite françaises contrôlent depuis un moment plus sérieusement. L’accroissement du nombre de retraités qui s’expatrient dès leur libération de l’usine ou du bureau commence à interpeller les autorités qui recherchent toutes solutions pour ne pas perdre, plutôt que pour gagner plus ou retenir au pays.

Vraisemblablement, c’est le nombre des émigrants français, quittant le pays des droits de l’homme pour des motifs économiques, qui interpellera de plus en plus nos administrations françaises et donc l’état. A voir le nombre grandissant de Français recherchant le soleil avec un bonus nommé “pouvoir d’achat”, mot magique promis sous le gouvernement de Mr Sarkosy et qui aurait pris le chemin inverse attendu par tous quand la crise fut venue, les comptables de Bercy se rendent bien compte que cela aura un impact sérieux dans l’enveloppe budgétaire annuelle des prochaines années.

 Nos “très chers” retraités qui peuvent encore se réjouir d’avoir une retraite digne, qui quittent le pays pour dépenser leur argent ou pour investir ailleurs, représentent une enveloppe désormais importante pour le bilan comptable de la France, au bénéfice direct du Maroc, qui propose quasiment des conditions fiscales dignes de certains paradis fiscaux pour cette catégorie de Français. Car en fin de compte, vivre dans deux pays ou s’expatrier est désormais une solution de gestion individuelle nouvelle.

Le retraité Français sera-t-il un jour coté à la bourse de Casa et de Paris ?

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Vers un renforcement des contrôles pour les retraités Français vivant à l’étranger

Un article publié le 13 janvier 2010 dans le quotidien Le Parisien-Aujourd’hui, indique que le gouvernement de François Fillon travaille au «renforcement des mesures «antifraudes» en matière de retraite des Français résidant à l’étranger».


Selon cet article, afin de traquer les « fraudeurs », ceux qui « oublient » de déclarer la mort d’un parent afin de continuer à percevoir sa pension après sa disparition, le gouvernement envisage de renforcer les contrôles…Un million de retraités vivent actuellement à l’étranger. Soit en Europe, soit dans le reste du monde. Ce qui représente tout de même trois milliards d’euros de retraite à payer par an. Afin de s’assurer que cet argent est bien versé à des retraités effectivement toujours en vie, le gouvernement travaille à renforcer les mesures de vérification.Actuellement, les retraités doivent déjà fournir à leur caisse de retraite –au moins une fois par an- un « certificat de vie » tamponné par les autorités locales. En l’absence de ce justificatif, le versement de la pension est tout simplement suspendu. Mais à terme, le quotidien explique que « les consulats pourraient (…) demander aux caisses de retraite locales du pays de résidence d’enquêter sur la situation des expatriés français ».   http://www.senioractu.com/Vers-un-renforcement-des-controles-pour-les-retraites-Francais-vivant-a-l-etranger_a11923.html?preaction=nl&id=700854&idnl=61698&14 Janvier 2010

Maroc ou banlieue industrielle de l’Europe ? Quel score équitable pour demain ?

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Les affaires s’inscrivent dans une vision économique et financière, mais pour les états elles s’inscrivent aussi dans une stratégie interne de développement. Le Maroc en est un exemple depuis plus de dix ans, par les transformations engendrées qui n’échappent à personne. La position géographique du Maroc, comme porte de l’Europe dans un sens et porte vers l’Afrique dans l’autre est un atout de changement, mais si l’un recherche de nouveaux marchés pour son bouquet de fleurs bleues et jaunes, l’unique rose rouge et verte pourra-t-elle faire face seule et s’imposer demain dans des décisions diplomatiques à finalité économique ? L’Europe permet au Maroc de répondre à des impératifs présents pour assurer l’emploi de masse par exemple en jouant le rôle de sous-traitant, mais quel est ou quel sera le prix pour le pays dans quelques années ? Les pays pourvoyeurs de main-d’œuvre bon marché par rapport aux salaires européens maîtrisent-ils quoi à long terme, quand, en quelques années, une usine peut se délocaliser ou quand maintenant les clients n’ont qu’à se retourner vers d’autres fournisseurs sans bouger de leur bureau ?

Les pays qui se développent seront-ils demain les banlieues industrielles de l’occident ?

A quand une vision industrielle personnelle de développement qui fera de l’économie du pays une valeur marocaine ? La DACIA, petite voiture de base du peuple ne signifie pas encore “Volkswagen” ou voiture nationale du peuple. A quand la “MACIAS” qui envahirait le marché du pays et de l’Europe ensuite, comme la TATA de l’Inde qui arrive ?

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L’investissement des particuliers jusqu’aux plus gros actionnaires marocains ne viserait que l’immobilier et l’acte d’achat et de revente de biens, ne ciblant qu’une plus-value personnelle à très court terme. Alors n’y aurait-il pas des ingénieurs au Maroc qui attendraient des aides et une volonté en ce sens pour servir en finalité leur pays ? La mondialisation se limiterait-elle à dépendre des autres, ou de savoir prendre l’exemple et le savoir des autres, pour montrer à un moment que l’on sait faire aussi bien que les autres chez soi ?

Certes il y a beaucoup de choses à faire dans un pays en plein développement, mais ne faut-il pas parfois prendre un peu de recul, avant, pour rester maître dans son système, sa culture, ses valeurs, après ?

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http://www.usinenouvelle.com/article/l-europe-peut-gagner-en-competitivite-grace-au-maroc.N125380

“L’Europe peut gagner en compétitivité grâce au Maroc”

A l’occasion de la seconde édition du salon AeroExpo de Marrakech, Ahmed Reda Chami, le ministre marocain de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies explique les ambitions de son pays dans le secteur aéronautique et dévoile son dispositif pour accélérer l’implantation d’entreprises européennes au Maroc.

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Usinouvelle.com : Le Maroc et l’Europe ont selon vous tout intérêt à renforcer leurs liens industriels. Pourquoi ?


Ahmed Reda Chami : 
Il suffit de s’inspirer de ce qui se passe entre les Etats-Unis et le Mexique. Le Mexique sert de plate-forme industrielle aux Etats-Unis et cette collaboration donne plus de compétitivité à l’ensemble. De même, l’Europe peut gagner en compétitivité grâce au Maroc. De par sa position géographique stratégique, le Maroc est un pont entre l’Europe et l’Afrique. Nous offrons aussi un environnement favorable pour accompagner les entreprises : notre processus démocratique est maintenant largement engagé et notre environnement juridique protège les investissements industriels. Notre bonne santé économique est également un atout. L’an dernier, le Maroc a enregistré un excédent budgétaire et le pays devrait connaître une croissance globale supérieure à 4% cette année.Alors que le salon AeroExpo tient sa seconde édition, comment se porte l’industrie marocaine aéronautique?
Ces dernières années, le secteur aéronautique avait cru de 25% par an. Avec la crise, la croissance n’a été que de 10% l’an dernier et devrait être nulle en 2010. Nous tablons sur une reprise à partir de 2011. Le tissu industriel n’a cessé de s’étoffer. 80% des entreprises qui sont installées sont arrivées depuis 2000. L’aéronautique fait partie des sept secteurs industriels identifiés par le Maroc comme stratégique. Ce secteur emploie 7000 personnes pour un chiffre d’affaires réalisé à l’export de 700 millions d’euros. Notre objectif est de créer 15 000 postes supplémentaires entre 2009 et 2015.
Quels sont les segments d’activité ciblés par le Maroc?
Toutes les productions n’ont pas vocation à être sous-traitées. Les entreprises sous-traiteront en fonction du faible caractère stratégique de leur production et du potentiel de réduction des coûts lié à une production en pays low-cost. A partir de là, nous développons donc notre offre de sous-traitance en fonction de nos points forts : proximité géographique et culturelle, coût de la main d’œuvre… Ainsi, nous nous positionnons fortement sur la fabrication de pièces composites. Leur process de fabrication rappelle ceux du tissage, et la main d’œuvre compte jusqu’à 45 % dans la structure de coût. Le câblage est aussi un axe fort de développement : 70 % du câblage de l’A350 (le futur avion d’Airbus) sera réalisé au Maroc. Comme filières et métiers stratégiques, nous avons également identifié la maintenance, l’usinage et l’assemblage de pièces de moteurs…

Les coûts de mains d’œuvre font-ils la différence ?
Globalement, uns sous-traitance au Maroc peut apporter un gain en compétitivité de l’ordre de 30 %. Cela tient pour beaucoup au coût de la main d’œuvre (le Smic au Maroc est de 170 euros pour 44 heures hebdomadaires, ndlr). Une de nos simulations montre qu’une entreprise de 480 personnes du Sud de l’Europe qui s’installerait au Maroc verrait sa masse salariale charges comprises, passer de 30,6 millions d’euros à 12,6 millions d’euros par an. En prenant en compte les exonérations fiscales et les coûts logistiques, l’économie annuelle atteint 19,5 millions d’euros.

Toutefois, la recherche d’un personnel compétent reste problématique…
Nous accélérons fortement notre plan de formation pour résoudre cette demande des entreprises. D’une part, en finançant une partie de la formation des employés, que ce soit de la formation initiale ou continue. Cela peut représenter 1 400 euros pour un opérateur et 3 600 euros pour un cadre. D’autre part, nous inaugurons l’institut des métiers de l’aéronautique qui aura une capacité de former 800 personnes par an. L’Etat le financera, les industriels piloteront son fonctionnement.

Quelles sont vos dernières initiatives pour séduire les industriels ?
Le port de Tanger Méditerranée est un atout. Ses capacités de transport vont passer de 3 millions de containers à 8 millions d’ici 2012. Un industriel peut charger les pièces dans les camions vendredi soir, et dès lundi matin, elles seront dans la chaîne de production. Enfin, nous proposons une fiscalité avantageuse. Les entreprises qui s’installent au Maroc ne paieront pas d’impôts les cinq premières années.

Propos recueillis par Hassan Meddah

Le Maroc TELQUEL ou l’Absurdistan ? Ou “Miroir, mon beau miroir, dis-moi que je suis le plus beau pays du monde…”

 Le plus beau pays du monde vu par ses intellectuels.

“…Une analyse crue, sans concession, salutaire – à lire d’urgence…”

C’est ce  que dit cet article sociologique mais brut de terrain disons, laissant ensuite la place à Karim SMAIL, autre personnage qui aime avec objectivité lui aussi son pays. Donc plutôt qu’une nouvelle analyse sociologique sur cela, je ferai court ce jour si ce n’est de dire “NO COMMENT…”

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http://www.telquel-online.com/407/index_407.shtml

Maroc. Bienvenue en Absurdistan

 

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Une fois n’est pas coutume : le dossier que TelQuel vous propose cette semaine n’est ni une enquête journalistique, ni un reportage de terrain. Il s’agit plutôt d’un cri – celui d’un intellectuel marocain brillant mais méconnu, qui assume pleinement sa subjectivité.Avec sa raison mais surtout avec ses tripes, Lahcen Berkou dénonce “les turpitudes et les contradictions d’une société marocaine à la dérive”, devenue “une jungle livrée à la loi du plus fort, où l’individualisme s’est incrusté avec cette violence qui caractérise la prédation”. Aux nantis obsédés par “la frime”, les couches populaires “opposent sans complexe une anarchie désarmante, écho de la Siba de naguère”. Quant aux “contraintes liées à l’exercice du droit et des libertés”, chacun, riche ou pauvre, s’évertue à s’en exonérer, ajoutant à “la raison du plus fort” celle… du plus malin.
 

Une analyse crue, sans concession, salutaire – à lire d’urgence.

La société marocaine a la certitude de s’être définitivement installée dans la modernité. Une “modernité” visible, évidente, nous répète-t-on. La pensée commune s’entête et l’affirme comme allant de soi. Certes, on voit bien que la classe moyenne accède de plus en plus à la consommation des biens d’équipement moderne. Mais il est faux d’établir, de fait, une adéquation entre l’appropriation de ces “signes” et la revendication de la modernité. Le pas serait abusif.

La modernité, cette illusion
En réalité, la modernité ne se dévoile pas sur les murs et les enseignes. Elle ne se rencontre pas dans les parcs, les supermarchés et les réseaux autoroutiers. Pas plus qu’elle ne se laisse réduire aux artefacts de la consommation, aussi moderne soit-elle. Non. La modernité se donne à lire dans l’aptitude à une bonne et authentique gouvernance, au niveau politique. Elle s’appréhende dans les capacités d’une société à se construire un espace de citoyenneté qui met en scène l’individu souverain dans ses actes et dans ses engagements, quand ils sont gouvernés par la raison et affranchis de toute transcendance. La raison confère à l’individu sa pleine liberté de citoyen qu’il exerce en convoquant, dans l’exercice de la liberté, l’expérience des limites qu’elle lui impose.
On ne conçoit pas une liberté qui nie celle des autres ou qui la contrarie. C’est un lieu commun. La liberté est un continuum où les contiguïtés de ses représentations et de sa pratique édifient un espace civique où s’assument les droits et les devoirs inhérents au principe de responsabilité citoyenne. Penser son individualité et faire valoir sa liberté, c’est assurément une façon de se tourner vers la modernité.
Les sociétés traditionnelles revendiquent, certes, les mêmes caractères “d’individualité” et de “liberté”. Mais en les “diluant” dans et pour la pérennité du groupe. Par ailleurs, ces sociétés règlent leur présent sur l’invocation de leur passé. Leur présent n’est alors qu’une contextualisation figée de leur passé, à travers les rites, les coutumes et les traditions intériorisées.
C’est que la modernité n’est pas donnée une fois pour toute. Elle ne connaît pas l’immuable. Elle admet ; elle appelle les ruptures. On n’est pas installé dans la modernité quand le poids, les lourdeurs du passé gèrent le présent et l’avenir. La modernité est un projet d’émancipation sociale, sans cesse renouvelé. Un projet inachevé, qui a le mérite d’inciter à une constante remise en question de soi, des normes et des valeurs sociales. Entrer dans la modernité, c’est tout simplement vivre avec son temps.

L’espace public, ce bien commun
De tout temps, les sociétés humaines ont œuvré, chacune dans sa singularité, à l’édification d’un espace public, enjeu de leur cohésion sociale. Des grottes du néolithique aux steppes de l’Asie centrale, des savanes africaines à la place de mai en Argentine, en passant par l’Agora des Grecs, les sociétés humaines, selon leur génie, ont construit leur espace public, en y privilégiant une aire de pratiques et de représentations visant à une régulation des mœurs et des conduites des groupes sociaux.
Les Grecs, bien évidemment, ont marqué l’histoire universelle. On a davantage retenu l’Agora que le baobab ou l’arbre à palabres des sociétés africaines traditionnelles. Le modèle grec a inspiré l’espace social de l’Europe, comme il lui a fourni les fondements de ses démocraties, politiquement parlant.
La structuration de l’espace public en tant que champ de l’agir individuel et collectif est consubstantielle des enjeux de société qu’il porte et incarne. Un espace régi par des velléités coercitives inhibe les réseaux d’interactions des hommes, leur volonté, leur liberté. Il force à une crispation des mentalités. Un tel espace de “forclusion” génère de la violence, intériorisée ou flagrante, parce que les hommes ne s’y reconnaissent pas, ne le reconnaissent pas comme “un bien commun”, selon l’expression d’Aristote.
L’espace marocain, quant à lui, ne souffre plus de ces coercitions d’antan. Mais il continue de porter les stigmates d’un régime défunt. Il peine à se libérer de lui-même. Enchaîné aux réflexes de survie, il manifeste encore les turpitudes et les contradictions d’une société à la dérive. Il est loin d’avoir atteint un semblant de citoyenneté. C’est bien un espace public, comme une jungle est une jungle. L’individualisme s’y est incrusté avec cette violence qui caractérise la prédation. Le fort y est fort, le faible y est faible. Les deux y sont liés par ce fatal attrait du prédateur pour sa proie.
Livré à la raison du plus fort, notre espace public prédispose à une mentalité agressive du “bec et de la griffe”, selon la formule de Jean-Marie Pelt (La raison du plus faible, Ed. Fayard, 2009). Le principe qui régit les relations individuelles se résumerait dans ce mot d’ordre, résonance d’un écho primitif, forgé par le même Pelt : “Mangez-vous les uns les autres”. On serait en peine de déceler, à l’intérieur de cet espace, la figure du citoyen responsable, respectueux de lui-même, des autres et du bien commun.
Le paradoxe de l’espace public marocain, c’est qu’il se réclame d’un changement longtemps espéré, enfin advenu, en même temps qu’il mobilise et convoque, pour son fonctionnement, des attributs de stéréotypies de comportements et de conduites archaïques ou anachroniques. Le changement n’est que représentation de façade, les mentalités demeurent les mêmes, au point qu’il n’est pas abusif de penser que l’espace public est gangrené par cette contradiction : changer pour rester le même ou rester le même dans le changement. Une quadrature du cercle. L’espace public marocain a sa propre grammaire. Il s’y pratique une conjugaison rigide de l’un sans les autres, sans le tout.

Classe moyenne, parlons-en
La classe moyenne, aux contours encore indéfinis au Maroc, aime bien afficher son statut et ses privilèges, légitimes et prétendus comme tels, toujours de manière ostentatoire et souvent vulgaire. Elle ne semble pas avoir fait sien l’adage de prudence : “Pour vivre heureux, vivons cachés”. Attitude de classe et de parvenus en mal de reconnaissance, qui aspire à un double effet de distanciation et de proximité. Au premier est dévolu le rôle de maintenir et d’accentuer les écarts symboliques de classe en déployant des attributs matériels réputés hors d’atteinte des couches sociales à revenus faibles. Au second est affectée l’ambition d’affirmer la maîtrise des codes sociaux des classes dirigeantes détentrices des modèles dominants du marché symbolique du pouvoir.
Obnubilée par son désir d’assimilation, la classe moyenne pèche par excès de zèle, adopte puis adapte, dans leur forme caricaturale, les traits distinctifs convoités. La voiture en est un exemple emblématique parce qu’elle permet, grâce à son rayon d’action, à sa visibilité, une meilleure diffusion des manières et des manies qui font sa marque de fabrique, son “appellation d’origine contrôlée”. La classe moyenne n’a pas l’âme écologique. Les pays industrialisés portent leurs efforts sur la réduction de l’effet de serre qui hypothèque l’avenir de la planète. En matière automobile, les constructeurs ont opté pour des véhicules à faible consommation d’énergie, sous la pression de l’opinion publique avertie et des courants du développement durable. La classe moyenne marocaine, elle, affectionne et collectionne les marques cotées, en particulier les “quat’quat”, gourmands et polluants. Qu’à cela ne tienne, la parade n’a pas de prix. Il s’agit de montrer les accessoires fétiches d’une proximité au pouvoir central. Et, comme deux précautions valent mieux qu’une, un soin particulier est apporté au choix de la couleur des véhicules. Qui a dit que le noir n’est pas une couleur ? Si, si ! Celle des cortèges royaux, des officiels, des habitués des méchouars, ou des cabinets occultes. En un mot, du Pouvoir. C’est bien de cela qu’il s’agit. La classe moyenne entend bien faire savoir qu’elle a du pouvoir. Le pouvoir d’achat n’est qu’anecdotique pour elle, même si elle tire le diable par la queue, comme tout le monde, dans le secret des découverts bancaires ou des crédits à répétition.
Donner le change est le mode opératoire de cette élite. Tout est dans une représentation théâtrale, tragi-comique. Cet habitus est poussé dans son expression la plus caricaturale, grossière, chez certains qui jettent leur dévolu sur une marque précise. Ils commandent, quand ils n’exigent pas de leur vendeur ou de leur concessionnaire, que leur BMW ou leur Mercedes satisfasse à ces impératifs : teinte noire métallisée, vitres teintées et plaque minéralogique de RABAT. Ces détails ne sont pas anodins, tant ils signifient socialement une démarche puérile et agressive. Puérile parce qu’elle procède d’une mystification propre à faire croire, en en exhibant quelques oripeaux, quelques artifices, à une appartenance au sérail du Palais royal. Agressive car elle marque une stratégie d’intimidation et de violence symbolique, déployée comme mode de neutralisation des identités des classes déshéritées ou de leurs prétentions à la modernité.

Caste, frime et Siba
La classe moyenne négocie tout le temps sa contiguïté avec le pouvoir central. Elle tire de ses tentatives et de ses réussites en la matière (si tant est que l’on puisse parler de réussite) des avantages certains qu’elle expose avec la vanité et l’orgueil morbides qui siéent aux arrivistes, affairistes, carriéristes, opportunistes et suppôts de tout poil. Le credo de cette nouvelle “caste” est des plus simples : montrer ce qu’elle a et se montrer telle qu’elle n’est pas. Digne héritière du machiavélisme, elle se nourrit du cynisme de cette doctrine, en irrigue la pensée commune et affecte les comportements sociaux dans leur globalité. Toute fin justifie tous les moyens : tel est le levier de la machinerie, voire de la machination, mis en œuvre.
En se prévalant, à la fois de ce qu’elle ne peut être (réellement au cœur du pouvoir) et de ce qu’elle représente objectivement, la classe moyenne s’enferme sur elle-même, joue des coudes, inlassablement, pour s’assurer une respectabilité de façade, se tailler une portion gourmande de privilèges usurpés, par le biais du clientélisme, des passe-droits. Le tout pour parachever, en un mot, l’impunité, l’intouchabilité derrière lesquelles elle court et s’affaire. Ce modus operandi n’a d’autre raison que de se soustraire aux lois et règlements bafoués avec la plus grande négligence, la plus condamnable des légèretés. L’idée, aussi saugrenue soit-elle mais très largement partagée, c’est que les lois et les règlements ne sont faits que pour les va-nu-pieds, les enturbannés, les voilées ou les crânes rasés. La classe moyenne ne s’applique qu’une seule règle : se jouer de toutes les règles avec, en prime, une tendance à en jouer, à frimer de tous les feux.
A ce jeu-là, elle aura réussi à enflammer le pays. Le feu couve partout. Et personne n’est disposé à jouer les pompiers. Pas même les supposés “va-nu-pieds”, ébouriffés de misère intellectuelle et morale. Dans leur frénésie à imiter tout et n’importe quoi, ils en font trop et exagèrent, dans leurs pratiques sociales, dans leurs représentations, dans leurs désirs, le cycle de reproduction des modèles des nantis. C’est ce que les sociolinguistes appellent un phénomène d’hypercorrection. Eux aussi friment, de rien, pour rien. Ils “se la jouent”, comme on dit vulgairement. Ils jouent si bien qu’ils rendent leur pièce aux nantis de tout bord, et leur dament même parfois le pion. Et pas qu’aux nantis, Eux aussi ont mis le pays sous coupe réglée. Ils ne négocient pas leur impunité dans les salons privés ou sous les lambris des grands ministères. Le moqaddem, le chaouch, le khalifa ou même le Si An-Naïb (le député du coin) sont leurs alliés, leurs acolytes. C’est qu’ils ont le bras long, eux aussi. Il ne faut pas croire. Selon eux aussi, les lois sont faites pour les autres, mais surtout pas pour eux. Ils sont au-dessus et ils payent pour ça. Demandez au gendarme ou au policier qui se pointent, comme des métronomes, le 5 du mois, ou le 15, au rond-point ou au virage le plus vicieux, pour arrondir leurs fins de mois. Il faut bien qu’ils vivent, eux aussi. Ce ne sont pas des chiens, même s’ils mènent une vie de chien et que tout les enrage. Eux aussi !
Il faut comprendre tout ce monde, même si tout le monde ne comprend rien à tout cela.

Le temps de la télé-modernité
La “modernité”, tous y tiennent, vent debout. Nos concitoyens se sont affranchis des couscoussiers qui pullulaient sur leurs terrasses il y a une vingtaine d’années, aujourd’hui remplacés par les paraboles. Et les images de la télévision ont radicalement transformé leur univers social, violemment perturbé leurs représentations du monde. Leur monde n’est plus au coin de chaque rue. Il est médiatisé au travers des spots publicitaires venus d’ailleurs, qui vantent l’ailleurs, ses temples de consommation et leur démesure. La modernité sur laquelle fantasment les déshérités est une coquille évidée qui n’a aucun sens dans un espace social alourdi par des archaïsmes tenaces, rebelles aux changements structurels. Leur modernité est factice, corrompue et dévoyée. Elle est “attrapée” comme des benêts attraperaient des mouches avec du vinaigre, de loin. Leur modernité, saisie par la lucarne des téléviseurs, n’est qu’une “télé-modernité”.
Les déshérités livrent bataille aux cols blancs, aux mains sales, aux nantis, sur les marges de l’espace social. Mais les uns comme les autres participent à la décomposition de ce qui ronge le pays : les mentalités, en tout point rétrogrades et violentes. Personne ne s’enhardit à trancher net avec ses réflexes, ses habitudes qui oblitèrent et condamnent les voies vers une authentique modernité. A la frime, les couches populaires opposent, sans concession, sans complexe, une anarchie désarmante (naguère dénommée, en dialectal, Siba). Le mot d’ordre est simple : se sortir de toute situation, en y mettant le prix le plus insignifiant et par des détours qui ne s’embarrassent pas de scrupules. Tout est interprété puis transformé, c’est-à-dire dénaturé, pourvu que soient satisfaits les petites affaires du sordide quotidien, les petits intérêts mesquins. Le feu rouge n’est rouge que si l’on veut qu’il soit rouge ; quant au vert, il est totalement inutile, redondant, en l’occurrence, dans cette logique. Les “deux roues” ont bien un casque, mais il trône sur le guidon, quand il ne sert tout bonnement pas de panier à légumes. Les jeunes s’amusent à narguer les voitures et la mort, en décrivant, au beau milieu de la chaussée, des ronds de vélo ou des huit hasardeux, sans aucun souci. Inutile de les rabrouer, ils recommenceront quelques mètres plus loin, en vous gratifiant de quelques insanités du cru.
Notre espace public échappe donc à la raison. En tout cas, à une raison reconnaissable. Chacun s’évertue à s’exonérer des contraintes liées à l’exercice du droit et des libertés. L’Etat et ses instances garantissent, en théorie, ce que le sociologue Jean-Daniel Raynaud appelle le contrôle formel, à travers lequel il applique des “sanctions institutionnalisées”. En pratique, force est de constater que l’Etat est bien en peine d’exercer son contrôle social, handicapé par son corps gangrené (la dépravation constatée chez les auxiliaires de police et de justice, les agents de la fonction publique). Le phénomène est d’ampleur. Au point que l’Etat, comme la société, débordé, tétanisé dans son impuissance à l’enrayer, s’accommode de toutes les formes de déviance. L’absence de l’Etat ou sa démission n’est pas sans conséquence. Elle favorise l’intrusion, dans le champ du contrôle social informel (les interactions de la vie quotidienne), de voix nouvelles qui s’autorisent de nouveaux discours, revendiquent et imposent un autre paradigme de légitimité : le paradigme religieux comme alternative au désordre social. Ses injonctions d’un autre temps ruinent la crédibilité largement entamée de l’Etat et de ses efforts pour inscrire la société marocaine dans son projet d’émancipation et d’éligibilité à la modernité.
Faire du neuf avec du vieux Aidé par les slogans vides qui lui tiennent lieu de vecteur, le discours religieux, ou faussement religieux, compromet toute velléité de consensus dans le processus de légitimation de la modernité. La mobilisation autour du “dissensus” auquel ce discours appelle trouve écho dans les couches les plus perméables à un certain islamisme rampant, parfois radical.
L’islamisation de l’espace public avance à marche forcée et l’on ne compte plus les véhicules qui arborent, sur leur pare-brise arrière, des versets du Coran invitant à “ne pas oublier d’invoquer Allah”. Le salut résiderait dans cette ultime et suprême invocation qui prémunirait de tout et de tous. Mais si, d’aventure, elle venait à ne pas suffire, des calligraphes anonymes ne manqueraient pas, pour vous conseiller, pour votre salut, en toutes circonstances et en dernier ressort, de vous en remettre à “Dieu, clément et miséricordieux”. Le credo ne date pas d’aujourd’hui.
La faillite du politique et les nouveaux dérèglements sociaux ont laissé le champ libre aux spéculations les plus douteuses sur la puissance du religieux, seul à même de rétablir la paix sociale, en moralisant les mœurs et en retournant aux fondamentaux de l’islam. Une entreprise anachronique et passéiste qui trouve entrepreneurs nouveaux et relais efficaces.
Faire du neuf avec du vieux, pourquoi pas, si nous ne savons pas y faire avec le neuf ou s’il n’est pas taillé pour nous. Seulement voilà, les “entrepreneurs de morale”, selon l’expression du sociologue Howard Becker, tentent d’imposer de nouvelles normes de conduite dans lesquelles s’inscrivent, comme en négatif, tous les travers, toutes les déviances. Les versets du Coran couvrent les pare-brise des véhicules et appellent à la moralisation forcée des comportements et des mœurs. Mais ceux qui participent à ce mode de diffusion ne sont pas les moins portés sur les incivilités et les dérogations aux règles de sécurité et de courtoisie de la route. Les voitures s’improvisent en minbars et en tribunes pour la prédication et le prosélytisme. Elles servent de relais à une violente croisade qui fait fi des libertés publiques ou des règlementations de la voie publique.
S’en remettre à Dieu à chaque transgression, c’est se retirer du monde en se mettant en marge des institutions des hommes, en négligeant de contribuer à consolider les prémices d’une modernité fragile qui peine à affirmer sa rationalité. Il n’est pas sûr que les nouveaux entrepreneurs aient pris toute la mesure de ces enjeux. Et il est permis de douter de leur volonté d’y souscrire. Le sort des hommes ne les intéresse pas. Ce qui les motive est de l’ordre du divin, transcendant tout. L’au-delà est leur seul enjeu. La société, ses hommes, ses règles et ses lois sont relégués au second plan de leurs préoccupations.

Sisyphe, version marocaine
Ces postures de repli ne portent pas à la grandeur tant elles cultivent les paradoxes et réduisent les atouts de la modernité. Les mosquées, lieu de leur prédilection, ne désemplissent jamais. Elles débordent jusque sur la voie publique et dérèglent la circulation. Bousculer l’ordre profane pour que s’épanouisse le sacré, là réside le sens de cet activisme moralisateur. Là se lisent tous les désordres. Il n’y aurait rien à redire si tout cela donnait à observer dans le tissu social quelque effet de rectitude morale ou de redressement des comportements déviants. Il n’en est rien. Toutes proportions gardées, l’afflux vers les mosquées n’est que l’occasion d’une cérémonie pénitentielle au cours de laquelle chacun vient trouver absolution à ses péchés. Les mosquées semblent coupées des réalités sociales dont, naguère, elles ont fait leur pain quotidien. Leur emprise, en tout cas, sur l’hypocrisie générale est amoindrie. Tous les enturbannés, les barbus ou les imberbes qui se déversent sur les trottoirs, après les prières, oublient allègrement sermons, versets et hadiths pour se remettre à cracher à vos pieds, multiplier les jurons, etc. Ils sont prêts à refaire le plein des incivilités, des entorses à la loi, des manquements aux devoirs, en attendant le prochain office du vendredi saint qui les lavera, de nouveau, bien blancs. Le mythe de Sisyphe version moderne, et marocaine, en quelque sorte. Absurde.
Les Marocains cultivent le paradoxe. Les désordres qu’ils produisent dans leur espace ne sont jamais perçus comme la conséquence des dérives et des manquements de chacun. La responsabilité est rejetée sur les “autres”, entité diffuse et anonyme. “L’enfer, c’est les autres”, comme l’écrivait Jean-Paul Sartre.

Les incertitudes de la transition
Que les Marocains s’accablent de violentes invectives, est le signe que la société ne s’est pas libérée des brutalités et des exactions d’hier. L’enfer, assurément, est partout. Il provient de loin. De l’histoire récente du pays, de ses années dites de “plomb” qui ont creusé le lit de tous ces dérèglements dont les mentalités portent toujours les stigmates.
Peut-être faudra-t-il accepter l’idée que ces bouleversements soient naturellement inhérents à toute transition. Et peut-être nous est-il permis de nourrir quelque espoir de ne pas voir le pays sombrer dans le déclin…

Tendance. “Vive le roi, Vive le Je !”
Nul doute que l’avènement de Mohammed VI aura débridé les esprits longtemps aliénés, réhabilité la parole injustement confisquée, fait éclater nombre de tabous. L’évènement est d’importance. Mais, comme la boîte de Pandore, il n’aura pas répandu que des bienfaits. Il aura provoqué, dans son sillage, ce que les stratèges, d’un euphémisme douteux, ont nommé “des dégâts collatéraux”. Recouvrant leur liberté, les Marocains, encore maladroits dans le délicat exercice des libertés auquel ils ne se sont pas préparés, ont versé dans tous les excès. Désormais, la liberté est perçue comme un sauf-conduit pour toute forme de débordement. Le Marocain, hier séquestré dans le noir obscur, revendique, tapageur et forcené, un individualisme tenace et démesuré, violemment aveuglé par le nouvel éclat. Rien ne doit plus pouvoir contrarier ce que le Marocain découvre avec délectation : sa liberté, cette faculté non monnayable qui l’autorise à braver tout et tout le monde. Le bon sens a abdiqué devant une telle conquête. Et, tandis que certains caciques de l’ancien régime rasent les murs, le Marocain, exultant, crie sur les abords du cortège royal « Vive le Roi », pensant secrètement, bravache : « Vive le JE ». L’espoir d’une conscience collective de ce que devrait être “le bien commun” s’en est trouvé davantage fragilisé, le cédant à un ego surdimensionné, source des convulsions qui secouent l’espace marocain. “C’est mon droit”, “J’ai le droit”, “Je fais ce que je veux, où je veux, comme je veux, quand je veux” est le nouveau paradigme, la nouvelle ossature qui charpente cette forme de pensée unique, anarchique, et structure les comportements déviants qui lui sont sous-jacents. La morale s’emballe dans les remous de cette frénésie de l’affirmation du Moi qui évacue de ses impératifs les contraintes (devoirs et obligations) inhérentes au principe supérieur de responsabilité.

Système D. La loi du plus débrouillard
On peut dire qu’une frange non négligeable de Marocains a acquis le réflexe de “se débrouiller” avec ce qui la gêne. Elle ne s’en débarrasse pas. Elle s’en accommode moyennant quelques arrangements complices et corrompus. La débrouillardise est érigée en valeur cardinale qui gouverne ses intentions comme ses projets, ses actes comme la mentalité qui les anime. Tout nous gêne. Les lois, les règlements, les devoirs, les engagements, le respect des autres et de l’espace social, le présent et l’avenir. La modernité, sans lendemains, est jetée en pâture aux appétits les plus immédiats. La corruption est logée dans l’œil du policier qui vous toise, raide et faussement débonnaire. Elle est lovée, comme une verrue, dans la main moite et avide de l’infirmier, du moqaddem, du caïd, etc. La moralité est saignée de partout. Le mal enfièvre le pays tout entier.
Alors on redouble d’adresse pour se mettre à l’abri de ce que dit le droit. Les uns comme les autres se constituent carnets d’adresses et réseaux d’intermédiaires occultes. Les uns et les autres valent ce que valent leurs protecteurs. La loi ne vaut rien, elle. Les passe-droits, le clientélisme, ont raison d’elle.

Réflexe. La peur du flic, mode d’emploi
Ailleurs, dans les démocraties, la peur du flic ou du gendarme traduit la peur des citoyens de contrevenir au droit et donc de se voir infliger de justes sanctions. Elle exprime aussi l’intransigeance des représentants de la loi qui ont mission de l’appliquer équitablement et avec rigueur. Leur honnêteté, leur civisme engagent ceux des autres citoyens.
Le Marocain, lui aussi, a peur du policier. Mais son civisme et sa citoyenneté sont enfouis au fond de sa poche où il tente de dégoter quelques pièces pour le policier qui l’attend, au même endroit. Il ne se soucie guère de vérifier s’il emporte avec lui les papiers de son véhicule. Dieu l’accompagnera de toute façon dès l’instant où il mettra les pieds dehors. Et la modernité, dans tout cela ? Casse-tête, trop compliqué, un truc venu d’ailleurs, de l’Occident, quelque chose de dangereux, attentatoire à l’authenticité.
Pour leur part, le policier et le gendarme font une lecture sémiologique tronquée de leurs instruments de travail. Le radar portatif est leur filet, une machine à sous dont chaque prise équivaut à une jubilation. Dommage parce que le radar, c’est tellement plus, autre chose. Porté par un agent assermenté, il garantit l’autorité de l’Etat en rappelant toute sa rigueur objective à tout contrevenant. Et assure, surtout, la sécurité des usagers de la route. Les contrôles auxquels ceux-ci sont soumis doivent logiquement les inciter au respect de toutes les dispositions légales. C’est ainsi que s’appréhende, dans sa simplicité, le sens “dénotatif” lié au terme radar. Son contenu “connotatif” est plus étoffé : respect des lois, de la liberté d’autrui, sens des responsabilités, civisme, courtoisie, autant de traits auxquels renvoient les fonctions attachées au radar et qui balisent, par leur observance stricte, le chemin de la citoyenneté. Chez nous, en “Absurdistan”, nous sommes bien entendu loin de tout cela.

Automobilistes, piétons… Société à irresponsabilité illimitée
L’espace public a ses règles. Celles du vivre ensemble, celles d’une bienséance, d’un savoir-vivre. C’est ce socle qui fonde la garantie d’un espace civique, stable, gage d’une société apaisée digne avec ses hommes, à leur tour dignes de cet espace. Au Maroc, cette réciprocité s’avère un leurre, à l’examen des occurrences suivantes :

1 Inutile de rouler en voiture en respectant la limitation de vitesse. Vous essuieriez les foudres de tous les usagers de la route.

2 Ne vous croyez pas en sécurité si vous gardez votre droite. On viendra vous doubler à votre extrême droite, pour se rabattre devant vous. Un bras d’honneur sera votre lot, si vous protestez derrière votre vitre.

3 Ne vous avisez pas d’essayer de traverser la chaussée, si vous êtes piéton. On ne vous laissera pas passer et vous vous entendrez traiter de tous les noms d’oiseaux.

4 Ne croyez pas que la ligne continue vous garantit la vie. Vous êtes doublé par des véhicules qui chevauchent allègrement la ligne continue. Et dans les deux sens : derrière vous et en face de vous.

5 Ne vous placez pas derrière un véhicule arrêté à un Stop. Vous perdriez votre temps. Le gars, confortablement installé dans son 4X4, a arrêté le moteur de son véhicule. Lunettes noires, costume trois pièces, manifestement bronzé aux UV, il téléphone. Il vous foudroie du regard le plus méprisant et continue son manège, sans état d’âme.

6 Ne levez jamais les yeux au ciel quand vous déambulez en ville. L’asphalte, aussi bien que les trottoirs, sont souillés de crachats et de glaires peu ragoûtants.

7 Ne cherchez pas le sens de la queue dans une banque, une administration ou chez un commerçant. Il n’y en a pas. La file n’existe pas. Elle n’est pas en profondeur. Elle s’étale sur toute la largeur du comptoir. On pousse des coudes ; on passe au-dessus de vous des documents, des chèques, pour vous voler votre tour.

8 Ne vous étonnez pas de voir un flic chaleureusement entouré du contrevenant, de son copain et de ses cousins. Les flics adorent le contact humain. Les contrevenants aiment se frotter, de très près, aux flics. Les flics, c’est connu, ce sont des gentils, même flanqués de leurs radars, postés au bout d’interminables avenues où ils semblent attendre d’autres cousins, d’autres meilleures grivoiseries.

9 Si vous ne démarrez pas au quart de tour, au feu vert, les autres vous aboient dessus, en lâchant sur vous leurs klaxons rugissants. C’est que le Marocain est pressé. Il n’a pas de temps à perdre. Il participe au développement du pays.

10 Ne croyez pas qu’un sens unique (panneau d’interdiction) vous garantit la libre circulation. Le gars que vous rencontrerez, remontant le sens interdit, ne vous laissera pas le passage. Il est pressé et n’a pas le temps de faire le pâté de maison. Alors, il économise son temps, en coupant au plus court. Il est prêt à tout. Gare au gourdin que beaucoup de Marocains planquent dans leurs voitures.La liste de ces dysfonctionnements et de ces manquements est longue, malheureusement. Ce corpus suffit pour illustrer l’étendue du désastre. La vague d’incivilités ne semble épargner personne. S’il se trouve quelques-uns à s’émouvoir de ce fléau, rares sont ceux qui joignent les actes à la parole. L’indignation n’est pas un sentiment partagé. Comment pourrait-il en être autrement du moment que l’outrecuidance, la déviance, le système D, l’obséquiosité, la corruption, sont des traits largement diffusés dans les esprits, profondément intériorisés ? Un tel espace public est de toute évidence malade de lui-même. L’impuissance à juguler cette hémorragie des normes et des valeurs morales atteste bien que le mal est profond.
Comment expliquer ce désordre, ce chaos ?
 

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http://www.emarrakech.info/Maroc-la-verite-qui-derange_a15361.html

Maroc : la vérité qui dérange

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Sommes-nous sublimés par nous-mêmes ? Ou nous voyons-nous sur un miroir qui nous ment ?

Vous ne m’en voulez pas si mes propos sont directs et frontaux. Je veux que vous sachiez bien que si je parle ainsi de mon pays, c’est parce que je l’aime et cet amour est indescriptible et indéfinissable car je n’ai pas l’âme d’un poète qui sait mieux que moi extérioriser ses émotions.J’ai choisi ce titre, ce n’est pas pour ennuyer ou déranger quiconque bien au contraire, je voudrais juste rapporter une vérité sur qui sommes-nous en réalité ? Certains qui ont vu le film d’Al Gore La Vérité qui dérange ont pu remarquer sûrement à la fin du film que la vérité du réchauffement de la planète est un fait avéré. La question qui se pose est est-ce que le poids de ce titre traduit effectivement la préoccupation de la population de la planète ? Ma réponse est non parce qu’en ce moment la majeure partie de la population de la planète, environ 80 %, est plutôt préoccupée par le réchauffement du prix du pétrole et son impact sur le réchauffement des prix des produits de première nécessité dont ils ont besoin au quotidien. Ceci n’enlève pas le caractère sérieux de la problématique du réchauffement de la planète, mais l’enrichissement des spéculateurs au détriment de la population de la Terre me paraît beaucoup plus sérieux que le réchauffement climatique.Certaines ou certains Marocains sont sublimés par eux-mêmes
J’ai envie d’utiliser une autre métaphore qui illustre bien qui nous sommes en réalité, mais je n’ai trouvé que celle-là : nous ressemblons terriblement à quelqu’un qui croit dur comme le fer qu’il est beau, mais en réalité il ne l’est pas. Sûrement que ce quelqu’un, il faut lui recommander de changer son miroir ou l’enlever carrément de chez lui parce que lui raconte n’importe quoi. Probablement cette vérité, ça va choquer quelques-uns, mais hélas il n’y en a pas d’autres. La seule et l’unique que j’estime à même de coller à notre vérité, c’est celle-là. Cette vérité qui dérange, mais c’est la seule à mes yeux palpable et quantifiable. La question de croire ou de ne pas croire à cette métaphore, ça n’a pas beaucoup d’importance. Par contre la question jusqu’à quand on va continuer à faire confiance au fameux miroir qui voile la vraie réalité de notre face et en consolide en conséquence l’idée que nous sommes sublimés par nous-mêmes :).
 
•    Tu rigoles.
•    Oui, mais tu veux que je fasse quoi m’a-t-il répondu le sublimé par lui-même.
•    T’as raison, continue à rigoler et on verra qui va rigoler le dernier.
Maintenant, je vais décliner les chiffres qui font tourner la tête. Ce sont des chiffres que j’ai pioché dans ce rapport et on va voir qui rira le dernier :

1. Les perspectives de développement humain : Nous sommes au 126e rang juste devant le Soudan. Tous les pays arabes sont devant nous à des années-lumière. Quant au niveau de l’enseignement, on est pratiquement le dernier de la classe. A tire indicatif, la Namibie nous devance largement au niveau du développement humain, ça ressemble à une grosse blague, mais ce que je suis en train de rapporter, hélas, c’est la vérité. Le rapport révèle que ce classement nous permet de nous rapprocher des pays « à faible développement humain ». Quelle honte !!

2. Les perspectives de développement social A ce niveau, aucun organe marocain ou aucun plan de développement social n’a convaincu les experts de PNUD des « progrès effectifs ». Par contre, nous n’avons pas honte de ne faire valoir que les plans. Les experts internationaux n’ont rien à faire des signaux. Ils ne croient qu’aux faits et les résultats calamiteux. Visiblement, on est atteint du syndrome de la Coupe du monde. On veut tout organiser et tout édifier sur la base des maquettes. Apparemment, on est plus champion du monde dans le jeu des maquettes qu’autre chose.

3. Les perspectives de l’éducation et de l’enseignement Puisque les indices de développement humain ont atteint le sommet de la médiocrité, je vous laisse deviner le niveau de l’éducation et de l’enseignement. Faute de paraître cynique aux yeux de certains, je vous laisse méditer ces chiffres. En fait, jusque-là, je ne fais que rapporter des faits quantifiables et les qualifier à leur juste valeur. Ce qui fait le plus défaut dans notre tissu social, ce sont les indicateurs de l’éducation et l’enseignement. A la fin de l’année 2005, le Maroc affiche un taux d’alphabétisation des adultes :
•    52 % d’alphabétisation des adultes ;
•    58 % un niveau de scolarisation combiné (primaire, secondaire, universitaire).
Notre pays fait moins bien que l’Ouganda, le Kenya ou même Madagascar. Encore quelle honte… !

4. Autres perspectives La liste est longue si je décline tous les chiffres et indicateurs qui attestent que la gestion des pouvoirs publics est en plein délire. Si nous n’avions pas atteint une espérance de vie de 70,4 ans et un PIB par habitant de 4,555 $, notre classement aurait été bien pire. Toujours est-il que ces deux résultats restent bien loin de ceux de l’Algérie, la Tunisie ou même le Gabon. Des pays comme l’Egypte ou la Syrie se rapprochent des niveaux de PIB/hab du Maroc, mais le devancent de loin dans le classement global, grâce à de bons indicateurs d’enseignement.
Où l’engrenage fait défaut ?
A la lumière des indicateurs précités, il y a matière de se poser des questions sur la fiabilité des stratégies de développement social au Maroc si elles existent bel et bien.
Tous les projets initiés depuis 2005 dans le cadre de l’INDH « l’Initiative nationale pour le développement humain » partout au Maroc n’ont permis de relever qu’il y a une amélioration tangible de la population nécessiteuse. Il faut attendre le rapport DH de l’année prochaine pour évaluer les mesures de cette initiative. Les premières enquêtes font état de dysfonctionnement qui paralyse gravement l’atteinte des objectifs.
Quant à l’enseignement, les indicateurs ne risquent pas de s’améliorer. Les opérateurs font état d’une aggravation sérieuse du secteur surtout au niveau de son infrastructure et de ses ressources humaines ainsi qu’une dégradation des conditions d’enseignement, notamment dans le monde rural. L’insuffisance dans ce secteur qui a été annoncé par des instances suprêmes et compte tenu de ces éléments, le score du Maroc ne risque pas de s’améliorer dans les prochaines années.
Constat fait, le Maroc est mauvais élève en termes de développement humain et social. Les experts du PNUD sont unanimes sur ce point et ont sûrement dû remarquer les inégalités incontestables entre les riches et les pauvres. Les signes de pauvreté et de précarité sont toujours aussi saillants et visibles que ce soit dans le milieu rural ou dans les espaces urbains comme les grandes agglomérations. Pourtant les organismes internationaux ne cessent de ressasser cette remarque qui n’a pas besoin d’expertise pour être signalée.
Des centaines de solutions ont été avancées pour garantir le minimum vital en termes de qualité de vie pour les plus démunis. Mais il semble que les responsables régionaux n’ont pas encore la volonté de passer à l’action. Résultat des courses : un résultat humiliant qui ne peut être que nuisible sur l’attractivité du Maroc pour les investissements étrangers.Pendant que le Maroc recule, ses concurrents directs progressent à grands pas. Le Gabon, qui était classé juste devant nous il y a deux ans, grimpe désormais à la 119e place. Au niveau du monde arabe, il n’y a que la Mauritanie, le Yémen et le Soudan que nous arrivons à devancer. Toujours pas de quoi pavoiser.
A tire de rappel, je donne quelques chiffres concernant le classement des pays européens par le PNUD.
On voit d’après ce classement que les pays scandinaves confirment leurs réputations en matière de qualité de vie. Les pays fortement industrialisés sont loin de donner le bon exemple en développement humain, mais on trouve des raisons valables du pourquoi de cette négligence dans ce domaine.
Climat des affaires
Le rapport de WWF, « World Economic Forum », souligne que l’accès au financement, la bureaucratie gouvernementale mal organisée et la corruption sont les facteurs les plus problématiques pour faire des affaires dans les pays africains en général et les pays de l’Afrique du Nord en particulier. Sur ce registre, l’Algérie détient le score de la négligence. Le document cite aussi la fiscalité, les taxes de régulation, une main-d’œuvre non qualifiée, une réglementation de travail restrictive, l’instabilité politique entrave la bonne marche du train de développement. Le rapport fait état de ce classement.

Conclusion

En fin un classement au milieu de peloton, ce n’est pas réjouissant, mais c’est déjà ça de gagné. Pour consolider cette bonne note, je tire la conclusion suivante : ce ne sont pas les ressources qui font défaut au Maroc, c’est plutôt le mode de gouvernance qui piétine. Il est à noter qu’il y a eu des grandes réformes au Maroc, chose qu’il faut bien saluer, mais, au niveau des mécanismes des répartitions des richesses et la bonne délégation des responsabilités, les organes compétents doivent revoir leurs copies.

A suivre…  

Karim Smail

Agadir: Duel au quartier Founty entre administration et promoteurs touristiques.

Mais que se passe-t-il à Founty City ? Le SMIT de Wesson dégaine devant les frères RIPT…

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Founty, pour les non initiés, est une zone d’Agadir où culminent non pas les plateaux rocheux mais les principaux grands hôtels d’Agadir-City. Zone encore semi-désertique par endroits, où entre deux enseignes lumineuses seuls les cactus résident, et où parfois quelques chercheurs de terrains tenteraient encore d’y trouver en vain les quelques m² pour poser leurs vieux jours, voire leur Saloon… Inutile, la zone est minée par un prix du m² qui rebute les Indiens de passage. Les promoteurs touristiques de la famille RIPT le savent bien puisqu’ils ont acheté il y a quelques années au prix “subventionné” de 400 dh le m². Sans se soucier des vents de crise venus de l’occident avec le temps qui leur donnent d’autres idées que des lits à la journée ou la semaine. L’époque du tourisme serait devenue une vision secondaire désormais pour ces promoteurs du tourisme et ils lorgneraient eux aussi sur la promotion pure, la vraie, celle qui répondrait plus aux résidents qu’aux voyageurs de passage. Confondraient-ils lits dans un hôtel et lits dans un appartement ?

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De l’immobilier en étage sur un terrain à 400 dh le m² en pleine zone centrée et touristique ferait rire d’office tous les coyotes du désert plus habitués à d’autres tarifs quand il s’agit de construire au plus proche de la Banque et du Saloon d’Agadir-City. L’affaire fera-t-elle appel au Sheriff et ensuite au Juge pour faire respecter le contrat passé… ou le secteur du tourisme n’intéresserait-il plus les professionnels du secteur et le jeu serait-il moins payant désormais ?  La suite au prochain album …

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http://www.agadirinou.com/modules/news/article.php?storyid=5196

· Les promoteurs de la zone veulent du RIPT
· Le département du Tourisme pas favorable au concept

LE modèle de développement Ript (Résidence Immobilière de Promotion Touristique) donne de l’élan aux promoteurs du Founty. Depuis la promulgation de la loi n°01-07 édictant les mesures particulières relatives aux Ript, plusieurs propriétaires de parcelles touristiques dans le quartier Founty ont exprimé le souhait de réaliser leur projet dans ce cadre. Mais jusqu’à présent le ministère du Tourisme ne semble pas favorable à leur désidérata.Pour un représentant de la Société marocaine d’ingénierie touristique (Smit), la vocation des lots en question, destinés à l’aménagement de résidences hôtelières a été précisée, lors de l’achat, aux promoteurs du foncier. «Les terrains vendus à 400 DH environ le m² ont été subventionnés dans ce sens», indique un institutionnel. Mais les investisseurs insistent pour un changement de destination du foncier. Certains membres de l’entité ont déposé pour instruction des dossiers de demande d’autorisation de construire. La réponse du département du Tourisme à ces demandeurs rappelle que conformément au plan d’aménagement en vigueur les lots en question se situent dans la zone hôtelière de la station balnéaire d’Agadir.Pour le ministère, la loi n° 01-07 vise à donner une vocation touristique aux lits immobiliers à réaliser dans les zones touristiques de manière à contribuer au développement des flux touristiques. Le département de tutelle souligne, par ailleurs, que le texte de loi a pour objectif de convertir les structures immobilières existantes en capacités d’hébergement commercial.En clair, la zone hôtelière du Founty n’est pas concernée par les dispositions de la loi. Les propriétaires des résidences hôtelières en activité soutiennent que ‘’oui’’. ‘’Le deuxième alinéa de l’article 25 de la loi 01-07 est clair à ce sujet’’, avance un intéressé. Le texte de loi dispose en effet que «Les résidences hôtelières classées en application de la loi précitée n° 61-00 peuvent, sur autorisation de l’administration, être converties en résidences immobilières de promotion touristique….». Aussi les propriétaires des résidences hôtelières en activité dans le Founty considèrent qu’ils sont dans leur droit de décrocher l’autorisation du ministère du Tourisme à partir du moment où ils remplissent les conditions énoncées dans la loi. Pour les promoteurs qui n’ont pas encore valorisé, ils veulent un accord de principe du département de tutelle avant de se lancer dans des investissements. Et ils n’en démordent pas. Il semble donc que le dernier mot concernant ce dossier n’est pas encore donné, surtout que la valorisation de la zone est à la traîne.

Malika ALAMI
L’économiste